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En finir avec la destruction créatrice


Dans notre monde globalisé, la création de valeur se fonde davantage sur la destruction et l'obsolescence programmée que sur la construction et la patrimonialisation. Une logique insoutenable pour le philosophe Pierre Caye, qui invite à repenser complètement notre système productif.

En 1942, au milieu de la Seconde Guerre mondiale, Joseph Schumpeter, économiste autrichien en exil aux États-Unis, publie un essai intitulé Capitalisme, socialisme et démocratie. Au chapitre VII de son ouvrage, il définit l’évolution proprement capitaliste de l’économie par une expression singulière et provocante : « la destruction créatrice ». Pour l’économiste, le capitalisme n’est pas seulement un processus d’évolution, mais cette évolution procède en réalité moins par transformation que par destruction et par révolution, « comme un processus de mutation industrielle (…) qui révolutionne incessamment de l’intérieur la structure économique, en détruisant continuellement ses éléments vieillis et en créant perpétuellement des éléments neufs ». Et de préciser à la suite : « Ce processus de destruction créatrice constitue la donnée fondamentale du capitalisme : c’est en elle que consiste en dernière analyse le capitalisme, et toute entreprise capitaliste doit bon gré mal gré s’y adapter. »

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Journal du CNRS

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