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Le Rapport Planète Vivante 2022 de WWF présenté à Yaoundé


Le Rapport Planète Vivante 2022 de WWF présenté à Yaoundé

 

Le « Rapport planète vivante 2022 » été présenté le 03 novembre 2022 à Yaoundé par les responsables locaux du Fond Mondial pour la Nature (Wwf). C’était au cours d’une rencontre avec les acteurs concernés par la question (Ong, associations, gics, partenaires techniques et financiers, médias). Il a été question d’analyser les indicateurs du Rapport planète vivant de Wwf 2022 sur l’état de la nature dans le monde avec un accent particulier sur la situation du Bassin du Congo et des actions qui y sont menées pour lutter contre le phénomène du changement climatique et de la perte de la biodiversité.

Le rapport, qui est un instrument d’aide à l’observation de la vitesse et de l’ampleur des changements affectant la biodiversité et leurs conséquences, sert également d’alerte précoce, s’agissant notamment les effets de la crise climatique et de la perte de biodiversité. Le rapport prévient que si rien n’est fait afin de limiter le réchauffement climatique à 1,5°C, ce phénomène deviendra la principale cause de perte de biodiversité au cours des prochaines décennies. Le rapport révèle qu’entre 1970 et 2018, l’on a observé une chute de 69% en moyenne des populations des animaux sauvages dans le monde. Le pourcentage est encore plus élevé en Amérique Latine avec 94%. Il est de 70% en Afrique sub-sahélienne. Quant-aux populations d’espèces d’eau douce, la tendance est la même avec une forte baisse de 83%.  

Les intervenants de la rencontre de Yaoundé dont le directeur du Bassin du Congo Martin Kabaluapa et le coordinateur régional Programme Forêt Wwf-Afrique centrale Belmond Tchoumba, se sont quant-à eux appesantis sur l’état de la biodiversité dans Bassin du Congo. Quelques chiffres ont également été avancées. Une perte de la population animale estimée à 30%. De 2004 à 2019, la population de singes dans le Parc national de Ntokou Pikounda au Congo a diminué de 50%. L'on note également la baisse de 40% de la production des cultures de bases. Les causes étant toujours les mêmes : déforestation, braconnage, culture intensive, industrialisation.

Les responsables de Wwf ont profité de l’occasion pour rappelées les actions déjà entreprises par Wwf pour y faire face. Il s’agit notamment en matière de monitoring  notamment dans le tridom (le Tri-national Dja-Cameroun, Odzala-Congo, Minkebe- Gabon) où 60% des sepèces ont déjà été inventoriés. Il y a également eu la mise sur pied le processus de cogestion de l’exploitation forestière (une approche pour inclure les communautés locales), des progrès effectifs en matière de stockage, la diversification de la communication, la création plateforme de communication dénommée « Moneytrees Cameroon » (l’arbre à argent), destinée non seulement à faciliter les échanges entre les potentiels investisseurs et porteurs de projets, mais également à la mobilisation de fonds.

D'après certains panélistes, ces efforts qui restent encore insuffisant nécessitent un soutien politique national et international plus conséquent. D’où le « Plaidoyer pour une Afrique résiliente face aux changements globaux » lancé par les participants à la veille de la Cop 27 en Egypte. Un plaidoyer qui propose de "décarboniser" tous les secteurs d’activités et "d’adopter de nouveaux  modes de production qui ne rejettent pas de CO2 dans l’atmosphère et qui ne détruisent pas la biodiversité de l’éco-système de la planète", expliquent-ils. Le plaidoyer propose ainsi de s’attaquer aux causes de la perte de la biodiversité, d’adapter les pratiques durables en matière de pêche, d’agriculture et de production industrielle. Il est question d’un changement social et transformationnel profond par la mise sur pied d’un système de production et de consommation responsable et durable et  basé sur : l’accès aux ressources naturelles par tous; le respect des droits des populations autochtones ; la production durable ; les actions sur le climat telles que la restauration des écosystèmes dégradés ; des actions sur la conservation sur la biodiversité. Ils réclament également la mise sur pied de mécanismes claires de payement pour les pertes et dommages subit par l’Afrique du fait de la pollution par l’Occident et compenser les mesures d’elle devra prendre pour réduire sa production en carbone.

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