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Les enjeux de l'accès à l'eau potable et l'assainissement pour la région de Koulikoro, au Mali


Depuis 2010, l'ONG IMADEL met en oeuvre le projet "Alimentation en eau potable, hygiène et assainissement", dans les communes de Kanadjiguila et Ouenzzindougou ; au MALI. Le projet, réalisé dans le cadre du Programme Initiative-Eau de la Francophonie, s'inscrit dans la dynamique nationale en matière d'accès à l'eau du Mali dans le cadre de la stratégie nationale de développement de l'alimentation en eau potable et de l'assainissement en milieu rural et semi urbain définie par le Ministère de l'Énergie et de l'Eau et supervisée par la Direction Nationale de l'Hydraulique. Il répond à des besoins et des enjeux bien spécifiques et vise, à terme, le renforcement des capacités des autorités locales et des populations bénéficiaires, par une approche dite de "l'apprentissage par la pratique".

  

Accès à l'eau potable

En 2010 le taux de couverture des besoins en eau des villages est de 5,98% pour Kanadjiguila et 29,94 % pour Ouenzzindougou. Avec l'intervention du projet Initiative-Eau de la Francophonie, ces taux ont été portés à 20,9 et 35,9 pour Kanadjiguila et Ouenzzindougou. Au démarrage du projet Kanadjiguila disposait seulement 3 points d'eau potable (02 pompes manuelles et une borne fontaine de l'ancien réseau). Avec la réalisation de l'adduction d'eau du secteur de Kanadjiguila ce quartier compte de nos jours 7 points d'eau pour une population de 13 366 habitants soit un point d'eau pour 1909 hts contre un point d'eau pour 400 hts selon la stratégie nationale d'alimentation en eau potable au Mali. Les besoins de seulement 2 800 personnes sont actuellement couverts sur 13 366 habitants soit un taux de couverture de 20,9%. Il reste à couvrir les besoins en eau potable de 79,1% pour Kanadjiguila et de 64,1% pour Ouenzzindougou.

   

Assainissement

En matière d'assainissement et d'hygiène, la commune compte peu d'ouvrages d'assainissement. Seules certaines écoles de la commune disposent de latrines. L'accès à l'eau pour une bonne utilisation est une préoccupation des autorités scolaires et communales. Les villages ne disposent ni d'ouvrages d'assainissement ni de dépotoirs pour l'évacuation des ordures ménagères. Toutes les écoles ne sont pas clôturées et sont confrontés aux envahissements des ordures ménagères des familles environnantes. Il n'y a aucune infrastructure d'assainissement moderne pour l'évacuation des eaux de pluies, des toilettes.  Il n'y a pas non plus de dépotoirs aménagés pour les ordures. Les poubelles sont utilisées seulement dans les familles des nanties et là aussi leur évacuation pose problème. Chaque famille, voire chaque secteur dispose de son dépotoir anarchique, d'où l'insalubrité absolue dans les quartiers, rues et ruelles. Les toilettes traditionnelles utilisées par plus 97% des habitants déversent dans les rues avec tout le risque que ces eaux se retrouvent dans les puits traditionnels pendant l'hivernage. Les populations sont exposées aux maladies d'origine hydrique et liées à l'assainissement (diarrhée, vomissement, paludisme, typhoïde, choléra etc....).

Depuis deux ans la commune du Mandé reçoit toutes les ordures des communes III et IV du District de Bamako. De surcroit, elle est devenue un dépotoir anarchique. Chaque jour des centaines de tonnes d'ordures sont déversées par les camions et spiros de la voirie. Les ordures sont déposées sans autorisations préalables des autorités communales d'où un risque de pollution généralisée et l'exposition communautés aux maladies.

Les populations et les autorités communales sont conscientes de la situation et ont mené plusieurs réflexions communes pour trouver la solution à la problématique dont des mobilisations des publiques et protestations pour empêcher le déversement des ordures dans la commune. Plusieurs hectares de céréales ont été détruits durant le mois de juillet 2011 à cause de l'excès des eaux pourries dans les champs. Malgré les dégâts occasionnés par les ordures et les protestations des communautés, les autorités publiques ont maintenu la zone comme site de déversement des ordures pour le moment.

IMADEL et les autorités communales, appuyées par l'Initiative-Eau de la Francophonie, ont mené des réflexions avec dans ce sens. Une des options envisagées à court terme est la construction d'une unité de transformation des ordures ménagères pour produire de la fumure.

Toutefois, à plus long terme, les populations bénéficiaires, IMADEL et les autorités communales de Kanadjiguila et Ouenzzindougou devraient pouvoir bénéficier de l'Initiative-Eau de la Francophonie pour accroitre leurs capacités en matière d'assainissement et de gestion intégrée des ressources en eau à l'échelle locale, en plus d'accroitre leurs capacités en matière d'adaptation aux changements climatiques.

 

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