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Actualités de Washington
  

George W. Bush : les États-Unis sont le partenaire et l'ami de l'Afrique

Discours du président en prévision du sommet du G8

Dans un discours prononcé le 30 juin à Washington, le président Bush a réaffirmé la détermination des États-Unis à encourager l'Afrique sur la voie du développement et d'y appuyer les réformes politiques et économiques.

« L'Afrique est au seuil de grands progrès, a affirmé M. Bush, ajoutant que « tous ceux qui vivent en Afrique peuvent être sûrs qu'au fur et à mesure qu'ils saisiront leur chance, l'Amérique sera leur partenaire et leur amie ».

Le président a prononcé son discours à la Galerie d'art Freer, de la Smithsonian Institution, en prévision de sa participation, du 6 au 8 juillet, à Gleneagles (Écosse), au sommet du groupe des Huit (G8, comprenant l'Allemagne, le Canada, les États-Unis, la France, l'Italie, le Japon, le Royaume-Uni et la Russie). Son auditoire comprenait la secrétaire d'État, Mme Condoleezza Rice, d'autres hauts responsables et membres du Congrès des États-Unis et des ambassadeurs de pays d'Afrique.

On trouvera ci-après le texte de son discours.

La Maison-Blanche (1720)
Bureau du secrétaire de presse
Le 30 juin 2005
Discours du président sur le sommet du G8

Merci à tous. Merci beaucoup. Je vous en prie, asseyez-vous. Je vous remercie de votre accueil chaleureux. C'est pour Laura et moi un plaisir de me joindre à vous ici à la Smithsonian Institution, où le passé de l'Amérique est préservé et où les accomplissements de toutes les cultures sont célébrés.

(...)

Je tiens tout particulièrement à remercier les ambassadeurs des pays africains qui sont ici. J'ai visité votre continent magnifique et prometteur et, le mois prochain, Laura se rendra en Afrique du Sud, en Tanzanie et au Rwanda afin d'attirer l'attention sur les partenariats que nous établissons dans les domaines de l'éducation, de l'émancipation des femmes et de la lutte contre le VIH/sida. Laura est vraiment une bonne ambassadrice de notre pays.

(...)

La semaine prochaine, je me rendrai au sommet du G8 en Écosse. Je m'y entretiendrai avec des dirigeants de pays industrialisés. Comme lors des réunions précédentes, nous discuterons des grands progrès politiques et économiques réalisés en Afrique et des prochaines mesures que nous pouvons prendre avec les responsables africains pour poursuivre ces progrès. Le monde entier profitera de la prospérité et de la stabilité du continent africain. Et les peuples africains méritent la paix, la liberté et les chances qui sont les droits naturels de chaque être humain.

Nous recherchons le progrès en Afrique et dans l'ensemble du monde en développement parce que nos intérêts sont directement en jeu. Le 11 septembre 2001, les Américains ont constaté que l'instabilité et l'anarchie dans un pays éloigné pouvaient être une source de danger pour le nôtre. En ce nouveau siècle, nous sommes moins menacés par des flottes et des armées que par de petites cellules d'hommes qui agissent dans l'ombre et exploitent la faiblesse et le désespoir. La réponse ultime à ces menaces est d'encourager la naissance de sociétés prospères, démocratiques et respectueuses des lois qui s'associent à nous pour surmonter les forces de la terreur - des alliés que nous trouvons dans l'ensemble du continent africain. Nous menons la guerre contre le terrorisme avec notre puissance ; nous gagnerons la guerre contre le terrorisme avec la liberté, la justice et l'espoir.

Nous recherchons le progrès en Afrique et dans l'ensemble du monde en développement parce que la conscience l'exige. Les Américains croient que les droits de l'homme et la valeur de la vie humaine ne sont déterminés ni par la race ni par la nationalité, ni diminués par la distance. Nous croyons que chaque vie est précieuse et que chaque personne compte. Ainsi nous sommes émus lorsque des milliers de jeunes vies succombent chaque jour au paludisme, une maladie soignable. Nous sommes émus lorsque des enfants voient leurs parents mourir lentement du sida, laissant des jeunes garçons et des jeunes filles traumatisés, effrayés et seuls. Les peuples de l'Afrique font face à ces défis avec courage et détermination, et nous allons les soutenir.

