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Un groupe d'experts suggère les conditions à mettre en oeuvre pour le succès des ODD en Afrique



  • Un panel d’experts débattant à Kinshasa (RD Congo) à l’occasion de la 10ème édition de la Conférence économique africaine (AEC) du thème portant sur les : « perspectives des parties prenantes concernant la lutte contre la pauvreté et l’inégalité en Afrique (séance plénière 5) » ont énuméré une série de conditions à mettre en œuvre pour le succès des Objectifs du développement durable (ODD) adoptés par l’Assemblée générale des Nations unies en septembre 2015.

    Tous les experts se sont d’emblée félicités des progrès réalisés en Afrique grâce aux Objectifs du millénaire pour le développement (OMD).  Evoquant le succès mitigé des OMD dans certains secteurs en Afrique, Jean Baptiste Ntagoma, professeur à l’Université de Bukavu et Conseiller principal du Premier ministre congolais pour les questions stratégiques et de prospective a reconnu qu’au moment du lancement des OMD en 2000, l’Afrique accusait un très grand retard sur plusieurs indicateurs par rapport à d’autres continents. L’immensité des reformes à réaliser justifie certaines contre performances, selon lui.

    « Maintenant que le continent a rattrapé son retard dans certains secteurs, il est possible de réussir avec beaucoup de succès les ODD », a déclaré le Pr Ntagoma. Les conditions pour y parvenir à son avis consistent à améliorer la gouvernance et impliquer davantage le secteur privé dans le développement à travers la mise en œuvre des grands projets économiques. A son avis, la généralisation des partenariats publics-privés sont un bel exemple pour relancer les économies africaines, créer des riches, des emplois et soutenir une croissance économique robuste qui a une incidence réelle sur la population.

    Le professeur Ntagoma a insisté sur une réelle volonté politique et une bonne qualité des statistiques car l’Afrique, a-t-il dit, manque de statistiques de qualité.

    Honoré Njibikila Nkonka, un des responsables du patronat  de la République démocratique du Congo (RDC) a également plaidé pour une grande implication du secteur privé. « Nous sommes le moteur de la croissance. Il faut un cadre légal de concertation pour réunir les conditions de création de richesses et donc de la croissance qui a un impact direct sur les populations les plus vulnérables grâce à la création des emplois directs et indirects », a affirmé M. Njibikila Nkonka. L’homme d’affaires a également plaidé pour des investissements massifs dans le capital humain, c'est-à-dire la formation des élites mais aussi des ouvriers qualifiés dans tous les secteurs.

    Professeur à Science Po Paris, Benoit Chevalier a rappelé que le continent africain réuni tous les atouts pour réussir son agenda post 2015. Le continent doit cependant « prendre le risque de bousculer ses habitudes », a-t-il suggéré. « L’Afrique doit rompre par exemple avec l’exportation des matières premières brutes. Il est temps de mettre en place des politiques courageuses de transformation locale de ces matières pour créer plus d’emplois, davantage de plus-value et donc de richesses », a-t-il insisté. L’universitaire français a pris pour exemple la Côte d’Ivoire, premier producteur mondial de cacao qui vient de lancer une politique nationale de transformation locale de ses fèves de cacao.

    Elisabeth Lwanga Nanziri, membre d’une association des économistes africains a de son côté estimé que les dirigeants du continent ne doivent plus tenir à l’écart la société civile. Car, a-t-elle expliqué, les actions de la société civile touchent directement les populations cibles, les personnes marginalisées.

    Coordonnatrice résidente des Nations Unies en Guinée Equatoriale, Coumba Mar Gadio a pour sa part insisté sur l’aspect genre. « On ne pourra pas réussir les ODD si les politiques et les programmes mis en œuvre ne tiennent pas compte de l’aspect genre », a-t-elle prédit. Selon Mme Mar Gadio, plusieurs études ont démontré que les femmes représentent 70% de la force de travail en Afrique et produisent 40 à 50% de la nourriture consommée dans le continent. L’exclusion des femmes fait perdre environ 4% du PIB en Afrique, a-t-elle rappelé citant une étude réalisée récemment par le PNUD.

    Mme Mar Gadio terminé par une suggestion forte : « il faut intégrer les indicateurs du genre dans le suivi des ODD, les politiques publiques et veiller à l’insertion des femmes dans tous les secteurs productifs ».

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