Les forêts tropicales continuent de disparaître ou d’être dégradées à un rythme alarmant et avec elles leur biodiversité. Pourtant, il est essentiel de conserver cette biodiversité. Elle est à l’origine de la vaste gamme de biens et services que l’humanité utilise ou dont elle bénéficie toujours : bois, médicaments, eau, maintien de la fertilité des sols, pollinisation, etc...
Pourtant, la pauvreté reste omniprésente et de nombreuses populations des pays tropicaux, qui dépendent des produits forestiers, sont amenées à sacrifier leurs options futures en dégradant leur milieu de vie pour assurer leur simple survie au jour le jour.
Comment relever le défi posé par ces deux problèmes, persistants et liés : la pauvreté rurale et la perte continue des forêts tropicales et de leur biodiversité unique ?
De nouvelles approches de la gestion sont envisagées : de l’individu à la société en passant par les divers niveaux d’organisation sociale, de l’espèce jusqu’à la biosphère en passant par les divers niveaux d’une hiérarchie du vivant (espèces, populations, communautés, écosystème, paysages ou territoires, écorégions…). Ces approches novatrices dépassent les seuls aspects de conservation ou de production pour intégrer les nouvelles demandes sociétales : gestion durable et multifonctionnelle des ressources naturelles renouvelables, occupation harmonieuse de l'espace et développement de nouvelles modalités de partage équitable au sein des paysages.
Nous préconisons de comprendre le fonctionnement et l'évolution de territoires en se basant sur les deux approches biologique et sociale, soit considérées séparément, soit prises ensemble en fonction du ou des problèmes considérés. L'une étudie les potentialités intrinsèques des territoires, l'autre met en évidence les interactions entre les acteurs de la gestion de ces territoires et leur évolution. Cette approche intégrée vise à rendre compte des niveaux d’organisation de la gestion humaine (parcelle, exploitation agricole, paysage agricole ou forestier) et du rôle de cette gestion sur des processus écologiques possédant leurs propres niveaux d’organisation.
Elle nécessite la mise en œuvre et l’intégration de nombreuses disciplines : sciences biologiques (écologie du paysage, écologie des écosystèmes), ethnosciences (anthropologie, économie des ressources naturelles, ethnobotanique, géographie humaine, sociologie) avec des outils plus techniques comme la télédétection, les systèmes d’information, l’analyse spatiale ou la modélisation. Elle représente un défi et un enjeu stratégique important pour le Cirad face aux nouvelles demandes sociétales en matière de conservation et utilisation durables des ressources forestières et de l’approche écosystémique prônée par le dialogue international sur les forêts.
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