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Pollution intérieure et risques pour la santé



  • [CMPCN08]Marie-Christine Blandin, sénatrice française des Verts, a présenté jeudi à la presse un volumineux rapport de l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques, fruit d'un travail de deux ans. Pour illustrer son propos, elle avait posé sur la table des lingettes, du gel douche, du démaquillant, de la crème de jour, ainsi que de la peinture, du dissolvant et du formol, « un cancérogène vendu en litre ». « Tous ces produits, dont les notices sont à peine lisibles ou inexistantes (lingettes), diffusent dans l'air ambiant des substances particulièrement nocives pour les populations fragiles », a-t-elle souligné.
    Comme pour tout produit toxique, le risque pour les femmes, notamment pendant la grossesse, ainsi que pour les enfants en bas âge, qui restent à la maison, est plus important. Ainsi, une étude de 2005 a trouvé des substances chimiques dangereuses dans le sang d'un cordon ombilical, telles que pesticides, phtalates, retardateurs de flamme bromés, provenant des moquettes, casseroles anti-adhésives, vêtements imperméables, papier peint ou vernis à ongles.
    « Il y a un cocktail détonnant dans la maison », affirme-t-elle, insistant notamment sur les éthers de glycol, des solvants dont il existe des dizaines de dérivés et qui sont « présents dans de larges gammes de produits de consommation courante » - peintures, vernis, produits d'entretien, produits phytosanitaires, produits cosmétiques, voire... médicaments.
    Le rapport souligne encore que « chacun est conduit à respirer du formaldéhyde chez lui ou sur son lieu de travail ». On trouve ce produit hautement cancérogène notamment dans la colle pour moquette ou dans un meuble constitué de panneaux de bois aggloméré.
    Dans l'armoire de la salle de bains, le rapport pointe les cétones, parabènes, éthers de glycol ou allergisants, cachés dans les dissolvants ou les teintures capillaires. Même tableau dans le placard du bricoleur, avec des éthers de glycol, du formaldéhyde, des cétones ou des terpènes.
    Quant aux produits de jardinage, ils se donnent une image verte à bon compte sous le nom de « produits phytosanitaires », voire « phytopharmaceutiques ».

    Actions et gestes simples
    Madame Blandin souhaiterait plus d'innovation de la part des entreprises pour la création d'une « chimie verte », et demande à l'Etat, plus de « précaution », avec retrait d'un produit même si l'on n'est pas sûr des risques, davantage de fonds pour la recherche, et la publication de « valeurs guides d'émissivité ».
    Elle attend aussi du grand public des « gestes simples », comme ouvrir grand les fenêtres tous les jours et respecter les règles d'usage, en prêtant l'oreille aux « lanceurs d'alerte ». « Il faut que les gens comprennent qu'on est entourés de produits pas anodins’, dit-elle. Selon l'Organisation mondiale de la santé, 24% des maladies sont causées par des expositions environnementales qui pourraient être évitées.
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