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Mieux comprendre les réalités autochtones : une formation pour les futurs ingénieurs forestiers du Québec


L’Université Laval a officialisé le 19 septembre dernier au Musée amérindien de Mashteuiatsh la création de la Chaire de leadership en enseignement (CLE) en foresterie autochtone, une initiative majeure qui a pour but d’augmenter le bassin de spécialistes forestiers hautement qualifiés et sensibilisés aux réalités autochtones. Grâce à cette structure pédagogique innovante, tous les futurs ingénieurs forestiers du Québec seront formés pour mieux comprendre les réalités autochtones à compter de janvier 2019.

Pour les Premières Nations, la forêt est vitale. Elle représente à la fois une richesse culturelle qui prend racine dans leur histoire depuis des millénaires et une richesse économique puisque plus de 80 % d’entre elles vivent en territoire forestier. Ainsi, mieux soutenir le développement durable chez les Premières Nations tout en favorisant la continuité de leurs rapports avec les territoires forestiers est l’objectif des partenaires fondateurs de la CLE en foresterie autochtone.

En tant qu’unique université au Québec à offrir un programme de formation menant au titre d’ingénieur forestier, l’Université Laval joue un rôle de premier plan auprès des différents acteurs du milieu forestier, tels que les communautés autochtones et les industries forestières, qui comptent sur son expertise de pointe pour former des professionnels compétents et sensibles aussi à leurs préoccupations.

Projet structurant par une démarche pratique, pédagogique et scientifique

« Nous avons travaillé ensemble afin de mettre sur pied un projet structurant qui permettra de comprendre, par une démarche pratique, pédagogique et scientifique novatrice, les facteurs déterminants d’un développement sensible à la culture, aux intérêts et aux besoins particuliers de chaque communauté autochtone », a déclaré Eugénie Brouillet, vice-rectrice à la recherche, à la création et à l’innovation de l’Université Laval.

En dépit du potentiel de développement économique énorme pour le Québec des entreprises forestières autochtones, il existe peu d’information à jour sur leur fonctionnement, leur environnement et leur performance. « Il faut comprendre les entreprises afin de mieux les soutenir dans leur développement et leur croissance. Cette CLE viendra appuyer les efforts de développement des connaissances et des compétences dans le domaine de la foresterie autochtone tout en conduisant des travaux de recherche et pédagogiques novateurs », a indiqué le professeur en foresterie et titulaire de la CLE, Jean-Michel Beaudoin.

« Cette chaire met en lumière les liens traditionnels, des liens millénaires, qui unissent les nations autochtones à la forêt et vient consacrer le rôle important qu’elles doivent jouer dans l’exploitation et la mise en valeur de nos forêts. Soucieuse du respect des communautés et des forêts, la Chaire sera d’abord et avant tout un outil au service de la communauté, ici, à Mashteuiatsh. J’espère que de nombreux jeunes Autochtones y verront la possibilité d’effectuer des études dans un domaine proche de leur champ de référence culturel et dans lequel ils auront le goût de s’investir », a déclaré Geoffrey Kelly, ministre responsable des Affaires autochtones.

Cette nouvelle structure d’accueil pour des projets de formation et de recherche viendra également faciliter l’accès à un programme de stages en milieu pratique ainsi qu’à un réseau d’experts au sein de l’Université Laval et des autres universités du Québec et du Canada, ce qui aidera les communautés autochtones à participer et à prendre en charge le développement durable des forêts québécoises.

Enfin, la CLE se veut un pôle d’expertise novateur qui favorisera des relations durables entre les communautés autochtones, les entreprises forestières et les gouvernements. Elle permettra de faire le pont entre les modèles forestiers autochtones et les acteurs forestiers non autochtones et d’accroître la sensibilisation du grand public aux réalités autochtones.

Cette innovation majeure voit le jour grâce à collaboration des Premières Nations d’Essipit, de Pessamit, de Mashteuiatsh et de Wemotaci; du Conseil de l’industrie forestière du Québec (CIFQ); du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs; du Secrétariat aux affaires autochtones; de la Société du Plan Nord; de FPInnovations; de l’Association des produits forestiers du Canada; de Forchemex; de l’Association des entrepreneurs en travaux sylvicoles du Québec; de la Fédération québécoise des coopératives forestières; du gouvernement du Canada. Cet engagement représente un investissement direct d’une valeur de 590 000 $ sur une période de 5 ans.

Source : Université Laval

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