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    Dégradation des terres et pauvreté au Sahel et en Afrique de l’Ouest

    par kindo harouna, CILSS-IEPF le 10/08/2007 | Rubrique: Contributions | Portail : Afrique de l'Ouest
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    Dégradation des terres et pauvreté au Sahel et en Afrique de l’Ouest

    Les ressources naturelles en Afrique de l’Ouest et plus particulièrement au Sahel constituent la base de la vie quotidienne des hommes. Au Sahel, sept (7) personnes sur dix (10) vivent aujourd’hui encore en milieu rural, et près de 80% de cette population rurale vivent dans des zones hyper-arides, arides ou semi-arides.

    Les économies sahéliennes sont fondées essentiellement sur l’exploitation des ressources naturelles. L’activité des hommes (production agricole et alimentaire, satisfaction des besoins énergétiques) et parfois même leur survie dépendent en très grande partie des capacités de la nature, c’est-à-dire des réserves en ressources naturelles. Dans le milieu rural, 95% de la population exploitent des terres vulnérables à la désertification, et parmi eux 62%, soit plus de 27 millions de personnes, vivent en dessous du seuil de pauvreté. Conséquence : la pauvreté et la dégradation des ressources naturelles forment ensemble un cercle vicieux.

    A l’avenir, la mise en valeur des ressources naturelles demeurera toujours un des principaux enjeux de développement des pays du Sahel et d’Afrique de l’Ouest. En effet, l’exploitation des ressources naturelles constitue à la fois un important levier pour l’amélioration des revenus des familles pauvres, un enjeu d’aménagement du territoire et un défi en termes de préservation des ressources renouvelables.


    Investir aujourd’hui dans la lutte contre la désertification


    Pourquoi faut-il investir aujourd’hui dans la lutte contre la désertification, surtout dans les zones arides ? En Afrique, on estime qu’il y a environ 40 millions de personnes qui sont menacées par la désertification, et l’on atteindra le double dans 25 ans, si la population croît à ce rythme et si aucune action vigoureuse n’est entreprise pour freiner ce processus. Cette tendance sera renforcée par les instabilités politiques, les migrations, les fluctuations des prix agricoles et surtout les changements climatiques. Par ailleurs, on note que depuis une vingtaine d’années en Afrique, les investissements dans l’agriculture, quelle que soit leur origine, sont en baisse. Or, il est reconnu qu’investir dans les terres arides est non seulement rentable au plan économique, mais nécessaire au plan social si l’on veut faire reculer la pauvreté.

    Si l’on s’intéresse en particulier au cas des zones arides, on constate que leurs ressources naturelles se dégradent depuis plus de trente ans en raison de la pression humaine sur le milieu naturel et des crises climatiques telles que les sécheresses prolongées.

    Cette dégradation conduit à des pertes de plusieurs centaines de millions d’hectares et à des situations de pauvreté de plus en plus graves pour des centaines de millions de personnes. Il est urgent que des mesures d’atténuation de ce phénomène soient prises et renforcées.

    Au-delà de la fourniture de sols, de végétation, d’eau et d’éléments nutritifs pour les activités agro-pastorales, donc à l’économie, les écosystèmes des terres arides rendent des services à l’environnement et à la société : séquestration du carbone, contribution à la biodiversité végétale et animale, fourniture de zones de loisirs et de tourisme, amélioration de la qualité de la vie. Pour toutes ces raisons, ils méritent d’être protégés.

    Comme on le constate, les zones arides offrent des opportunités majeures. En effet :
    les investissements publics ont des gains de retour favorables dans les zones arides. Des preuves suffisantes (cf. Etudes Sahel , 2006) existent pour soutenir que les zones arides sont potentiellement productives et que dans plusieurs régions, cette performance a crû au cours des 25 dernières années. La croissance de la densité démographique ne provoque pas nécessairement la dégradation et la pauvreté ;

    les zones arides sont le foyer d’une formidable biodiversité dont les potentialités restent encore inexploitées. La diversité biologique des zones arides revêt une importance particulière parce qu’elle renferme plusieurs espèces à caractère unique. Elles offrent d’importantes potentialités pour l’écotourisme et la gestion de la faune sauvage. Ces zones produisent également des ressources agricoles et fourragères, des produits forestiers, de l’eau, de l’énergie et des éléments minéraux. On peut exploiter certaines ressources des zones arides pour l’amélioration de la production agricole. Il s’agit en l’occurrence de l’énergie solaire, des ressources hydrauliques en surface et souterraine, des minéraux (Maina, 2005).

    En résumé, la dégradation de ces écosystèmes cause des dommages en termes économiques, sociaux et environnementaux. C’est pour cela que prévenir leur dégradation et restaurer le capital naturel dégradé devraient figurer parmi les priorités nationales et internationales dans le contexte du respect des Objectifs du millénaire pour le développement adoptés en 2000. Or, l’évaluation faite par le Millenium Ecosystem Assessment indique sans ambiguïté que la dégradation des zones arides, semi-arides et sub-humides sèches empêchera d’atteindre ces objectifs.


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