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ONU réunion extraordinaire sur "Les conséquences des récents ouragans: mettre en oeuvre un Programme 2030 résilient et tenant compte des risques"


La conférence d’annonce de contributions en faveur des pays des Caraïbes touchés par les récentes catastrophes, qui sera conjointement organisée par l’ONU et la Communauté des Caraïbes (CARICOM) le 21 novembre, a suscité l’espoir des participants à la Réunion extraordinaire que tenait aujourd’hui le Conseil économique et social (ECOSOC) pour examiner la question suivante: « les conséquences des récents ouragans: mettre en œuvre un Programme 2030 résilient et tenant compte des risques ».

« Tout ce que je veux, c’est qu’il cesse de pleuvoir », avait déclaré, transi de froid et d’espoir, un enfant de 2 ans en s’adressant à ses secouristes, des propos rapportés par la représentante de la Dominique qui dressait le bilan des récents ouragans.

En septembre, Harvey, Irma et Maria ont fait des dizaines de morts dans les territoires touchés, tandis que des milliers de gens ont été déplacés, des infrastructures et des maisons ont été endommagées et les moyens de subsistance ont été affectés.  Puis, ce fût la tempête tropicale Nate, en octobre, qui a provoqué des inondations, des glissements de terrain et des vents violents en Amérique centrale, faisant plus de 30 morts et affectant 600 000 personnes dans la région.  À cela se sont ajoutés de puissants tremblements de terre au Mexique qui ont dévasté les communautés à proximité de l’épicentre et tué plus de 400 personnes.

Une première estimation des dommages matériels causés par les ouragans Harvey et Irma évalue les pertes à 150-200 milliards de dollars aux États-Unis, et à plus de 10 milliards de dollars dans la région des Caraïbes, tandis qu’on attend encore l’évaluation des dommages résultant du passage de Maria.  C’est dire l’importance de cette conférence d’annonce de contributions qui a été annoncée, ce matin, par le Secrétaire général pour le développement humain et social de la CARICOM, M. Douglas Slater, peu après la visite du Secrétaire général de l’ONU en Dominique et à Antigua-et-Barbuda.

Si cette initiative a été saluée par les participants, le représentant du Venezuela a toutefois demandé d’éviter de commettre les mêmes erreurs qu’avec Haïti pour qui les promesses sont restées lettre morte après le tremblement de terre de 2010.  Son homologue de la République dominicaine a donc proposé, très concrètement, de créer un fonds de résilience spécial des Nations Unies pour aider les pays les plus vulnérables et prévenir un endettement excessif de ces derniers.

Dix millions de dollars ont d’ores et déjà été annoncés par les Émirats arabes unis comme leur contribution aux opérations de secours aux pays des Caraïbes, en plus des financements pour la reconstruction des systèmes énergétiques alloués à Antigua-et-Barbuda et à la Dominique, par le truchement des 50 millions de dollars du Fonds Émirats arabes unis-Caraïbes pour les énergies renouvelables.

Soulignant l’importance de cette aide financière, les participants à la réunion ont reconnu que les coûts de la reconstruction allaient saper les perspectives des pays touchés par ces catastrophes en termes de développement durable, comme l’a dit à l’ouverture la Présidente de l’ECOSOC, Mme Marie Chatardová (République Tchèque).

Prônant une approche préventive, la Vice-Secrétaire générale de l’Organisation des Nations Unies, Mme Amina J. Mohammed, a recommandé d’établir des systèmes de gestion des risques qui tiennent compte à la fois des catastrophes naturelles, des risques environnementaux et des aléas climatiques.  Cela se justifie d’autant plus que, selon des scientifiques, le nombre d’ouragans devrait augmenter si la température mondiale croît de plus de 2 degrés Celsius d’ici à 2050, comme l’a relevé M. Douglas Slater de la CARICOM.  Avec, en plus, l’augmentation prévue du niveau de la mer, il a anticipé un scénario catastrophe pour les îles de sa région et a plaidé pour qu’on facilite leur accès aux financements pour leur permettre de faire face aux chocs externes de cette ampleur. 

« Ces catastrophes nous rappellent que les changements climatiques ne sont pas une discussion philosophique », et c’est pourquoi il nous faut réitérer nos engagements en faveur de l’Accord de Paris sur les changements climatiques, a proposé le Président de l’Assemblée générale, M. Miroslav Laj%u010Dák (Slovaquie).  C’est dans cette optique qu’a été créée l’initiative CREWS, a rebondi le délégué de la France, une initiative qui vise à augmenter les capacités des systèmes d’alerte intégrés avec pour ambition de couvrir 80 pays vulnérables grâce à 100 millions de dollars d’ici à 2020...

Compte rendu de l'ONU

[CdP23-climat]

Amina J. Mohammed (Vice-Secrétaire générale de l'ONU)

Miroslav Laj%u010Dák (Président de l'Assemblée générale)

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