Un sommet historique : Protocole sur l’accès aux ressources génétiques adopté à Nagoya


Un instrument international visant à réglementer l'accès aux ressources génétiques et le partage des avantages découlant de leur utilisation (APA) a été adopté vendredi, 29 octobre, par la Conférence des Parties à la Convention sur la diversité biologique. Cet accord historique crée un cadre pour équilibrer l'accès aux ressources génétiques en fonction d'un consentement préétabli et informé et de termes mutuellement convenus avec le partage juste et équitable des avantages, tout en tenant compte de l'importance du rôle des connaissances traditionnelles.

Après plusieurs jours de négociations incessantes sur un projet de texte, le groupe consultatif chargé de sa finalisation n'avait pas abouti à un compromis sur certains points essentiels. Pour sortir de cette impasse, un nouveau texte - fruit des consultations entre le Président de la réunion  (le Ministre japonais de l'environnement, Ryu Matsumoto), les co-présidents du groupe de travail sur l'APA,  et les représentants régionaux - a pourtant été présenté aux parties vendredi.

Pendant la Plénière, certains pays ont fait remarquer que le texte finalement proposé n'était pas assez fort dans ses dispositions, par rapport aux libellés soutenus par ces pays lors des négociations. La Venezuela a  mis en garde contre le traitement de la nature comme marchandise. Cuba et la Bolivie ont également affirmé leur désaccord, précisant pourtant qu'ils ne s'opposeront pas à l'adoption du protocole par les autres parties et demandant que leurs déclarations soient enregistrées dans le rapport final. La Namibie a aussi déclaré que le protocole ne satisfaisait pas toutes les attentes, mais qu'ils seront prêts à " vivre avec ce texte " comme point de départ, rappelant l'opportunité de revoir l'accord quatre ans après son entrée en vigueur, prévue à l'Article 25.  

Le Protocole est ouvert à la signature des Parties à la Convention au Siège de l'Organisation des Nations Unies à New York du 2 février 2011 au 1 février 2012 et entre en vigueur le quatre-vingt-dixième jour suivant la date de dépôt du cinquantième instrument de ratification, d'acceptation, d'approbation ou d'adhésion, par les Parties à la Convention.

" L'histoire se souviendra que c'était ici à Nagoya qu'une nouvelle ère de vie en harmonie est née et qu'une nouvelle alliance mondiale pour protéger la vie sur Terre a été établie, " a déclaré Ahmed Djoghlaf, Secrétaire exécutif de la Convention.

Outre cet accord sur le dossier le plus médiatisé de cette réunion, plus de 40 décisions ont été adoptées, y compris un nouveau Plan stratégique de dix ans pour guider les efforts internationaux et nationaux pour sauver la biodiversité et une stratégie de mobilisation des ressources fournissant une feuille de route pour l'avenir afin d'augmenter de façon substantielle les niveaux actuels d'aide publique au développement en soutien à la biodiversité.

Le Plan stratégique adopté par la réunion, baptisé " l'Objectif d'Aichi ", d'après la préfecture où s'est tenu la réunion, inclut 20 objectifs principaux, organisés sous cinq buts stratégiques qui traitent des causes sous-jacentes à la perte de la biodiversité, réduisent les pressions sur la biodiversité, sauvegardent la biodiversité à tous les niveaux, améliorent les services fournis par la biodiversité, et facilitent le renforcement des capacités. " L'Objectif d'Aichi " constituera le cadre général sur la biodiversité non seulement pour les conventions relatives à la biodiversité, mais pour le système des Nations Unies en entier. Les Parties ont accepté de convertir ce cadre international général en stratégie et plan d'action nationaux pour la biodiversité d'ici deux ans.

" L'aboutissement de cette réunion est le résultat d'un travail acharné, d'une volonté de compromis, et d'une préoccupation pour le futur de notre planète. Grâce à ce résultat considérable, nous pouvons commencer le processus de construction d'une relation harmonieuse avec notre monde, vers le future, " a déclaré Ryu Matsumoto, Ministre de l'environnement du Japon.

Laura Baroni, UICN, pour l'IEPF

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