Cependant le continent africain est bien plus grand que la somme de ses problèmes. Après des années de colonisation, de marxisme et de racisme, l'Afrique est au seuil de grands progrès. La croissance économique a atteint son niveau le plus élevé depuis huit ans. De l'Afrique du Sud au Nigeria en passant par le Kenya, des dirigeants ont pris le pouvoir afin de négocier une fin à de vieux conflits. Rien que l'année dernière, cinq pays de l'Afrique subsaharienne ont organisé des élections démocratiques. Tous ceux qui vivent en Afrique peuvent être sûrs qu'au fur et à mesure qu'ils saisiront leur chance, l'Amérique sera leur partenaire et leur amie.

Dans ce monde qui cherche à se développer, nous avons une chance unique d'aider d'autres pays à remporter des victoires historiques sur l'extrême pauvreté au moyen de politiques et de méthodes éprouvées. Ces victoires nécessiteront de nouvelles ressources. Sous ma présidence, les États-Unis ont triplé leur aide au développement de l'Afrique. Et nous prenons de fermes engagements pour l'avenir. J'ai proposé que d'ici à 2010, l'aide à l'Afrique double de nouveau, son objectif principal étant d'aider les pays réformateurs.

Cependant, de nouvelles ressources ne suffisent pas. Tous les pays doivent trouver de nouvelles façons de penser. Notre principale difficulté consiste à dépasser le symbolisme vide et les politiques discréditées, et à associer nos bonnes intentions à de bons résultats.

Premièrement, éradiquer l'extrême pauvreté nécessite de la coopération, pas du paternalisme. Le développement économique n'est pas quelque chose que nous faisons pour les pays, c'est quelque chose qu'ils accomplissent avec nous. Leurs dirigeants doivent, par définition, jouer le rôle principal en tant qu'agents de la réforme et du progrès, au lieu de se contenter de recevoir passivement des dons.

Au fil des décennies, nous avons appris que sans liberté économique et sociale, sans règle de droit et sans gouvernement efficace et honnête, l'aide internationale avait peu d'effet et peu de valeur. Mais lorsque existent la liberté et l'État de droit, chaque dollar issu de l'aide, du commerce ou de dons caritatifs, chaque investissement local ou étranger, peut rapidement améliorer les conditions de vie des gens.

Une aide économique qui exige peu n'accomplit pas grand-chose. Une aide économique qui exige beaucoup peut aider à changer le monde. Par le truchement de la Société du Compte du millénaire (MCC), établie il y a un an et demi, l'Amérique a commencé à accorder une aide financière généreuse à des pays qui luttent contre la corruption, se dotent de gouvernements démocratiques, encouragent le libre-échange et investissent dans la santé et l'éducation de leurs peuples.

Huit pays d'Afrique s'apprêtent à bénéficier de ce programme. En avril, Madagascar est devenu le premier pays à signer un accord qui lui permettra de recevoir de l'aide pour financer des projets vitaux de développement. Au cours des six dernières semaines, le conseil de direction de la MCC a approuvé trois accords, dont l'un avec un pays africain, et je m'attends à ce que la MCC agisse rapidement à l'avenir. Les gouvernements qui font les choix difficiles méritent notre ferme appui. Je demande au Congrès des États-Unis de donner son plein soutien à cette initiative pour un espoir renouvelé et le progrès dans l'ensemble du monde en développement.

Deuxièmement, l'éradication de l'extrême pauvreté va de pair avec l'amélioration de l'environnement. Les économies stagnantes constituent l'une des plus graves menaces sur l'environnement de la planète. On ne peut demander à des gens qui manquent de vivres, d'abris et de moyens d'hygiène de préserver l'environnement au péril de leur propre survie. Les sociétés pauvres ne peuvent pas se permettre d'investir dans des technologies plus propres et plus efficaces. Indira Gandhi a qualifié la pauvreté et le besoin de principaux polluants de la Terre. La solution à long terme des problèmes écologiques est le progrès économique rapide et durable des pays pauvres.

