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Climat : des mécanismes d'assurance pour atténuer les risques


Par Joaquim Levy, directeur général et de directeur financier du Groupe de la Banque mondiale

Les chocs climatiques compromettent le développement des pays clients de la Banque mondiale%u200B.%u200B Augmentation de la fréquence et de la gravité des catastrophes naturelles : nombre d’économies émergentes et en développement ressentent déjà les effets du changement climatique. Or, en général, ces pays ne disposent pas de capacités suffisantes pour amortir ces chocs, ce qui peut aggraver les situations de fragilité politique, d’insécurité alimentaire ou de manque d’eau et, dans les cas extrêmes, entraîner des conflits et des migrations. Les conséquences des catastrophes naturelles, même quand elles sont relativement modérées, peuvent ruiner des années de développement et d’investissements.  Le défi à relever est d’une ampleur sans précédent. Aujourd’hui, plus de 90 % des habitants les plus pauvres de la planète vivent dans des pays exposés à des catastrophes naturelles ou déjà politiquement fragiles, ce qui amplifie l’impact des chocs. Selon une récente étude de la Banque mondiale, les catastrophes naturelles font basculer plus de 25 millions de personnes dans la pauvreté chaque année. Les pertes économiques qu’elles entraînent avoisinent 100 milliards de dollars par an, soit l’équivalent de plus des deux tiers des flux nets d’aide au développement (142,6 milliards de dollars en 2016), et, le plus souvent, ces dommages ne sont pas assurés. Par conséquent, même si plus d’un milliard d’individus sont sortis de l’extrême pauvreté depuis 1990, il est crucial de mieux protéger les plus vulnérables contre les catastrophes naturelles et les chocs climatiques.
 
Le financement des risques climatiques pourrait largement améliorer la résilience des pays. Il est certes urgent de remédier aux causes structurelles du changement climatique et à la vulnérabilité des pays, mais, par ailleurs, on voit se développer divers mécanismes de mutualisation des risques, dont l’assurance, qui peuvent jouer un rôle essentiel dans l’élaboration de stratégies permettant de faire face aux catastrophes naturelles. Outre l’aide financière qu’elle apporte, l’assurance peut envoyer des signaux de prix qui encouragent à investir afin d’améliorer la résilience, par exemple grâce à des mesures d’adaptation et de préparation. Et, de fait, un flux croissant de capitaux privés soutient l’expansion du marché des produits assurantiels qui visent à promouvoir la résilience financière : étant donné le faible rendement des instruments financiers classiques, de plus en plus d’investisseurs s’intéressent à ces nouveaux produits, et notamment aux « obligations catastrophes », qui complètent la couverture assurantielle traditionnelle. Les obligations catastrophes (ou cat bonds en anglais) sont des titres qui transfèrent des risques spécifiques de l’émetteur/du bénéficiaire aux investisseurs. Le principal du titre est remboursé au bénéficiaire (et non à l’investisseur) si l’événement couvert (c’est-à-dire la catastrophe) survient...

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Source : Banque Mondiale

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