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Le raphia classé espèce végétale protégée à Bangangté (ouest-Cameroun)



  • C’est l’une des résolutions fortes prises par le peuple Bangangté au cours de leur 1er Congrès mondial dans la ville de Bangangté (ouest-Cameroun), les 08, 09 et 10 décembre 2017.

    En effet, le raphia ayant fait l’objet d’une exploitation sauvage par les populations pour la fabrication des cageots à tomates, les ressortissants de la localité de Bangangté réunis autour de leur Roi, Sa Majesté Nji Monluh Seidou Pokam, pour faire un état des lieux de leur culture et penser le développement de la région, ont pris la résolution d’inscrire le raphia dans le registre des espèces végétales protégées.

    Bien plus, il a été recommandé sa régénération dans les bas fonds de l’arrondissement de Bangangté.

    Le raphia (palmier malgache et africain de la famille des palmacées dont les feuilles fournissent des fibres textiles) est généralement rencontré le long des cours d'eau ou sur les terrains marécageux.

    Sa fibre est utilisée de multiples manières.

    Ses feuilles sont utilisées en couvertures de toitures, offrant ainsi une bonne épaisseur qui assure l'isolation et l'étanchéité.

    «Sous un toit à raphia, l’on ne ressent pas tomber la pluie. Il distille également un climat de fraîcheur dans la maison», a laissé entendre le paysan Joseph Martin Kameni présentant les vertus de cette espèce végétale qui mérite protection.

    Le palmier est utilisé dans le domaine culinaire et l’extraction d’un vin bio.

    La fibre issue des feuilles du palmier à raphia sert aussi au tressage d'objets traditionnels de décoration comme de petits animaux (crocodiles, girafes, tortues, éléphants, caméléons...), mais aussi de paniers, sets de table, nattes, boîtes, chapeaux…

    En vue de leur enracinement identitaire et du développement durable de la communauté, les Bangangté ont pris bien d’autres résolutions : le relèvement du taux d’accès aux latrines modernes et écologiques de 30 à 50% d’ici 2019, l’interdiction de l’agriculture sur brûlis dans la localité, la consignation par écrit de tout ce qui relève de la culture bangangté pour les générations futures, la mise en œuvre des microprojets de fabrication d’emballages et de transformation locale de la tomate cultivée en grande quantité par les populations, le retour au strict respect des rittes d’enterrement et de mariage, l’exigence de parler la langue vernaculaire aux enfants et l’imposition de la langue bangangté comme moyen d’expression dans les associations communautaires,

    Ce grand forum de trois jours a connu une grande mobilisation : 20 000 congressistes dont près de 500 Bangangté (natifs de cette région) de la diaspora en provenance des États-Unis, de la France, de la Chine, de l’Allemagne, du Canada, de la Belgique, de la Turquie et bien de pays africains.

    L’objectif du 1er Congrès mondial du peuple Bangangté placé sous le thème : «Tous unis derrière le Roi pour développer Bangangté» était, selon les organisateurs, de rassembler les fils et filles de l’intérieur et de l’extérieur du Cameroun du Groupement autour de leurs valeurs socioculturelles pour un nouvel élan de solidarité ouvrant les portes du développement durable de toute la communauté.

    À l’occasion, la maire de la commune de Bangangté, Célestine Ketcha Courtès, par ailleurs Reine-mère (Mafeun), a animé une conférence-débat axée sur le sous-thème : «Le réveil social et environnemental».

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