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Effets néfastes des néonicotinoïdes sur les pollinisateurs et les invertébrés aquatiques



  • Deux études, l’une canadienne et l’autre britannique, publiées dans la revue Science du 30 juin dernier, concluaient que certains néonicotinoïdes causaient une diminution de la fertilité et une augmentation de la mortalité hivernale chez des colonies d’abeilles domestiques et sauvages. Le 19 septembre 2017, des scientifiques de différents pays travaillant au sein d’un groupe de travail de l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), se sont réunis à Ottawa pour convaincre les parlementaires canadiens que les néonicotinoïdes devaient être réglementés, non seulement parce qu’ils ont un impact sur les pollinisateurs, mais parce qu’ils ont aussi des impacts nocifs sur les invertébrés aquatiques.

    Ces pesticides agricoles, connus aussi sous l’abréviation de « neonics », sont conçus à base de nicotine et servent à éradiquer des insectes comme les pucerons, les limaces et les punaises, dans les champs de grandes cultures mais aussi dans les vergers. Ils sont souvent utilisés de manière préventive pour enrober les semences. Or, lors de la pousse des plants, leurs feuilles, leurs tiges et leurs nectars sont intoxiqués par ces néonicotinoïdes.

    La première étude, menée par Ben Woodcock du Centre for Ecology and Hydrology, au Royaume-Uni, avait été réalisée sur onze sites répartis dans trois pays, soit l’Allemagne, la Hongrie et le Royaume-Uni. Ce sont plusieurs dizaines d’hectares de cultures du colza, traitées avec le clothianidine ou thiaméthoxame, un néonicotinoïde, qui avait alors été testée, en comparant cette culture à une culture témoin non traitée. Pour chacun de ces champs, l’état de santé de l’abeille domestique (Apis mellifera), du bourdon terrestre (Bombus terrestris) et de l’osmie rousse (Osmia bicornis) a été documenté sur une période allant de un an à deux ans.  

    La seconde étude publiée par Sience, l’étude canadienne, avait été menée sous la direction de Nadejda Tsvetkov, de l’Université de York, à Toronto. Elle avait conclu que bien que le maïs soit pollinisé par le vent et non par les insectes pollinisateurs, les colonies proches des exploitations traitées étaient plus exposées aux néonicotinoïdes que les colonies éloignées.

    Bien que les impacts sur le potentiel reproducteur de ces insectes aient connu des variations selon les espèces et les régions du monde étudiées, ces deux études concluaient que l’impact sur les pollinisateurs était globalement négatif et que la longue persistance de ces pesticides de nouvelle génération conduisait à une contamination des sols et des cultures ultérieures.

    Cette semaine, le 19 septembre 2017, des scientifiques de différents pays du monde, qui travaillent au sein d’un groupe de travail de l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), se sont réunis à Ottawa, la capitale canadienne, pour convaincre les parlementaires que les néonicotinoïdes doivent être réglementés, non seulement parce qu’ils ont un impact sur les pollinisateurs, mais parce que lorsqu’ils sont lessivés par les pluies, ils migrent vers les cours d’eau et ont aussi des conséquences nocives sur les invertébrés aquatiques.

    Comme le rapporte François Pierre Dufault : « Depuis 2013, l'Union européenne interdit l'utilisation des trois néonicotinoïdes les plus populaires dans tous les champs qui attirent les abeilles et elle prévoit élargir l'interdiction à d'autres cultures. La France se prépare à bannir complètement la substance du pays dès l'an prochain ».

    Pour en savoir plus :

    B. A. Woodcock et als., «Country-specific effects of neonicotinoid pesticides on honey bees and wild bees», Science, 30 June 2017, vol. 356, Issue 6345, p. 1393-1395, [en ligne: http://science.sciencemag.org/content/356/6345/1393 ]

    N. Tsvetkov et als., «Chronic exposure to neonicotinoids reduces honey bee health near corn crops», Science, 30 June 2017, vol. 356, Issue 6345, p. 1395-1397, [en ligne: http://science.sciencemag.org/content/356/6345/1395]

    Stéphane Foucart, «Deux études à grande échelle confirment les dégâts des néonicotinoïdes sur les abeilles», Le Monde, 29 juin 2017, [en ligne : http://www.lemonde.fr/planete/article/2017/06/29/deux-etudes-a-grande-echelle-confirment-les-degats-des-neonicotinoides-sur-les-abeilles_5153318_3244.html#Qd5523j3RZfeGojo.99 ]

    François Pierre Dufault, «Les néonicotinoïdes menacent aussi la vie aquatique, selon des chercheurs», Radio-Canada, 19 septembre 2017, [ en ligne : http://beta.radio-canada.ca/nouvelle/1056793/neonicotinoides-insecticides-pesticides-menace-abeilles-poissons-aquatique-scientifiques-atlantique]

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