Les femmes ont un rôle moteur à jouer dans la résilience face au changement climatique


L’importance cruciale de travailler avec les femmes pour réaliser des projets de développement ou dans les situations de crise est de plus en plus reconnue dans le secteur. ActionAid a d’ailleurs découvert que cette approche était l’un des principaux facteurs de réussite dans le renforcement de la résilience de l’agriculture en cas de sécheresse et dans les actions mises en œuvre face à la catastrophe.

C’est bien connu, les catégories sociales les plus durement touchées par les catastrophes sont celles qui sont les plus vulnérables telles que les femmes, les filles et les personnes handicapées. Les femmes et les filles ont tendance à être exclues et désavantagées, même en l’absence de catastrophe. Elles ont moins accès aux ressources productives (aux terres, par exemple) et aux services comme l’éducation et les soins de santé, et elles ont peu de mainmise sur ces sujets. Il est donc plus difficile pour elles de se constituer un actif et de réduire les risques auxquels elles s’exposent. Elles ont également un accès plus limité aux secours après une catastrophe et des évènements comme El Niño renforcent encore davantage ces inégalités.

Pourtant, dans de nombreux pays africains, les femmes sont responsables de la plus grande partie de la production de nourriture et des tâches ménagères. Elles sont souvent le pilier de la famille et de la vie locale, mais sont trop fréquemment rendues invisibles, considérées comme dépendantes des hommes et écartées des principaux processus de prise de décision. Les violences sexuelles et sexistes, qui touchent les femmes de manière disproportionnée dans la plupart des sociétés, sont par ailleurs souvent exacerbées lors des catastrophes. Réduire les vulnérabilités chroniques et notamment celles des femmes peut donc grandement contribuer à prévenir des crises récurrentes qui pourraient être évitées.

Il a été démontré que faire progresser l’égalité hommes-femmes augmente l’efficacité des interventions humanitaires, surtout lorsque le rôle moteur des femmes et reconnu et mis en valeur, ce qui leur permet de lever les obstacles auxquels elles sont confrontées, de répondre à leurs besoins collectifs et de défendre leurs droits. Les femmes savent ce qu’elles veulent, ce dont elles ont besoin et ce qui pourrait les aider en cas de catastrophe. Les organisations humanitaires doivent impérativement s’adresser directement à elles et les impliquer dans toutes les étapes de leurs programmes.

Reconnaître et mettre en valeur le leadership des femmes est un moyen puissant de changer fondamentalement (et, espérons-le, durablement) les relations de pouvoir déséquilibrées dans la plupart des sociétés. Ce rôle devrait donc être au cœur des programmes d’adaptation locaux, de préparation aux catastrophes et de réduction des risques. Les programmes et politiques visant à limiter les impacts du changement climatique et les futures crises doivent rechercher activement la participation des femmes, leur autonomisation et leur leadership.

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