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1er lauréat du concours CdP 23 de rédaction d'articles


Les éco-gestes pour atténuer les effets du changement climatique

Ce mercredi 15 novembre, le groupe Jeunesse Francophone pour le Développement Durable (JFDD) a dévoilé, au pavillon de la Francophonie à Bonn lors d’un évènement parallèle à la CdP 23, les deux lauréats du concours de rédaction d’articles dans le cadre de la CdP 23.

En plus de voir son article publié sur Médiaterre et relayé sur la page Facebook de JFDD, le 1er lauréat aura également l’opportunité d’être invité à contribuer à une édition de la Revue Liaison Energie Francophone publiée par l’Institut de la Francophonie pour le Développement Durable.

KENMOGNE CHETEU Joseph Bertrand, 1er lauréat du concours de rédaction d’articles dans le cadre de la CdP 23.

Il a commencé ses études supérieures à la Faculté des Sciences Économiques et de Gestion de l’Université de Yaoundé 2 Soa où il y obtient une Licence d’économie et gestion, spécialité économie monétaire et financière ainsi qu’une Maîtrise d’économie appliquée, spécialité économie monétaire mathématique et financière. Par la suite, il est admis à l’Institut des Relations Internationales du Cameroun (IRIC) d’où il ressort avec un Master II en Relations Internationales, filière Coopération Internationale Action Humanitaire et Développement Durable (CA2D), spécialité Management Environnemental et Développement Durable.

Article écrit par KENMOGNE CHETEU Joseph Bertrand, Consultant en développement durable à l’ONG RECUBO-PLAST, 1er lauréat du concours de rédaction d’articles dans le cadre de la CdP 23.

Le changement climatique est depuis quelques années, une réalité indéniable dans le monde, avec l’Afrique comme étant le continent le plus durement touché. Ses effets néfastes sont d’ores et déjà perceptibles et réels sur la vie des milliards d’individus, notamment : l’altération de la biodiversité, l’augmentation du niveau des mers, la fonte généralisée des glaciers dans le monde, l’acidification des océans et bien d’autres. Par conséquent, il est urgent d’agir pour lutter contre ses effets. Mais, comment y parvenir ? Autrement dit, quels sont les enjeux de lutte contre le changement climatique ? En observant la scène internationale, nous pouvons constater que deux enjeux majeurs de lutte contre les changements climatiques émergent : les enjeux d’adaptation et les enjeux d’atténuation. Ainsi, pour ne plus subir les effets néfastes, les Camerounais ont fait preuve d'innovation en mettant sur pied des solutions exemplaires dont pourraient s’inspirer d’autres pays du monde. Trois exemples d’éco-gestes pouvant aider à atténuer les effets du changement climatique sont ici mentionnés.

La conservation des forêts sacrées de l’Ouest sert de rempart pour atténuer les effets du changement climatique

Cette fonction de la forêt sacrée s’appuie sur les mythes qu'on leur reconnaît. En effet, la sacralité de ces forêts réside dans le fait qu’elles possèdent encore entièrement leur biodiversité et surtout qu’elles ne sont pas à la merci d’une exploitation humaine irrationnelle, voire anarchique. C’est ainsi que ces espaces de conservations de la biodiversité, gérés et protégés de manière collective par les populations, remplissent de nombreuses fonctions notamment celles de réguler la température, de contribuer à la lutte contre la déforestation et surtout d’être un rempart au changement climatique.

D’autres communautés du pays se sont lancées dans la préservation de l’environnement à travers la protection de l’essingan au Centre et le baobab au Littoral.

