Mediaterre

Etude de la FAO sur le VIH/SIDA et les forêts en Afrique australe



  • Les effets de la progression inexorable du VIH, et ses conséquences dans les ménages ruraux touchés, à savoir la désorganisation sociale et économique, les dépenses de santé excessives et enfin la perte des soutiens de famille, peuvent être atténués par l'apport en revenu, en nourriture et en médicaments des ressources forestières. C'est la conclusion d'une étude récente de la FAO, réalisée dans cinq communautés au Malawi et au Mozambique.

    En effet, l'étude montre que les ressources forestières permettent d'améliorer le revenu des ménages confrontés au décès d'un adulte en âge de travailler. La récolte du bois de feu peut être effectuée par les enfants et les femmes et demande très peu de main d'œuvre non spécialisée. Le bois de feu leur donne ainsi une possibilité tout au long de l'année d'obtenir des liquidités, car les marchés du bois de feu sont fermes quelle que soit la saison. Parfois, les ménages récoltent aussi des aliments sauvages et fabriquent des nattes et des paniers pour compléter leur revenu.

    En plus du revenu, les forêts fournissent aux ménages touchés des plantes médicinales qui leur sont indispensables. Les herbes trouvées dans les forêts ont été jugées efficaces pour traiter des infections liées au VIH/SIDA comme le muguet, l'herpès et le zona, et atténuer des troubles, comme la perte d'appétit, la nausée, la fièvre, la diarrhée et la toux. Alors que la région attend désespérément une extension de la couverture des services de santé biomédicaux, notamment de la thérapie antirétrovirale, les remèdes à base de plantes restent une option importante pour le traitement des symptômes du VIH/SIDA et des maladies associées qui prolifèrent en l'absence de thérapie antirétrovirale.

    Il ressort de l'étude que les ressources forestières, y compris les plantes médicinales, se sont épuisées beaucoup plus rapidement là où la prévalence du VIH était élevée. En outre, là où les forêts sont mal gérées, ces stratégies de lutte contre le VIH/SIDA sont menacées. La pénurie de ressources forestières destinées à la subsistance peut même créer des situations de vulnérabilité. Des interviews ont révélé que dans les endroits où le bois de feu était rare, le commerce du sexe était répandu, ce qui propageait encore plus l'épidémie, dans un cercle vicieux inexorable. L'étude indique donc que la gestion durable des ressources forestières est importante en soi pour atténuer les effets du VIH/SIDA.

    Source : FAO
    Partagez
    Donnez votre avis

    Conception & Réalisation : CIRIDD - © 2002-2021 Médiaterre V4.0