Le meilleur moyen d'aider les pays à se développer tout en limitant la pollution et en améliorant la santé publique est de promouvoir des techniques de production d'énergie qui soient propres, abordables et sûres. Certains ont suggéré que la meilleure solution aux défis de l'environnement et aux changements climatiques était de s'opposer au développement et de forcer le monde à se serrer la ceinture sur le plan de l'énergie. Mais cela condamnerait ces pays à la pauvreté permanente, à la maladie, à un taux élevé de mortalité infantile, et à la pollution de l'eau et de l'air.

Nous avons choisi une meilleure approche. Au cours des trois dernières années, les États-Unis ont lancé une série d'initiatives visant à aider les pays en développement à adopter de nouvelles sources d'énergie, allant d'une utilisation plus propre du charbon à des véhicules à hydrogène, en passant par l'énergie solaire et éolienne, la production de méthane propre et la construction de centrales électriques moins polluantes. Et nous continuons de rechercher de nouvelles possibilités d'approfondir notre collaboration avec les pays en développement. Lorsque ces pays ont les techniques de production d'énergie dernier cri, le monde entier en profite.

Troisièmement, surmonter l'extrême pauvreté signifie qu'il faut lever le fardeau de la dette que les pays pauvres, nous le savons, ne peuvent pas rembourser. Des remboursements qui n'en finissent pas signifient que les gouvernements ont moins à consacrer aux besoins de leurs peuples et que ces pays ne peuvent pas participer pleinement à l'économie mondiale. La Zambie, par exemple, consacre plus au service de sa dette qu'à la santé et à l'éducation. L'année dernière, les pays pauvres ont dû rembourser 7 milliards de dollars à leurs créditeurs. Ce fardeau nuit aux peuples qui ont des besoins désespérés, et ce fardeau doit être allégé.

En 2001, j'ai mis la Banque mondiale au défi d'acheminer 50 % de son aide aux pays pauvres sous forme de dons, et non de prêts. Or la Banque n'a cessé de se rapprocher de cet objectif. Sous la houlette de la Grande-Bretagne et des États-Unis, les pays du G8 appellent à l'annulation de 40 milliards de dollars de dette contractée par 18 des pays les plus pauvres, dont 14 en Afrique. Vingt autres pays pourront prétendre à l'annulation de leur dette à l'avenir, à condition qu'ils mettent en place des politiques et des gouvernements rationnels. Nous sommes décidés non seulement à alléger la dette, mais à l'effacer, afin que les pays concernés puissent faire face à l'avenir avec une ardoise vide.

Quatrièmement, surmonter l'extrême pauvreté exige une expansion du commerce. Si l'aide et l'allégement de la dette peuvent créer de meilleures conditions pour le développement, c'est le commerce qui en est le moteur. Il y a seulement 30 ans, le produit intérieur brut par habitant de la Corée du Sud était équivalent à celui de nombreux pays africains. Grâce à une croissance fondée sur les exportations, la Corée du Sud est aujourd'hui aussi riche que nombre de pays européens. Cet exemple peut être reproduit dans le monde entier et sortir de nombreux individus de la pauvreté.

Le monde en développement a plus à gagner de rouages commerciaux ouverts. L'histoire nous enseigne que les pays en développement qui se sont ouverts au commerce connaissent une croissance beaucoup plus rapide que les pays qui protègent - qui pratiquent le protectionnisme. Les pauvres du monde ne vivent pas le commerce comme une mondialisation. Pour eux, le commerce c'est de l'eau courante, de l'électricité, des logements adéquats, une éducation plus poussée et de meilleurs soins médicaux pour leur famille.

Un trop grand nombre de pays sont coupés des progrès économiques de notre période, et il nous faut élargir le cercle des échanges commerciaux pour les y faire participer. Dans le cadre de la loi sur la croissance et les possibilités économiques en Afrique, qui réduit les obstacles au commerce, les exportations des États-Unis en Afrique subsaharienne ont augmenté de 25 % l'an dernier, et leurs importations en provenance des pays bénéficiaires de l'AGOA se sont accrues de 88 %. Il nous faut maintenant passer au stade suivant, à savoir élargir le système commercial mondial dans le cadre des négociations de Doha. Selon la Banque mondiale, l'aboutissement de ces négociations pourrait avoir pour effet d'augmenter de 350 milliards de dollars par an le revenu des pays en développement et de sortir 140 millions de personnes de la pauvreté. Les négociations de Doha constituent le moyen le plus pratique et le plus important de lutter contre la pauvreté dans le monde, et nous devons les mener à bien sans tarder.