Le reboisement communautaire peut servir à atténuer les effets du changement climatique

Cet exemple nous vient du Cercle International pour la Promotion de la Création (CIPCRE)[1], une ONG de droit camerounais qui a développé des activités pratiques de séquestration de carbone et génératrices de revenus à travers la création des pépinières villageoises et des reboisements communautaires. Le CIPCRE a, au profit des communautés, implanté des parcs à bois avec l’aide des paysans des pépinières villageoises dans les quatre coins de la région de l’Ouest. De même, dans le but d’accroître le taux de séquestration de carbone par les formations végétales dans la région, les communautés chrétiennes donnent le ton du reboisement à travers la création des plantations d’eucalyptus et de prunus africana au monastère Saint-Benoît de Babété. C’est ainsi que de nombreuses autres communautés villageoises se sont lancées dans le reboisement de leurs villages en introduisant des arbres utiles et à haute valeur économique dans les systèmes agricoles à travers les cultures en couloir et en courbe de niveau.

Aussi, dans la région de l'Extrême-nord et plus précisément dans le camp des réfugiés de Minawaoo étendu sur 623 hectares, le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés au Cameroun a lancé le 24 août 2017, le projet « Make Minawao green again »[2] dont il est prévu la mise en terre de 90 000 plantes pour l’année 2017 et de près de 100 000 autres, en 2018. Cette initiative consiste à restaurer le couvert végétal dans le camp des réfugiés pour lutter contre la déforestation et ses conséquences sur l’environnement.

La culture dans les bas-fonds marécageux peut servir à atténuer les effets du changement climatique

Avec l’assèchement des points d’eau à l’Ouest et au Nord ainsi que la baisse de la productivité agricole au Sud du pays, il devient alors difficile pour les agriculteurs d’avoir de bonnes récoltes. Avec les bas-fonds marécageux, une solution simple est trouvée. Car, au gré des saisons, ces derniers présentent la particularité de regorger d’eau. Ainsi, tout au long de l’année, les agriculteurs y cultivent entre autres des légumes, du maïs et du haricot qui y poussent sans difficulté, ce qui permet d’approvisionner les marchés.

Au Sud par contre, où il n’existe presque pas de bas-fonds marécageux, les agriculteurs ont opté pour des cultures qui s'ajustent à toutes les saisons au détriment de celles qui sont habituellement exigeantes en eau. Ainsi, par exemple, l’on cultive plus de manioc moins gourmand en eau et pouvant s’adapter à toutes les saisons au détriment du maïs qui est friand en eau. Ce dernier peut donc être dégusté et vendu tout le long de l’année sous diverses formes.

Plus que jamais, les effets du changement climatique sont perceptibles au Cameroun. Des solutions existent pour les atténuer. De ce fait, conformément à l’objectif 13 des Objectifs de Développement Durable : « Prendre d’urgence des mesures pour lutter contre les changements climatiques et leurs répercussions », des éco-gestes ont été développés par la population camerounaise alliant écologie et économie dans le dessein de parer aux troubles agricoles et économiques engendrés par ces mutations climatiques.

Crédit photo : Louise Nsana, www.journalducameroun.com

Bibliographie

CIPCRE, « Lutte contre le changement climatique. La solution du reboisement communautaire », archives, Bafoussam, novembre 2006, www.cipcre.org

Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques, New-York, 9 mai 1992.

Eliane Marcelle Matsingoum, « Résolutions prises par le Cameroun face aux problèmes climatiques », Environnement, 6 octobre 2015, www. crtv.cm

Louise Nsana, « Cameroun : le HCR lance un projet pour reboiser Minawao », Société, 31 août 2017, www.journalducameroun.com

[1] CIPCRE, « Lutte contre le changement climatique. La solution du reboisement communautaire », archives, Bafoussam, novembre 2006, www.cipcre.org

[2] Louise Nsana, « Cameroun : le HCR lance un projet pour reboiser Minawao », Société, 31 août 2017, 31 août 2017, www.journalducameroun.com

À propos de l'initiative jeunesse

L'initiative jeunesse de lutte contre les changements climatiques a pour objectif de sensibiliser les jeunes francophones aux changements climatiques. Elle permet également de faire connaître les actions et l’engagement de la jeunesse francophone pour lutter contre les changements climatiques sous la forme d’une série d’articles.

[IJLCC] [CdP23-climat]

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