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Rapport de Greenpeace : la réaction du gouvernement camerounais Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

COMMUNIQUE DE PRESSE


Relatif à la Réaction du Ministère des Forêts et de la Faune au Rapport de Green Peace sur l’Exploitation Forestière illégale au Cameroun

Dans sa lettre ouverte aux participants à la première réunion interministérielle sur les grands singes et au projet de survie des grands singes GRASP (Great Apes Survival Project) et dans sa publication du 15 décembre 2005 sur son site web, Greenpeace, en citant quelques compagnies forestières (Rougier, Patrice Bois) indexe le gouvernement français dans l’exploitation qualifiée d’illégale au Cameroun.

Par ailleurs, GreenPeace note que la localité de Ebo/Ndoukbou située dans le Sud-Ouest géographique du Cameroun et plus précisément dans la province du Littoral, définie dans le zonage du Cameroun méridional comme étant une région potentielle de conservation est entrain de perdre sa biodiversité du fait de l’exploitation forestière industrielle.

Cette organisation relève également que les activités d’exploitation illégales et destructrices des forêts occasionnent chaque année une perte de revenus équivalente à des millions d’Euros pour le gouvernement camerounais. Pour Greenpeace, les autorisations de récupération de bois sont une façade pour l’exploitation illégale favorisée entre autre par la demande des bois bon marché des pays importateurs qui choisissent d’ignorer ce qui se passe dans la forêt.

Pour le Ministère des Forêts et de la faune, le jugement de Greenpeace est une appréciation faite à distance. Celle-ci pourrait évoluer si cette organisation rencontrait les autorités chargées de la gestion des ressources forestières au Cameroun aux fins d’avoir des éléments d’appréciation fiables.

En effet, le gouvernement camerounais a fait de nombreux efforts reconnus par toute la communauté internationale dans la gestion durable de ses ressources forestières. A titre d’illustration, le Cameroun est actuellement le seul pays du bassin du Congo qui a intégré dans les systèmes d’attribution des titres d’exploitation forestière et de contrôle des activités y relatives, des observateurs indépendants de réputation internationale. Un troisième observateur assiste l’administration des forêts dans le suivi du couvert végétal et la cartographie forestière.

Il convient toutefois de relever que les moyens humains, matériels et financiers disponibles ne permettent pas en temps réel au Ministère d’être présent partout à la fois au moment opportun pour mettre fin aux activités d’exploitation illégales mais, le sommier des infractions régulièrement publié peut témoigner la volonté du gouvernement de lutter contre l’exploitation non autorisée. L’on peut également noter que toutes les sociétés sans distinction de catégories y figurent quand elles sont indexées.

De manière spécifique, pour réagir aux inquiétudes de Greenpeace, il convient de relever ce qui suit :

-     l’arrêt des autorisations de récupération de bois est survenu suite à la décision N° 0944/D/MINEF/DF du 30 juillet 1999 à la suite des abus constatés dans l’attribution de tels titres et non suivant un décret.

-   Le Ministre des Forêts et de la Faune ne bricole pas un certain nombre d’autorisations dans le but de contourner la suspension sus- évoquée étant donné que les abus constatés ne pouvaient pas être perpétués par l’autorité signatrice de la décision. Par ailleurs, les coupes de sauvetage, les autorisations d’enlèvement de bois sont bel et bien prévues par la réglementation en  vigueur (article 110 et 112 du décret 95/531/PM du 23 août 1995 fixant les modalités d’application du régime des forêts)

-   Le fait de mentionner dans son bulletin que l’ARB 192 est située près du village natal du Président et d’indexer les sociétés qui auraient acquis les bois provenant de ce titre, n’apporte aucune précision sur les raisons du refus de l’accès à cette zone à Global Witness. Il est curieux de noter que Greenpeace évalue  la superficie de la zone exploitée sous le couvert de ce titre à plus de 129 000 hectares alors qu’aucun recoupement d’informations n’a été fait sur le terrain. Ceci démontrerait à suffisance la volonté de cette organisation de s’attaquer plutôt aux institutions camerounaises et à celles des pays acheteurs de nos bois.

-   La vente de coupe 07 02 32 attribuée à la Société Forestière Wandja n’a jamais fait l’objet d’une relocalisation comme le prétend GreenPeace mais, il convient de noter que le projet de réserve de faune d’Ebo n’est pas encore validé par les commissions désignées à cet effet. Par contre,  l’UFA 00 004 a été attribuée en concession forestière depuis 1997 et ce n’est qu’en 2005 que son exploitation a démarré. Aussi, il est maladroit de prétendre que son exploitation traduise une mauvaise planification de l’utilisation des terres au Cameroun quand on connaît toutes les études et les consultations qui ont précédé l’ébauche du plan d’utilisation des terres jusque là réalisé. Aussi ne serait-il pas superflu de mentionner que ces projets d’utilisation des terres ont été réalisés avec l’appui de certains bureaux d’études de renommée internationale bénéficiant de l’appui de plusieurs partenaires au développement.

-   Enfin, il faut noter que la plupart des informations publiées par Greenpeace datent de 2001/2002 donc sortant du contexte actuel.

Le Ministère des Forêts et de la Faune note qu’en lieu et place des critiques constructives, certaines organisations adeptes des informations à caractères sensationnelles versent plutôt dans la désinformation dans le but de détruire tous les efforts que le gouvernement du Cameroun mène dans la lutte contre la pauvreté en rapport avec la conservation de ses forêts et la gestion durable de celles attribuées. Aussi, à travers la publication régulière des titres valides et du sommier des infractions, le Ministère des Forêts et de la Faune entend poursuivre ses efforts dans la gestion durable et maintenir la lutte contre l’exploitation illégale des forêts. La certification de nos bois  est certes l’objectif à atteindre dans cet effort mais, nous y parviendrons en fonction de nos moyens compte tenu des conditions socio-économiques du pays.    

Le Ministre des Forêts et de la Faune a, par ailleurs, convié Greenpeace à une entrevue avec ses services techniques pour plus amples informations.                  

   
Fait à Yaoundé, le 04 janvier 2006
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