Cinquièmement, pour pouvoir mettre fin à l'extrême pauvreté il faut un climat de paix créé parfois par des forces armées qui peuvent mettre un terme à des conflits terribles. L'histoire récente montre dans quelle mesure les guerres et les conflits internes peuvent paralyser le développement de pays entiers. On observe cependant des progrès. Des dizaines de milliers de réfugiés qui ont fui la guerre sont retournés dans leurs foyers dans des pays tels que le Liberia, la Sierra Leone et le Burundi. Nous pouvons accroître ce progrès. Au cours des cinq prochaines années, les États-Unis fourniront une formation en matière de maintien de la paix à plus de 40.000 soldats africains dans le cadre d'une initiative prise les pays membres du G8. Nous aiderons les forces africaines à maintenir la justice et l'ordre dans le continent africain.

Nous sommes fortement résolus à favoriser la paix pour toute la population du Soudan. La médiation des États-Unis a été essentielle à la cessation de la guerre civile qui opposait depuis vingt ans le Nord et le Sud, et nous nous employons à faire appliquer dans son intégralité l'accord de paix général conclu en janvier dernier. Toutefois, la violence au Darfour constitue manifestement un génocide. Le coût humain est incalculable. Dans le court terme, il est nécessaire d'augmenter le nombre des soldats chargés de protéger les innocents, et les États membres de l'Union africaine s'apprêtent à les fournir. En septembre, les effectifs de la mission de l'Union africaine au Soudan passeront de 2.700 hommes à 7.700. Dans le cadre de l'opération de l'OTAN qui aura lieu le mois prochain, l'armée des États-Unis transportera par avion plus de 1.000 soldats rwandais. Nous financerons la construction de 16 autres camps de base au cours des deux prochains mois, et nous fournirons du matériel de télécommunications et assurerons l'entretien des véhicules pour tous les effectifs de la mission.

À long terme, la tragédie qui a lieu dans l'ouest du Soudan exige que le gouvernement et les rebelles parviennent à un règlement. Notre message est clair : tous les camps doivent exercer un contrôle sur leurs forces, mettre fin aux tueries et négocier la paix d'un pays en proie à la souffrance.

Enfin, la réduction de l'extrême pauvreté exigera une aide humanitaire qui aboutit à des résultats et qui ne consiste pas seulement à apporter des secours et à prendre des mesures inadéquates de compassion. La vraie compassion se mesure par l'apport d'améliorations réelles à la vie d'hommes, de femmes et d'enfants. C'est là l'objectif de la politique des États-Unis.

L'aide des États-Unis contribuera à éviter une famine cette année dans la corne de l'Afrique. Près de 60 % de l'aide alimentaire mondiale accordée au continent africain provient des États-Unis, et les Américains sont fiers de donner cette aide.

Depuis 2003, notre pays a entrepris de grands efforts pour lutter contre le sida. Il s'agit là de l'initiative la plus importante de l'histoire pour ce qui est de la lutte contre une maladie spécifique. Dans toute l'Afrique, nous œuvrons de concert avec les responsables locaux du secteur de la santé en vue d'accroître les installations de dépistage du sida, de former des médecins, des infirmiers et des conseillers et de leur apporter un soutien, de moderniser les dispensaires et les hôpitaux, de s'occuper des orphelins du sida et d'apporter un soutien aux pasteurs, aux prêtres et aux autres personnes qui enseignent aux jeunes le principes du respect, de la responsabilité et de la prévention. Nous faisons en sorte que plus de 230.000 adultes et enfants africains bénéficient d'un traitement qui sauve la vie. Nous sommes résolus à atteindre notre objectif quinquennal consistant à donner un traitement à 2 millions de personnes.

