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Gaspillage alimentaire : et si on transformait les invendus en conserve ?


Guillaume Cantin, ancien chef cuisinier de Montréal, a décidé de se lancer dans la lutte contre le gaspillage alimentaire. Il transforme les invendus en conserve et reverse une partie de sa production à des associations. Entretien.

La semaine européenne de la réduction des déchets est l’occasion de découvrir des initiatives zéro déchet de l’autre bout du monde. À Montréal, au Canada, Guillaume Cantin, a créé La Transformerie. Cette organisation à but non lucratif transforme les invendus alimentaires en conserve et en reverse une partie à des organismes de sécurité alimentaire.

We Demain : Vous étiez chef cuisinier à Montréal. Comment en êtes-vous arrivés à la lutte contre le gaspillage alimentaire ?

Guillaume Cantin : Avec un ami à moi entrepreneur, Thibault Renouf, on se demandait qu’est-ce qu’on pouvait faire avec nos compétences pour avoir un impact positif à notre échelle.

Il m’a tout d’abord lancé le défi de faire un repas uniquement à base de déchets récupérés dans les poubelles des commerces. Il faut savoir qu’au Canada 40 % de la nourriture est gaspillée. Ce qui nous a surpris quand on a fait ce dîner, c’est la qualité des ingrédients que l'on a trouvé. Je m’attendais à avoir des aliments pourris, mais ils étaient de super qualité, mûrs à point, prêts à être transformés. J’avais alors un sentiment d’excitation mais aussi d’indignation.

Avant de vous lancer, vous en avez discuté avec les commerçants? 

On leur a posé beaucoup de questions pour comprendre pourquoi ça allait à la poubelle. Le problème est qu'ils n’ont pas vraiment de solution fonctionnelle aujourd’hui.

La solution ce serait d’avoir accès à une collecte efficace. Les associations n’ont pas toujours assez de moyens pour pouvoir récupérer cette matière. C’est pourquoi on a voulu proposer un service de collecte efficace.

Vous faites plus qu'une simple collecte. Quel est le principe de La Transformerie ? 
 
Il s’agit de faire fonctionner une équation défaillante : le commerçant ne veut pas jeter, les assos ont besoin de cette nourriture mais n’ont pas de moyen pour la collecte. La Transformerie se base sur un système viable : donner une partie des collectes et faire des conserves avec l’autre partie.
 
Les conserves sont des tartinades sucrées et salées : tarte aux pommes, caramel banane, cari d’aubergine, houmous de brocolis… On récupère les invendus chez les commerçants et on leur revend ces conserves.
 

Où en est le projet aujourd'hui ? 

Pour le moment on est en phase de démarrage. On finalise le produit, l’emballage – qui sera zéro déchet aussi – et on entre dans le financement. On espère commencer en début d’année prochaine.

Mais on a déjà été présent sur des évènements, comme à la première édition du festival zéro déchet de Montréal. On avait un kiosque et on vendait nos tartinades.

On est en train de parler avec la mairie d’un arrondissement de Montréal, Rosemont la petite patrie. C’est important pour nous d’être ancrés dans la communauté. On veut créer quelque chose qui va aller au delà de nous.

 
Source: We Demain. Auteur: Sofia Colla
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