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Burkina Faso : les élèves de l'école Nonghin-pilote font la différence


 

Par Agnès Bikoko et KIMAOlivier*

 Ce qui frappe à première vue quand on entre à l’école Nonghin-Pilote, c'est la propreté de l'environnement scolaire : il n'y a pas de déchets plastiques, mais une vaste pépinière dans son enceinte.

Cette école située à Ouagadougou au Burkina Faso est dirigée par Noba Thérèse accompagnée d’une équipe exclusivement féminine de six enseignantes. Cet établissement scolaire primaire est bilingue intégrant l'enseignant de la langue Moore et le Français. Il va de la 1ère année à la 5ème année.

Le système bilingue comporte un cycle de cinq classes au lieu de six dans les écoles classiques. La particularité de cette école est qu'en première année, l'apprentissage se fait en langue nationale "Mooré" à 90 % et en  Français à 10 %. Cette première année cumule deux années de programme des écoles classiques soit le CP1 et le CP2 (cours préparatoire première année et deuxième année). A compter de la deuxième année, le français prend de plus en plus de place pour atteindre 90 % en 5e année, dernière classe du cycle primaire, le Moore occupant alors 10 % de l’enseignement.

Ce système d'enseignement a permis à l'école d'engranger plusieurs distinctions honorifiques pour les bons résultats obtenus en fin d'année tant pour l'examen du certificat d’études primaires (CEP) que pour le concours d'entrée en 6ème.

En plus des enseignements livresques, la directrice et ses collaboratrices initient les enfants à la production agricole à travers la réalisation des pépinières des plants d'arbres fruitiers tels que les manguiers, les goyaviers, les papayers, et au jardinage pour la production des tomates, des oignons, des choux etc. "Pour planter les arbres, expliquent les élèves, on prend les sachets plastiques, on y fait plusieurs petits trous dans le fond, on les remplit de compost, on introduit la graine, on les dépose dans un endroit ombragé et on les arrose chaque jour".

Comme le gardien de l’école a des connaissances en production de plants, il aide les élèves à réaliser ce projet. Les fruits et légumes récoltés par les élèves donne un coup de pouce à la cantine endogène, car celle-ci n’est pas toujours suffisamment approvisionnée. Quant aux plants d’arbres, ils sont vendus à des particuliers et à des associations. Le fruit de cette vente permet à l'équipe dirigeante de motiver les élèves.

Cette activité agricole débute en 1ère année et s'effectue tout au long du cycle. Elle permet non seulement d'améliorer les conditions de vie scolaire, mais surtout de familiariser les élèves à la culture de la terre et de contribuer à l'approvisionnement de leur famille en produits tels les tomates, les choux, les oignons… nous ont dit les élèves, et elle se poursuit dans les maisons où les élèves aident leurs parents à faire des potagers.

Cependant, l’école fait face à un nouveau défi. Jusqu’à tout récemment, les élèves utilisaient l’eau du puits situé sur le terrain de l’école pour arroser la pépinière et le jardin. La pompe est maintenant hors d’usage, la tuyauterie nécessitant des réparations majeures. Toute l’école est inquiète. Elle ne sait vers qui se tourner pour obtenir l’aide nécessaire à cette réparation.

 Les activités menées à l'école Nonghin-pilote devraient servir d'exemple aux écoles primaires du monde entier et en particulier aux écoles d'Afrique.

 

*Olivier Kima et Agnès Bikoko sont deux rédacteurs du portail médiaterre Afrique francophone pour le compte du Comité Syndical Francophone de l’Education et de la Formation (CSFEF). Réunis dans le cadre d’un séminaire de formation sur la rédaction et l’illustration des dépêches, ils ont visité l’école publique bilingue Nonghin-Pilote. L’objectif était de palper du doigt les efforts fournis par les enseignants dans l'initiation des apprenants au développement durable à travers la création des pépinières et des activités de jardinage.

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