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Cameroun: des filles formées pour combattre les mariages précoces et forcés


A l'occasion de la septième édition de la Journée internationale de la Fille qui se célèbre ce jeudi 11 Octobre 2018, l'Association de Lutte contre les violences faites aux Femmes (ALVF) a organisé dans son siège un atelier de renforcement des capacités dans le but de former des filles à la lutte contre les mariages précoces et non consentis.

Cette organisation basée dans la ville de Maroua dans la région de l'Extrême-Nord, a à travers cette formation, donné l'opportunité à la vingtaine de filles formées, âgées de 10 à 18 ans, d'améliorer pour certaines et d'obtenir pour d'autres des connaissances en matière de planification et d'exécution des actions de sensiblisation pour l'éradication des mariages susmentionnés. Ces leaders outillés ont pour mission de sensibiliser, d'éduquer leur communauté sur les droits de la fille et de combattre cette pratique. Cette mission s'avère difficile dans un contexte social où les droits de la femme sont relégués au second rang. Les traditions et pratiques culturelles dans le septentrion n'intégrent pas l'égalité du genre. L'homme reste au dessus de la femme qui lui doit grande obéissance. D'après les us et coutumes dans cette partie du pays, la fille qui refuse d'aller en mariage chez le mari accepté par son père, déshonore la famille. Les mariages précoces et forcés trouvent dans cette "loi" tout leur fondement.

Des statistiques publiées par l'ONG Plan Cameroun, indiquent que 43% de femmes âgées de 25 à 29 ans au Cameroun se ont mariées avant 18ans. 27% de femmes mariées avant l'âge de 20ans, n'ont pu terminer le cycle primaire de l'éducation. Ces chiffres interpellent les uns et les autres sur l'immensité des efforts à fournir en matière de promotion de l'égalité du genre au Cameroun.

Selon Onu femmes, 12 millions de filles âgées de 18 ans au moins sont allés en mariages cette année. Le mariage précoce est donc un problème mondial qui necéssite une synérgie d'actions entre les décideurs politiques, les défenseurs de l'égalité du genre et toutes les autres parties prenantes.

Cette édition placée sous le thème : " Avec elle: encourager l'instruction et la qualification professionnelle des filles", n'a pas suscitée une attention particulière au Cameroun. L'actualité nationale étant marquée par les agitations de la phase postélectorale du scrutin présidentiel qui s'est déroulé le 07 Octobre dernier. Scrutin qui n'a d'ailleurs connu aucune candidature féminine.

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