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Compte rendu de la 18ème réunion du OSASTT de la Convention sur la diversité biologique


La dix-huitième réunion de l’Organe subsidiaire chargé de fournir des avis scientifiques, techniques et technologiques (OSASTT-18), s'est tenue à Montréal, au Canada du 23 au 28 juin 2014. Il s’agissait notamment pour les délégations présentes de se pencher sur certaines questions relatives à la mise en œuvre du Plan stratégique 2011-2020 sur la diversité biologique ainsi que sur le quatrième rapport des Perspectives mondiales de la diversité biologique (PMB-4) avant la 12e session de la Conférence des Parties, qui se tiendra du 6 au 17 octobre prochainà Pyeongchang, en Corée du Sud.

  •  Perspectives mondiales de la diversité biologique:

Le projet de texte de la 4e édition des Perspectives mondiales de la diversité biologique (PMB-4) et son résumé analytique, qui serviront de repères scientifiques, à Pyeongchang, pour l’examen à mi-parcours des progrès réalisés dans la réalisation des objectifs d’Aichi, ont été soumis aux délégations présentes à l’OSASTT-18. Ces documents démontrent que si des efforts considérables ont été consentis dans la poursuite des objectifs d’Aichi – surtout à l’échelle régionale, il est fort peu probable que ceux-ci s’avèrent suffisants pour atteindre les objectifs de réduction de la perte de la diversité biologique d’ici à 2020. Sur une note plus positive, soulignant que le temps est un facteur essentiel pour observer les effets positifs d’une action, le PMB-4 conclut qu’il existe des moyens plausibles pour réaliser la vision 2050 de mettre fin à la perte de biodiversité tout en réalisant les objectifs clés de développement humain, en limitant le réchauffement climatique à 2 degrés Celsius et en luttant contre la désertification et la dégradation des sols.

Sur la base du projet de PMB-4 et de son résumé analytique, l’OSASTT-18 a fourni une série de recommandations destinées au Secrétariat de la CDB et à la CdP-12. Parmi ces dernières, figurent celle de prendre note de l’insuffisance des progrès réalisés dans la poursuite des objectifs d’Aichi et de la nécessité de renforcer les capacités et les transferts de technologies vers les pays en développement - notamment les Pays les moins avancés et les petits pays insulaires en développement - et vers les pays à économies en transition, ainsi que d’exiger une intensification importante de la mobilisation de ressources financières provenant de toutes les sources possibles.

  •  Autres discussions:

Concernant la biodiversité marine et côtière, le premier point soulevé a été celui des Zones marines d’importance écologique ou biologique (ZIEB), de leur identification (notamment par le moyen des ateliers régionaux organisés à cette fin), de l’intégration des connaissances traditionnelles dans leur identification et du caractère technique et scientifique que représente l’identification d’une ZIEB dans les eaux sur lesquelles un État dispose d’un pouvoir souverain au regard de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer. Il a aussi été rappelé que cette démarche ne se voulait pas une atteinte aux droits souverains des États. Les impacts du bruit sous-marin, des débris marins, de l’acidification des océans et du blanchissement des coraux sur la diversité biologique marine et côtière ont aussi été à l’ordre du jour de la réunion et ont conduit à l’adoption d’une recommandation pour la CdP-12 sur ces différents thèmes.

La question des espèces exotiques envahissantes (EEE) et notamment des espèces exotiques introduites comme animaux de compagnie, espèces d’aquarium ou de terrarium, ou comme appâts et aliments vivant, et les risques qui y sont rattachés, ont amené les délégations présentes à adopter une recommandation à la CdP-12 invitant entre autres celle-ci à adopter des orientations volontaires sur la conception et la mise en œuvre de mesures visant à atténuer ces risques et à diffuser le plus largement possible ces orientations. Une autre recommandation a quant à elle été adoptée afin de déterminer et soumettre à la CdP-12 les considérations à prendre en compte pour les travaux futurs portant sur les EEE.

Les questions soulevées par la « biologie synthétique » comme question « nouvelle et émergente » ont quant à elles jeté un flou sur la manière dont les Parties devraient considérer les enjeux et risques qui y sont liés, certaines ONG appelant même à un moratoire sur les applications de la biologie synthétique en raison de l’absence de connaissance suffisantes sur ces techniques et leurs conséquences. Une approche de précaution et la mise en place de procédures d’évaluation des risques concernant ces techniques seront, entre autres, proposées à la CdP-12 par l’OSASTT-18. À la suite de la réunion de l’OSASTT, le Secrétariat a d’ailleurs mis à la disposition des observateurs deux études portant sur la biologie synthétique disponibles à cette adresse :http://www.cbd.int/emerging/  . Ces deux études sont ouvertes à la révision par les pairs jusqu’au 13 aout prochain.

L’OSASTT-18 a adopté une courte recommandation pour la CdP-12 sur la mise en œuvre de l'objectif 3 d'Aichi, et ce, malgré la réticence de certains États jugeant celle-ci superfétatoire.

La coopération entre l’OSASTT et l’IPBES et leurs mandats respectifs ont également été à l’ordre du jour. Plusieurs délégations ont notamment pris part aux discussions relatives aux règles à suivre pour que l’OSASTT soumette des demandes à l’IPBES. Le renforcement de la collaboration et des synergies entre le Secrétariat, l’OSASTT et l’IPBES a été recommandé par l’OSASTT.

Une série de recommandations pour la CdP-12 a par ailleurs été formulée relativement aux « questions en cours d’étude », à savoir :

- Les liens entre la biodiversité et les changements climatiques, notamment relativement aux techniques de géo-ingénierie, à l’intégration d’approches fondées sur les écosystèmes par les Parties dans leurs programmes d’adaptation aux changements climatiques, et au mécanisme du REDD+ ;
- La conservation et la restauration des écosystèmes ;
- La définition des principaux termes liés aux biocarburants et à la diversité biologique ;
- La viande de brousse et la gestion durable de la vie sauvage ;
- Les liens entre santé et biodiversité.

Pierre WOITRIN et Issa BADO

NB: La présente dépêche sera reprise dans le prochain numéro d'Objectif Terre.

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