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Réformes de l'éducation de base: formation des enseignants dans des conditions inhumaines


Hier, le 20 septembre 2018, les enseignants du KWILU dans les deux sites de Bandundu, ont suspendu leur formation sur les programmes du domaine d’apprentissage des sciences pour le cycle terminal de l’Education de Base.

Prévue pour la période du 17 au 29 septembre 2018, tous les jours de 8 heures à 16 heures avec une pause d’une heure à midi, la session de formation s’inscrit dans le cadre des réformes du système éducatif en République Démocratique du Congo : le secondaire général devra se transformer en cycle terminal de l’éducation de base qui auront les classes de 7ème et 8ème en lieu et place de 1ère et 2éme du secondaire général.

Cette session réunit toutes les écoles sur place en raison de deux enseignants par école dont l’un pour les mathématiques et l’autre pour les sciences. Elle se déroule dans deux sites dont un se situe en la salle de promotion du collège KIVUVU et comprend 102 participants dont 7 femmes

Pour mettre en œuvre cette réforme, se développe au niveau national le Projet d’éducation pour la qualité et la pertinence des enseignements aux niveaux secondaire et universitaire, « PEQPESU » en sigle. C’est un projet de 6 ans (2016-2021) financé par la Banque mondiale à hauteur de 200 millions de dollars américains dont 130 sonr un crédit et 70, un don. Ainsi, ce projet appuie cette réforme qui fait partie de sa première composante « Améliorer l’enseignement et l’apprentissage des mathématiques et des sciences dans l’enseignement secondaire général ».

Dès cette année scolaire 2018-2019, la 7ème année du cycle terminal de l’Education de Base fonctionne, mais les syndicats d’enseignants ne reçoivent que très peu d’informations et ne sont pas associés à son déroulement.

Les enseignants en formation ne bénéficient d’aucune quelconque prise en charge. C’est ainsi que l’Inspecteur principal provincial de l’enseignement qui organise la formation sur place a fait une correspondance aux écoles le mercredi 19 septembre, soit le troisième jour de la formation, pour demander aux chefs d’établissement de bien vouloir accorder mille francs congolais (0,61USD) à chaque enseignant par jour à titre de collation. « … Il est inhumain de laisser les enseignants ainsi sans rien prendre, a-t-il laché dans sa lettre !

Selon les rumeurs qui courent, le ministère national de l’Enseignement Primaire Secondaire et Professionnel aurait demandé aux gouvernements provinciaux de prendre en charge cette phase de généralisation de la formation des enseignants de la 7ème année, ce qui n’a pas été fait.

Pour cette réforme, il est prévu également d’étendre la gratuité de l’enseignement jusqu’à ce niveau d’enseignement, mais le chemin est  trop caillouteux, impossible de réaliser ce rêve sans une discipline financière conséquente. Augustin TUMBA NZUJI, Secrétaire Général de la FENECO/UNTC, n’a-t-il pas déclaré qu’on ne peut pas prétendre réaliser les réformes grande envergure avec l’argent du voisin ?

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