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Les affrontements meurtriers entre les éleveurs nomades et les agriculteurs en Afrique de l'Ouest


La transhumance est un moment important pour les éleveurs des pays comme le Niger, le Mali ou le Burkina Faso puisqu'ils parcourent des kilomètres afin d'obtenir un peu d'herbes fraîches pour leurs bétails, principalement dans les pays côtiers comme le Bénin, le Togo ou la Côte d'Ivoire. La transhumance concerne des milliers de bovins. Toutefois, déplacer du bétail se révèle périlleux et pour les éleveurs, il apparaît comme difficile de maîtriser autant de bétail, créant ainsi des risques de dispersion et donc de conflits. Dans certains cas, les éleveurs choisissent de changer de couloirs de transhumance habituels, ce qui agrémente les tensions.

D'après le site des Nations Unies, les tensions grandissantes entre les certains agriculteurs et éleveurs nomades de l'Afrique de l'Ouest et du Centre conduisent à des affrontements meurtriers chaque année. En 2018, au moins 80 personnes en seulement une semaine dans le centre du Nigeria ont perdu la vie à cause des conflits fonciers entre les agriculteurs et les éleveurs nomades. Mais ces violences ne sont pas nouvelles, elles sont le fruit d'un problème de longue date, et que l'on peut apercevoir dans d'autres pays africains. Ces conflits à propos de la terre ont coûté plus de 1000 vies seulement en 2018 d'après les médias de la région.

Le chef de l'Organisation mondiale face à la montée des violences, a souhaité réagir dans un communiqué publié par son porte parole, où il exprime « sa profonde préoccupation face à la montée de la violence, au banditisme, à l'extorsion et au vol de bétail qui en résultent ». Mais le secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres, a lui aussi pris la parole, en exprimant fermement qu'il condamnait les pertes de vies humains, les pertes de biens mais aussi de moyens de subsistance. En outre, les déplacements de population amènent à désagréger les efforts pour la coexistence pacifique entre les différentes communautés de la région. Mais ces conflits affectent également directement la stabilité de la région. Afin d'y remédier, le secrétaire général des Nations Unies a pris contact avec tous les gouvernements des pays concernés, mais aussi les organisations régionales, la société civile et autres parties pouvant travailler afin de trouver une solution durable aux conflits fonciers.

En décembre 2019, le Bénin avait publié un arrêté interdisant la transhumance auprès de ses frontières. Mais entre le 1 mars 2020, un arrêté béninois a autorisé la transhumance des pasteurs nigériens au Bénin jusqu'au 30 avril. Cette mesure visait en particulier à réduire les conflits entre les éleveurs et les agriculteurs.

Quel est le cadre juridique qui réglemente les transhumances ?

En 1998, la Communauté économique des États de l'Afrique de l'ouest (CEDEAO), a adopté une décision réglementant la transhumance transfrontalière pour ses États membres. Mais cette décision apparaît aujourd'hui limitée voire inefficace, puisque chaque État côtier à la possibilité de prendre des décisions qui ne sont pas toujours en accord avec celles décidées par la CEDEAO. Certains textes sont ainsi jugés « inadaptés, non opérationnels et inapplicables » d'après Hamat Hassan Moussa. Selon lui, la CEDEAO « autorise la liberté de circulation pour les personnes et les biens et

au niveau de son espace. C'est valable aussi pour le système d'élevage. Le Bénin est le seul pays où on a rencontré cette situation d'interdiction ».

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Crédit image : Photo FAO/Giulio Napolitano

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