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Les aires protégées terrestres pourraient contribuer davantage à la conservation de la biodiversité


Dans une étude parue dans Nature, le 24 mai 2017, Laura J. Pollock, du Laboratoire d’écologie alpine (LECA, CNRS/université Grenoble Alpes), et ses collègues Wilfried Thuiller et Walter Jetz affirment que les aires terrestres protégées pourraient être beaucoup plus profitable pour la biodiversité si elles allaient au-delà de la prise en compte de la diversité spécifique, pour tenir compte également de la diversité phylogénétique et la diversité fonctionnelle, aussi bien pour les oiseaux que pour les mammifères.

Partant du constat que les différentes facettes de la biodiversité, autres que le nombre d'espèces, sont de plus en plus considérées comme essentielles pour maintenir la fonction des écosystèmes et les services qu’ils rendent aux humains, les chercheurs proposent une approche plus globale pour définir des réseaux d’aires protégées qui gagneraient ainsi en efficacité.

 

Alors que de nouvelles politiques internationales et de nouveaux processus d'évaluation comme la Plate-forme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES) reconnaissent l'importance d'une approche de plus en plus globale de la protection de la biodiversité, la plupart des idées sont toujours centrées sur une seule facette de la biodiversité, celle des espèces.

 

L’étude propose d’élargir l'attention et de fournir une évaluation de la quantité d'espèces mondiales, de la diversité fonctionnelle et phylogénétique des oiseaux et des mammifères actuellement protégés et des possibilités d'amélioration. L’étude montre que les grandes lacunes existantes dans la couverture pour chaque facette de la diversité pourraient être corrigées par une légère expansion des aires protégées : 5% de plus de terres protégées aurait le potentiel de tripler la gamme des espèces protégées ou des unités phylogénétiques ou fonctionnelles.

 

En outre, l’étude démontre qu’il est plus difficile (c'est-à-dire nécessite plus de terres) de maximiser la représentation de base du pool mondial de biodiversité que de maximiser la diversité locale. Dans l'ensemble, les priorités en espèces et unités phylogénétiques sont plus proches les unes des autres que les priorités fonctionnelles, et les priorités pour les différentes facettes de la biodiversité des oiseaux sont plus semblables que celles des mammifères. Ce papier montre que de grands gains dans la protection de la biodiversité sont possibles, tout en soulignant la nécessité de lier explicitement les objectifs de conservation souhaités et les indicateurs de biodiversité. Enfin, un cadre et des outils quantitatifs sont proposés afin de promouvoir la conservation des multiples facettes de la biodiversité.

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