Maroc : Un schéma directeur d'aménagement urbain optimiste pour Casablanca en 2008



  • Après plusieurs années d'étude et de concertation, l'Agence urbaine de Casablanca (AUC) rendra publics en début 2008 le nouveau Schéma directeur de l'aménagement urbain (SDAU) ainsi que les moyens de sa mise en œuvre. En effet, le wali de la région, Mohamed Kabbaj a présenté récemment au comité stratégique de pilotage, le plan stratégique de développement de la wilaya du Grand Casablanca, qui sera traduit en SDAU.

    Elaboré par l'AUC en collaboration avec l'Institut d'aménagement et d'urbanisme de la région Ile de France (IAURIF), ce plan vise à définir une stratégie et des actions de développement de la région pour les vingt prochaines années. Pour y arriver, il préconise l'unification de toutes les forces vives de la région. La mise à niveau de la ville concernera ainsi quatre grands chantiers et non des moindres. Il s'agit respectivement des problèmes liés à la vie sociale, à l'environnement, aux infrastructures structurantes et à l'aspect économique de la région. Sur le plan économique, les décideurs casablancais visent une croissance de plus de 6% par an. Pour ce faire, ils envisagent de déployer «l'offre Maroc» d'Offshoring et d'Outsourcing, afin d'attirer les investissements et les IDE dans différents secteurs.

    Sur le plan stratégique, le schéma met l'accent sur trois aspects : le renforcement de la capacité productive de la métropole, de sa capacité d'intégration et la notion de ville durable. Pour le premier aspect, le SDAU appelle au renforcement de la gestion rationnelle de la ville, pour opérer une transition d'une ville à dominance industrielle vers une ville à la fois industrielle et tertiaire. Il recommande aussi la modernisation à la fois de son tissu productif et l'amélioration de la qualité globale de la vie à l'intérieur de son espace, par le développement de l'activité culturelle et par l'intégration de l'urbanisme dans la cohésion sociale, de façon à ce que la population puisse y vivre sans le moindre sentiment d'exclusion ou de rejet.

    Afin d'atteindre ces objectifs, la stratégie sociale du SDAU met en avant le problème de l'analphabétisme. D'après l'étude, 25% des hommes et 33% des femmes de la région sont analphabètes. La généralisation de l'enseignement primaire et élémentaire ainsi que le triplement des effectifs de l'enseignement supérieur et professionnel font également partie de ce plan de développement. Ces problèmes se conjuguent à celui du chômage. Les responsables de ce plan de développement veulent augmenter le nombre de la population active à près de 2,2 millions personnes en 2030. Le taux d'activité au niveau de la population casablancaise pourra ainsi atteindre 42% en 2030, contre 37% en 2004. Toujours dans le même ordre d'idées, l'étude précise que ce taux d'activité atteindra 55 % chez les hommes et 30 % chez les femmes. Sur un autre plan, l'étude prévoit la résorption de l'habitat sommaire (en bidonville), qui abrite 16% de la population, ainsi que le règlement des problèmes d'assainissement et de déchets.

    Le développement des transports collectifs, des espaces de loisirs et de culture est aussi au menu de cette stratégie de développement assez optimiste. Maintenant que la nomenclature des problèmes et projets est connue par les différents décideurs, les partenaires économiques et la population, il reste à espérer que tout le monde passe à l'action pour mettre la région à niveau et surtout offrir aux Casablancais un cadre de vie décent.

    Côté environnement, l'étude préconise de réduire la pollution de l'air via des règlements applicables à l'industrie, un contrôle du parc automobile, ainsi que le développement des transports collectifs. Les eaux usées domestiques et industrielles, ainsi que les lixiviats devront aussi être traités au préalable afin de diminuer le niveau de pollution des nappes phréatiques. La métropole devra également améliorer l'assainissement par le développement des stations de traitement et la prévention des inondations. Par ailleurs, elle sera amenée selon ladite étude à pallier les risques naturels et industriels par des mesures relevant de l'urbanisme et par la réglementation des risques industriels. A toutes ces recommandations s'ajoute le besoin de multiplier les espaces verts à la disposition des habitants ainsi que de préserver les milieux naturels, notamment la forêt, le littoral et les oueds.

    [Terri-DD]
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