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La Commission saisit la Cour de justice à propos du traitement des eaux résiduaires en Grèce

Reference:  IP/06/878    Date:  29/06/2006
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IP/06/878

Bruxelles, le 29 juin 2006

La Commission saisit la Cour de justice à propos du traitement des eaux résiduaires en Grèce

La Commission européenne a engagé devant la Cour une action visant la Grèce, qui n’assure pas comme il convient le traitement des eaux urbaines résiduaires dans vingt-quatre villes du pays. Le problème aurait dû être réglé avant la fin de l’année 2000. L'absence de traitement met en danger la santé des populations concernées, les eaux usées non traitées pouvant contenir des bactéries et des virus dangereux. Ces eaux contiennent également des nutriments tels que l’azote et le phosphore, susceptibles de nuire au milieu marin en favorisant la prolifération d’algues qui étouffent les autres formes de vie.

La directive relative au traitement des eaux urbaines résiduaires[1] exige que les agglomérations de plus de 15 000 habitants soient équipées d’un système de collecte des eaux urbaines résiduaires et d'installations soumettant ces eaux à un traitement secondaire (traitement biologique) permettant de les dépolluer avant leur rejet en mer ou dans des eaux douces. Le 31 décembre 2000 était la date butoir pour la mise en service de ces infrastructures.

Or les systèmes de collecte des eaux résiduaires et les installations de traitement secondaire font toujours défaut dans vingt-quatre villes grecques de 15 000 habitants ou plus. Voici les villes concernées: Artemida, Rafina, N.Makri, Koropi, Markopoulo, Megara, N. Kydonia, Malia, Chrysoupoli, Porou-Galata, Tripoli, Katerini, Preveza, Litohoro, Zante, Alexandreia, Lefkimi, Nafpaktos, Igoumenitsa, zone touristique de Thessalonique, Héraklion, Edessa, Kalymnos et Paroikia (Paros).

Ces vingt-quatre villes ne sont pas équipées d’un système de collecte des eaux résiduaires bien que la Grèce, remplissant les conditions d’admissibilité, ait bénéficié au titre des Fonds structurels et du Fonds de cohésion d’un important concours destiné à l’amélioration de son infrastructure environnementale. Chacun sait que le traitement adéquat des eaux résiduaires contribue largement à la prospérité du tourisme, secteur clé de l'économie hellénique.

En juillet 2005, la Commission a envoyé à la Grèce un dernier avertissement écrit concernant cette violation de la directive. Il ressort des informations figurant dans la réponse des autorités helléniques que les procédures d’autorisation pour la construction de l’infrastructure nécessaire n’avaient même pas encore été lancées dans certaines agglomérations de l’est de l'Attique (Artemida, Rafina, N. Makri, Koropi). Dans la plupart des autres agglomérations, la construction est en cours, mais il faudra du temps avant que les systèmes de collecte et de traitement des eaux soient pleinement opérationnels.

Étant donné les risques potentiels de cette situation pour la santé humaine et pour l'environnement, la Commission a décidé de poursuivre la Grèce devant la Cour de justice.

Procédure juridique

L’article 226 du traité habilite la Commission à entamer une procédure contre un État membre qui manque à ses obligations.

Si la Commission considère qu’une infraction au droit communautaire justifie l’ouverture d’une procédure d’infraction, elle adresse à l’État membre concerné une «lettre de mise en demeure» (premier avertissement écrit), l’invitant à présenter ses observations dans un délai déterminé, généralement deux mois.

En l’absence de réponse ou si la réponse fournie par l’État membre n’est pas satisfaisante, la Commission peut décider d’adresser à ce dernier un «avis motivé» (dernier avertissement écrit). Elle y expose clairement et intégralement les raisons pour lesquelles elle estime qu’il y a eu infraction à la législation communautaire et appelle l’État membre à remédier à la situation dans un délai déterminé, généralement deux mois.

Si l’État membre ne se conforme pas à l’avis motivé, la Commission peut décider de porter l’affaire devant la Cour de justice. Si la Cour constate qu’il y a eu infraction au traité, l’État membre en cause est tenu de prendre les mesures nécessaires pour se mettre en conformité.

L’article 228 du traité habilite la Commission à poursuivre un État membre qui ne s’est pas conformé à un arrêt de la Cour de justice des Communautés européennes. Cet article permet également à la Commission de demander à la Cour d’imposer des sanctions financières à l’État membre concerné.
Les statistiques relatives aux procédures d’infraction en général peuvent être consultées à l’adresse suivante:

http://ec.europa.eu/secretariat_general/sgb/droit_com/index_en.htm#infractions


[1] Directive 91/271/CEE