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COP22 : le secteur privé s'engage à utiliser davantage les énergies renouvelables


Le secteur privé a annoncé vendredi à la Conférence des Nations Unies sur le changement climatique à Marrakech (COP 22) de nouveaux engagements et initiatives pour utiliser davantage les énergies renouvelables, un des moyens les plus efficaces pour mettre en œuvre l'Accord de Paris sur le climat, qui est entré en vigueur le 4 novembre 2016.

Une nouvelle initiative appelée l'Alliance des acheteurs d'énergies renouvelables (REBA) a été annoncée. Elle a pour objectif de développer des connections entre la demande des entreprises en électricité et les fournisseurs d'énergies renouvelables.

Les dirigeants et partenaires de l'Initiative africaine pour les énergies renouvelables (AREI), lancée l'an dernier et qui vise à permettre l'installation d'une capacité énergétique renouvelable à grande échelle sur le continent africain, ont présenté les progrès réalisés depuis un an, notamment en matière de financement. Dix bailleurs de fonds ont promis de mobiliser 10 milliards de dollars pour permettre d'atteindre cet objectif.

Des entreprises, telles que le fabricant indien de ciment Dalmia Cement et la compagnie d'assurances suisse Swiss Re, ont annoncé leur participation aux campagnes RE100 et E100, qui visent à accroître la demande en matière d'énergies renouvelables et à améliorer la productivité énergétique des entreprises.

« C'est le type de leardership du secteur privé dont nous avons besoin », a déclaré la Représentante spéciale du Secrétaire général de l'ONU pour l'énergie durable pour tous, Rachel Kyte, lors d'une conférence de presse. « Les entreprises commencent à comprendre qu'en doublant leur productivité énergétique et en s'engageant à utiliser 100% d'énergies renouvelables, elles utilisent la voie la moins coûteuse pour décarboniser (réduire les émissions de CO2) ».

Le prix des énergies renouvelables a chuté

« Le secteur privé représente la moitié de la consommation mondiale d'électricité et si nous voulons faire des progrès significatifs, la façon dont les entreprises se comportent est un facteur véritablement déterminant », a-t-elle ajouté. « La productivité énergétique, ce que nous produisons avec chaque watt d'énergie, est la manière la moins onéreuse, la plus simple et la plus rapide d'être sur la bonne trajectoire pour l'Accord de Paris ».

Le Directeur-général de l'Agence internationale pour les énergies renouvelables (IRENA), Adnan Z. Amin, a noté pour sa part que le coût des énergies renouvelables avait fortement chuté ces dernières années et allait continuer à le faire. L'IRENA est une organisation intergouvernementale qui a pour mission de promouvoir les énergies renouvelables.

« C'est un développement remarquable. Cela a des implications pour l'économie, pour les modes de vie, pour la pollution et pour le climat », a-t-il dit lors de la conférence de presse.

De son côté, le Maroc a affiché ses efforts en matière d'énergies renouvelables. Il y a six ans, le gouvernement a annoncé son objectif d'atteindre 42% des capacités électriques à partir de sources renouvelables. « Cet objectif nous allons l'atteindre », a déclaré le Président de l'Agence marocaine de l'énergie solaire (MASEN), Mustapha Bakkourry, lors de la conférence de presse.

Un accès de tous à une énergie propre et abordable

Outre les efforts en matière d'énergies renouvelables, les discussions lors de cette journée de l'énergie à la COP 22 ont porté sur l'accès de tous à une énergie propre, durable et abordable, alors que 1,1 milliard de personnes à travers le monde n'ont pas accès, ou ont un accès limité, à l'électricité.

« La plupart de ces 1,1 milliard de personnes se trouvent en Afrique sub-saharienne et en Asie du Sud. Dans ces deux régions, nous observons des innovations extraordinaires, de nouvelles façons de travailler par le secteur privé et le secteur financier car le prix des énergies renouvelables a plongé », a expliqué Rachel Kyte, dans un entretien avec le Centre d'actualités de l'ONU.

Selon elle, ces développements positifs vont permettre d'accélérer les efforts pour permettre l'accès de tous à une énergie propre, durable et abordable. « Je suis persuadée que c'est l'un des objectifs de développement durable que nous réaliserons dans les temps », a-t-elle ajouté.

Dans ce domaine, le rôle du secteur privé est « énorme » et beaucoup de gens vont avoir accès à l'énergie pas forcément à travers les entreprises traditionnelles, a-t-elle souligné. Elle a cité des exemples en Afrique de l'est, en Asie du Sud, au Bangladesh, où des programmes innovants permettent de fournir une énergie propre et abordable.

La 'Championne pour l'action climatique' et Ministre marocaine chargée de l'environnement, Hakima El Haité, a estimé lors de la conférence de presse que cette journée de l'énergie était « une journée de la dignité ».

« Il ne s'agit pas seulement du secteur qui permettra d'avoir le plus grand impact en matière de réduction des émissions de CO2. C'est le secteur qui permettra le développement, la dignité et la stabilité dans le monde », a-t-elle conclu.

Communiqué de l'ONU

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