Cet effort est couronné de succès parce que les États-Unis fournissent les ressources et que les Africains assurent la direction. Les responsables locaux du secteur de la santé élaborent la stratégie à suivre et nous leur apportons notre soutien. Nous respectons aussi les valeurs et les traditions de l'Afrique. L'Ouganda et d'autres pays appliquent une stratégie de prévention caractérisée par l'abstinence, la fidélité entre époux et l'usage de préservatifs. Cette stratégie est équilibrée, efficace et traduit les préceptes moraux de l'Afrique. Personne n'y gagne lorsque des étrangers tentent d'imposer un degré moindre de responsabilité.

De nos jours, les États-Unis sont engagés en Afrique comme jamais auparavant. Nous observons de grands progrès, mais il reste beaucoup à faire. C'est pourquoi ce matin j'ai annoncé trois autres initiatives destinées à aider les Africains à faire face à des problèmes urgents. Dans tout le continent, il existe un très grand besoin de donner des moyens d'action aux femmes, et cela commence par l'éducation. Les jeunes filles et femmes instruites sont moins nombreuses à être séropositives, les membres de leur famille sont en meilleure santé et leurs enfants ont un niveau d'éducation plus élevé. Toutefois, seule la moitié des enfants ont fini leurs études primaires en Afrique.

De concert avec les responsables africains, il nous faut œuvrer en faveur de l'instruction de tous les enfants africains. Pour pouvoir se rapprocher de la réalisation de cet objectif, j'ai proposé un doublement de la dotation de l'Initiative des États-Unis pour l'enseignement en Afrique.

Au cours des quatre prochaines années, nous devrions consacrer 400 millions de dollars à la formation de 500.000 enseignants et fournir des bourses d'études à 300.000 jeunes, principalement des filles. Nous espérons que d'autres pays se joindront à nous. Il nous faut donner à un plus grand nombre de jeunes Africaines la possibilité d'éviter l'exploitation et de prendre leur destin en main.

Un autre aspect important de l'émancipation et de la lutte contre le sida est la protection par la loi des filles et des femmes contre la violence et les sévices d'ordre sexuel. De nombreux pays africains ont déjà pris des mesures pour améliorer les droits des femmes. L'Afrique du Sud, par exemple, a pris des mesures novatrices pour lutter contre le viol et la violence au sein des foyers : il existe des unités spéciales dans les hôpitaux où les victimes peuvent signaler ce qu'elles ont subi et recevoir une aide psychologique et des soins, ainsi que des juges, des procureurs et des policiers spécialisés qui veillent à sanctionner les criminels.

Aujourd'hui, j'annonce un nouvel effort en vue de mieux répandre cette méthode dans le continent africain. Je demande au Congrès d'affecter 55 millions de dollars sur une période de trois ans afin de promouvoir la justice et l'émancipation des femmes dans quatre pays africains, qui pourront servir d'exemple à d'autres. J'exhorte les autres États membres du G8 à se joindre à nous pour protéger la vie et les droits des femmes en Afrique.

Les responsables africains du secteur de la santé nous ont aussi fait part de leur lutte incessante contre le paludisme, maladie qui peut causer un plus grand nombre de décès que le sida dans certains pays. Rien que l'an dernier, environ 1 million de personnes sont mortes du paludisme dans le continent africain. Dans la grande majorité des cas, les victimes avaient moins de 5 ans ; leur vie a soudainement pris fin à cause d'une simple piqûre de moustique. C'est d'autant plus tragique qu'il est possible de prévenir et de soigner cette maladie. C'est aussi pour nous une possibilité d'agir parce que nous savons qu'une action de grande envergure peut vaincre cette maladie dans des régions entières. Le monde doit donc agir.

La semaine prochaine lors du sommet du G8, je demanderai instamment aux pays industriels et aux fondations privées de participer à une vaste campagne afin de réduire de moitié le taux de mortalité du paludisme dans toute l'Afrique. Notre pays est prêt à jouer un rôle de premier plan. L'année prochaine, nous agirons dans trois pays, la Tanzanie, l'Ouganda et l'Angola, pour fournir des produits de pulvérisation pour les habitations, des moustiquaires imprégnées d'insecticide et un nouvel ensemble de médicaments contre le paludisme. Par ailleurs la fondation Gates, de Seattle, finance une vaste campagne de lutte contre le paludisme en Zambie. Nous avons une longue tradition de coopération entre le secteur public et le secteur privé. Je suis reconnaissante à cette fondation pour son rôle dans cette bonne cause.

