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OMM : Nous avons assisté à une période prolongée de chaleur inhabituelle, qui tend à devenir la nouvelle norme


Selon l'Organisation météorologique mondiale, la vague de chaleur exceptionnellement longue, la hausse des concentrations de gaz à effet de serre, le blanchissement des coraux à large échelle et la fonte de la banquise arctique rendent encore plus urgente la nécessité pour les dirigeants mondiaux de ratifier et de mettre en œuvre l'Accord de Paris sur le climat.

Le Secrétaire général de l'ONU, M. Ban Ki-moon, a convoqué une réunion de haut niveau spéciale, le 21 septembre, afin d'accélérer l'adhésion à l'Accord de Paris de décembre 2015 ou la ratification de ce dernier.

«Nous avons assisté à une période prolongée de chaleur inhabituelle, qui tend à devenir la nouvelle norme», a déclaré le Secrétaire général de l'OMM, M. Petteri Taalas, qui se trouvait à New-York pour participer à l'Assemblée générale.

«Nous avons observé à la fois des concentrations inhabituellement élevées de dioxyde de carbone et des records de températures. Les températures élevées de l'eau des océans ont aggravé le blanchissement des récifs coralliens».

«Tous ces constats accentuent l'urgence d'accélérer l'application de l'Accord de Paris afin d'éviter que la hausse des températures ne dépasse 1.5 - 2.0°C par rapport aux niveaux préindustriels,» a ajouté M. Taalas.

D'après les données recueillies par l'Administration américaine pour les océans et l'atmosphère (NOAA), le Goddard Institute for Space Studies de la NASA et le Centre européen de prévisions météorologiques à moyen terme, le mois d'août a été le plus chaud jamais enregistré, tant à la surface des terres qu'à celle des océans. La NASA a déclaré qu'août 2016, comme juillet 2016, avait été le mois le plus chaud jamais enregistré. A ce jour, 2016 a battu tous les records de températures existants.

«Les perspectives de refroidissement associées à la survenance d'un épisode La Niña, plus tard dans l'année, sont incertaines,» a précisé M. Taalas. «Il est probable que 2016 soit l'année la plus chaude jamais enregistrée, surpassant les températures incroyables déjà observées en 2015», a-t-il affirmé.

«La chaleur aux latitudes élevées a été particulièrement préjudiciable à la banquise de l'Arctique et à la nappe glaciaire du Groenland», a poursuivi M. Taalas.

Banquise de l'Arctique

Le Centre national américain de données sur la neige et la glace des glace a déclaré jeudi que la banquise de l'Arctique semble avoir atteint sa surface minimum le 10 septembre 2016, avec 4,14 millions de kilomètres carrés. Il s'agit du second record le plus bas dans les observations par satellite, après le record minimum de 2007. Ces chiffres sont provisoires.

L'étendue la plus basse des 37 années d'enregistrements par satellite a été observée le 17 septembre 2012, lorsque la surface des glaces de mer est tombée à 3,39 millions de kilomètres carrés.

Cet été a été orageux, nuageux et passablement frais. De telles conditions météorologiques ralentissent normalement la fonte des glaces estivale.

Cela laisse vraiment à penser qu'au cours des prochaines années, avec la généralisation de conditions plus chaudes, nous assisterons à d'autres fontes significatives, a déclaré M. Ted Scambos, responsable scientifique du NSIDC.

La banquise de l'Arctique s'étend chaque automne et hiver et rétrécit durant le printemps et l'été. Son étendue maximale, en mars 2016, a été la plus faible jamais enregistrée. La nappe glaciaire du Groenland a également commencé à fondre inhabituellement tôt cette année.

L'étendue de la banquise arctique, au cœur de la saison de fonte estivale des glaces, couvre désormais 40% de moins qu'à la fin des années 1970 et au début des années 1980.

Chaleur en août et septembre

Les données enregistrées par la NOAA, la NASA et le Centre européen de prévisions météorologiques à moyen terme confirment qu'août 2016 a établi un nouveau record mensuel.

Bien que le cycle saisonnier des températures atteigne traditionnellement son pic en juillet, août 2016, avec juillet 2016, a été le mois le plus chaud jamais enregistré. Les températures en août 2016 ont été de 0,16 degrés Celsisus plus chaudes que celles du mois d'août le plus chaud enregistré précédemment (en 2014). D'après la NASA, le mois d'août a également été de 0,98 degrés Celsius plus chaud que la moyenne des températures pour le mois d'août de 1951 à 1980.

La NOAA a affirmé que le mois d'août a marqué 16 mois de chaleur record pour la planète, soit la plus longue séquence en 137 ans. La période de janvier à août a été de 1,01°C supérieure à la moyenne du 20e siècle, et de 0,16°C plus chaude que 2015.

L'OMM utilise une combinaison de jeux de données internationaux pour compiler sa Déclaration annuelle sur l’état du climat mondial. Elle publiera sa déclaration provisoire à l'occasion des négociations sur le changement climatique à Marrakech, Maroc, au mois de novembre.

De nombreux endroits d'Europe ont connu des températures exceptionnellement élevées au cours de la première moitié de septembre. Au Royaume-Uni, par exemple, Gravesend, dans le Kent, a atteint les 34,4°C le 13 septembre – la journée de septembre la plus chaude depuis 1911. Le Danemark a enregistré des températures atteignant 29,9°C. Le 12 septembre, en France, la température a été de 8 à 12 ° C supérieure à la moyenne pour cette période de l'année.

Concentrations de dioxyde de carbone

Les concentrations de dioxyde de carbone dans l'atmosphère ont franchi le cap symbolique de 400 parties par million à ce jour. Les niveaux varient en fonction de la saison mais la tendance générale est à la hausse. Selon la NOAA, la concentration de CO2 moyenne mensuelle en juillet 2016 était de 401,72 parties par million, par rapport à 393,13 parties par million en juillet 2015.

Les océans dans un monde plus chaud

Les océans nous protègent des pires effets du réchauffement de la planète, non seulement en stockant plus de 90% de la chaleur supplémentaire émise par les gaz à effet de serre mais aussi en absorbant près d'un tiers des émissions anthropiques totales de dioxyde de carbone.

De nouvelles pistes de recherche sur les interactions complexes entre les océans et le climat de la planète - telles que mises en évidence par le récent super El Niño - seront explorées lors d'une conférence scientifique internationale en Chine. Celle-ci étudiera également comment les océans font les frais du réchauffement climatique, avec d'énormes conséquences pour le futur de la planète.

La Conférence scientifique publique se tiendra à Qingdao, Chine, du 18 au 25 septembre, et réunira plus de 600 scientifiques. Elle est organisée par le projet central du Programme mondial de recherche sur le climat (PMRC) portant sur le climat et les océans - CLIVAR. L'OMM copatronne le Programme mondial de recherche sur le climat.

Communiqué de l'OMM

[agonu71] [CdP21-climat], [CdP22-climat]

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