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Bulletin bimestriel : Catastrophes naturelles, mieux vaut s'adapter que subir



  • Par Denis Plante

    Au Québec et au Canada, comme partout ailleurs sur notre planète, les catastrophes naturelles ont toujours existé mais sont maintenant plus nombreuses qu’avant (de 150 à 300 d’événements majeurs depuis 40 ans) de par leur intensité. Les aléas recensés deviennent plus fréquents et dévastateurs, en grande partie à cause des changements climatiques. Les impacts de ces catastrophes comme les inondations, les sécheresses, la chaleur extrême et les feux de forêts, se mesurent en coûts sociaux, environnementaux et économiques.

    Au Québec et au Canada : des catastrophes sévères plus fréquentes

    Depuis un an, le Québec et le Canada ont été victimes d’incidents majeurs qui ont causé des dégâts considérables et perturbé la vie de dizaine de milliers de citoyens. Les feux de forêts de ville de Fort McMurray, évacuée de ses 75 000 habitants, les vagues importantes et débordements côtiers de même que les fortes précipitations de neige à répétition dans les provinces atlantiques et les inondations récentes au Québec témoignent d’un changement significatif dans l’espace canadien.

    À une récente rencontre organisée par l’ONU et le Canada à Montréal, soit la Table régionale sur la réduction des risques des catastrophes dans les Amériques, il a été établi que ces risques sont les plus importants, après les guerres civiles, pour les infrastructures et les personnes. La vulnérabilité des populations, de par le monde, demeure variable. Elle est clairement associée au développement économique et social, en termes d’aménagement du territoire, de croissance démographique, de pauvreté et de moyens d’atténuation. On ne peut faire obstacle aux catastrophes mais on doit cependant en faire une gestion de risques responsable. En somme, il faut se préparer au pire. Le Canada et le Québec disposent des ressources pour le concrétiser.  

     

    Des impacts majeurs sur la société et la vie des citoyens

     

    Il est démontré que les changements climatiques viennent amplifier les effets des catastrophes naturelles. Des facteurs tels que la hausse des températures, la teneur en eau dans l’atmosphère et le réchauffement à la surface des océans représentent autant de facteurs propices à des événements météorologiques extrêmes.

     

    En 2016, selon l’entreprise de réassurance suisse Munich Ré, la croissance des aléas a porté le coût économique mondial à 220 milliards de dollars et provoqué la mort de plus de 10 000 personnes. Au Canada et au Québec, les pertes chiffrées en milliards de dollars pour la dernière année ont mis à mal les infrastructures publiques de même que la vie et le bien-être des personnes. Au-delà des considérations économiques, les conséquences sociales sont marquantes. Au Canada et au Québec, des dizaines de milliers de citoyens ont été éprouvés, en 2016 et 2017, par les déplacements, la perte de biens, le stress (conséquences psychologiques) et parfois des problèmes de santé. Les récentes inondations au Québec, dont Montréal, ont touché, en moins de 48 heures, 175 municipalités, 4700 maisons et 4 000 personnes contraintes au déplacement temporaire dans des conditions difficiles. Il s’agit ici d’une atteinte à la cohésion sociale dont il faut rendre compte.

     

    Adaptation et prévention : urgence d’agir

     

    La conférence de Paris sur les changements climatiques de décembre 2014 avait déjà indiqué que l’on devait planifier rapidement des mesures de prévention et d’adaptation. Il va de soi que nos gouvernements, nos entreprises et nos experts en la matière doivent réunir les ressources nécessaires pour réduire les risques face à ces événements.

    Des propositions et des initiatives ont récemment été soumises dans notre pays afin permettre la mise en place de mesures de prévention et d’adaptation accrues. Au Canada, le Conseil national de recherches s’est engagé à développer des solutions novatrices qui intégreront les chocs climatiques dans les infrastructures et les immeubles.

    Au Québec, le Regroupement des organismes de bassins versants recommande qu’on leur confie la gestion intégrée des cours d’eau afin de contrer ces débordements. La restauration de milieux humides (rétention de l’eau), la délimitation de zones inondables et la réalisation de jardins urbains s’imposent. À ce titre, il faut disposer de données fiables et centralisées et informer la population afin de les mobiliser au moment opportun.

    Source : GaïaPresse

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