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Le Canada a les moyens de réduire de 80 % ses GES, selon des chercheurs



  • Il est possible pour le Canada d’atteindre l’objectif ambitieux de réduire les émissions de GES liées à l’énergie de 80 % d’ici 2050, sans affecter l’accessibilité à l’énergie pour les consommateurs, selon des chercheurs montréalais.

    Dans un rapport intitulé «Perspectives énergétiques canadiennes 2018» publié le 19 septembre, les chercheurs de l’Institut Trottier de la Polytechnique et du Pôle e3 du HEC ont évalué le coût et l’impact de diverses trajectoires visant à atteindre les objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre à moyen et à long terme.

    Produit avec la collaboration de la firme ESMIA, ce rapport projette l’évolution jusqu’en 2050 de la production et de la consommation d’énergie du Canada, comparant quatre scénarios de réduction d’émissions de gaz à effet de serre (GES) à un scénario de référence. Il est le premier de ce genre depuis plus d’une décennie couvrant le Canada.

    Les divers scénarios analysés suggèrent que l’économie canadienne pourrait soutenir et même bénéficier d’une lutte aux changements climatiques plus efficace. Toutefois, les mesures actuelles prises par le Canada sont nettement insuffisantes, affirment les chercheurs.

    En effet, il est déjà établi que le Canada ne sera pas en mesure d’honorer son objectif pour 2030, c’est-à-dire de réduire de 30% le niveau d’émission par rapport à 2005.

    La trajectoire actuelle ne s’accorde pas non plus avec la cible de réduction de 80% des émissions de GES pour 2050, ainsi que les objectifs intermédiaires des gouvernements fédéraux et provinciaux.

    «Quelle que soit la trajectoire choisie, il semble évident que la discussion doit aller bien au-delà des débats sur la tarification du carbone ou sur les pipelines», affirme M. Mousseau, directeur académique de l’Institut de l’énergie Trottier. Selon le rapport,  les émissions de GES liées à l’énergie représentent 81,3% des émissions totales de GES du Canada.

    Transformation majeure

    Les trajectoires étudiées montrent que la transition est possible, mais qu’une transformation majeure serait nécessaire.

    Pour arriver à réduire ses émissions, plusieurs scénarios de transition suggèrent que le Canada ferait face à une augmentation de la demande en électricité, ce qui entraînerait des investissements massifs pour produire, distribuer et utiliser cette forme d’énergie.

    En parallèle, le secteur du pétrole et du gaz devrait réduire ses émissions et même, dans certains cas, le niveau de production. Selon le rapport, cette situation obligerait certaines provinces à reconfigurer une partie de leur économie et à recycler leur main d’œuvre.

    D’autre part, la plus importante diminution projetée des besoins en énergie concerne le secteur des transports. Ceci s’explique par d’importants gains d’efficacité énergétique liés notamment à l’utilisation accrue de moteurs électriques en remplacement de moteurs à combustion interne.

    Les chercheurs affirment tenir compte des particularités de chaque province dans l’analyse des différents scénarios.

    Le résumé du rapport est disponible en français ici

    Le rapport complet est disponible en anglais ici. Le rapport complet en français à venir sous peu.

    (Photo: Pixabay)

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