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Positions de négociation de l'Afrique à la COP19



  • La CEA favorable au renforcement des positions de négociation de l'Afrique à la COP19 - La Commission économique pour l'Afrique (CEA) plaide pour un renforcement des positions de négociation de l'Afrique à la Conférence des parties de la convention cadre des Nations unies sur les changements climatiques (COP19) qui se tient actuellement à Varsovie, en Pologne.


    La CEA, structure d'appui des pays africains dans la recherche et la formulation des politiques en matière de climat, soutient le renforcement des positions de négociation de l'Afrique et se félicite des réunions préparatoires de la COP, notamment la Conférence des ministres africains de l'environnement à Gaborone, au Botswana, et la troisième Conférence annuelle sur les changements climatiques et le développement en Afrique (CCDA III), a Addis-Abeba, en octobre.

    A la CCDA III, M. Carlos Lopes, le secrétaire exécutif de la CEA, a mis en garde contre le fait que "l'Afrique est prise dans le carcan des négociations mondiales sur les changements climatiques qui, pour l'essentiel, répondent dans une large mesure à des intérêts mondiaux extérieurs", indiquant qu'un début de solution ne serait trouvé que lorsque l'Afrique "affermirait ses propres vues sur la façon de faire en sorte que ce soient les intérêts du continent d'abord".

    Pour M. Carlos, "Les changements climatiques offrent au Continent un éventail de possibilités d'investissement incroyables qui peuvent rapporter gros".

    Il suggère "une politique africaine sur le climat et le développement" pouvant permettre de répondre aux vulnérabilités exceptionnelles et d'exploiter les opportunités uniques auxquelles il fait face tout en le mettant en position d'influer les négociations et les résultats".

    Se fondant sur cette déclaration, Mme Fatima Denton, la coordinatrice du Centre africain de la politique en matière de climat (ACPC) et directrice par intérim de la Division des initiatives spéciales de la CEA, appelle à l'amplification parmi les Africains d'un élan pour un nouveau discours sur le changement climatique.

    Commentant le discours de M. Carlos, Mme Denton a indiqué que ce nouveau récit "est celui qui, tout en acceptant la réalité du changement climatique, met en retrait les lamentations sur ses effets disproportionnés sur l'Afrique, pour appuyer ce que les scientifiques et les décideurs politiques Africains peuvent faire, et font pour adapter ou atténuer ses impacts'.

    Outre la CCDA III, la conférence des ministres de l'environnement tenue à Gaborone a permis d'adopter une position commune comme base pour les négociations sur le renforcement du régime international sur les changements climatiques à travers la mise en oeuvre intégrale, effective et continue de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC ) et le Protocole de Kyoto (PK ).

    Les ministres africains ont également réaffirmé que l'objectif mondial à long terme doit inclure des engagements d'atténuation ambitieux de la part des parties de l'Annexe I (NDLR : pays développés et grands pollueurs), à court, moyen et long terme, reflétant leurs responsabilités historiques et une contribution équitable et appropriée à l'effort mondial.

    Ils ont notamment appelé à la mise à disposition de moyens adéquats de mise en oeuvre pour permettre à l'Afrique de répondre à ses besoins d'adaptation en particulier, y compris le financement, le transfert de technologie et le renforcement des capacités, sujets ayant servi d'arguments de base dans l'agenda de l'Afrique à pratiquement tous les COP de la dernière décennie.

    D'autres appels ont aussi été lancés vers les parties des pays développés pour intensifier de toute urgence un soutien à la mise en oeuvre de mesures d'adaptation et des plans nationaux d'adaptation, notamment à travers le Cadre d'adaptation de Cancun et le Programme de travail de Nairobi.

    A Varsovie, fait-on remarquer,  "l'Afrique veut également que les pays développés soutiennent et accélèrent les travaux pour comprendre, réduire et compenser les pertes et préjudices liés aux effets néfastes du changement climatique, notamment ses répercussions sur l'agriculture".

    En outre, les ministres africains ont appelé à la création d'un organe permanent et structuré avec des facilités techniques et financières, un mandat clair, des points focaux nationaux compétents et un fonds d'affectation spécial pour remédier aux pertes et préjudices.

    Pour Tom Owiyo, un expert spécialiste de l'agriculture au CAPC, "la plupart de ces questions a été largement traité au CCDA III, une conférence ayant servi de plateforme pour une relecture des questions critiques concernant les négociations, visant à rassembler les contributions d'un public plus large à travers l'Afrique, ainsi qu'à affiner les positions scientifiques éclairées sur un certain nombre de pistes de négociation.

    La CEA, rappelle-t-on, soutient les pays africains dans la recherche et la formulation des politiques en matière de changement climatique, à travers le CAPC, initiées par la Commission de l'Union africaine, la BAD et la CEA.

    Pana 19/11/2013,

    Afriquejet.com

    [COP19-climat]
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