Les États-Unis étendront cette lutte antipaludique en 2007 à au moins 4 autres pays africains où le paludisme est endémique et en 2008 à au moins 5 autres. Au cours des cinq prochaines années, si le Congrès vote les crédits nécessaires, nous devrions consacrer plus de 1,2 milliard de dollars à cette campagne.

Il est nécessaire de procéder par étapes dans une campagne de cette ampleur afin d'éviter toute pénurie de médicaments et de matériel. Nous avons l'intention de l'élargir pour qu'elle touche plus de 175 millions de personnes dans 15 États ou plus. Nous souhaitons réduire de moitié la mortalité due au paludisme dans les pays visés et sauver ainsi la vie à des centaines de milliers de personnes.

Je demande instamment à d'autres pays riches et à des fondations de participer à cette initiative et de l'élargir à d'autres pays où les besoins sont pressants.

Ensemble, nous pouvons faire face à cette menace et mettre fin à cette peur dans tout le continent africain.

Au cours des quatre dernières années, les États-Unis se sont tenus résolument aux côtés des réformateurs en Afrique qui sont favorables à la prospérité et au progrès. Nous avons triplé notre aide à l'Afrique ; nous envisageons de la doubler une fois de plus. Fait encore plus important, nous sommes pour la bonne gouvernance, l'exploitation des ressources énergétiques, l'allégement de la dette et l'accroissement des échanges commerciaux, éléments qui aideront les Africains à avoir une vie meilleure et à ne plus avoir finalement besoin d'aide.

Les États-Unis agissent dans ces domaines parce qu'ils ont avec les Africains eux-mêmes une vision de ce que ce continent peut devenir, à savoir un modèle de réformes, un ensemble d'États démocratiques prospères et un hommage à l'esprit résolu des peuples africains. Cette vision est nécessaire, réaliste et déjà en voie de réalisation.

En partageant les espoirs de l'Afrique, les États-Unis montrent aussi le genre de pays qu'ils souhaitent être. Ce week-end, nous célébrons l'anniversaire de notre fondation. Nous célébrons notre Déclaration d'indépendance et l'appel universel à la liberté qu'elle proclame. Nous célébrons nos soldats, hommes et femmes, qui protègent notre liberté et qui la défendent dans le cadre de missions lointaines. En outre, les Américains pourront célébrer en ce jour du 4 juillet une grande tradition de générosité, une tradition d'apport de secours après la Première Guerre mondiale, le plan Marshall et le Corps de la paix, une tradition qui est encore vivace à notre époque.

Il y a deux ans, une petite fille est née en Namibie. Son père et sa mère étaient tous deux séropositifs et elle était aussi séropositive. Le nom que ses parents lui ont donné peut se traduire par la phrase « rien n'est bon dans ce monde ». Il y a quelques mois, elle était très malade, perdait du poids et était sur le point de mourir. Aujourd'hui, elle bénéficie, comme ses parents, de médicaments qui lui ont sauvé la vie. C'est une petite fille belle et en bonne santé qui a toute sa vie devant elle, et il y a un peu plus de bien dans le monde.

Dans toute l'Afrique, des personnes qui se préparaient à mourir se préparent maintenant à vivre. Les États-Unis jouent un rôle dans la plupart de ces miracles. Nous sommes un pays qui fait profiter de ses avantages en faisant preuve de générosité envers autrui. Lorsque nous œuvrons de concert avec des Africains pour apporter des vivres dans des régions en proie à la famine, des moyens de traitement contre le paludisme dans des villages reculés et des médicaments miracles qui redonnent des forces à ceux qui étaient sur le point de mourir, nous remplissons notre mission dans le monde, ce qui nous rend fiers d'être Américains.

Je vous remercie tous d'être venus. Que Dieu vous bénisse.


Date de rédaction: 01 juillet 2005 Mise à jour: 01 juillet 2005

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