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EDITION INTERNET N° 6190
Du 06 Juin 2008

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Burkina Faso : (04/06/08 18.18 ) Les autorités Burkinabé ont lancé un appel à la communauté internationale afin de secourir les Touaregs maliens fuyant les hostilités entre la rébellion touarègue et l'armée malienne et dont plus de deux cents personnes sont déjà arrivés à Ouagadougou, a-t-on appris jeudi auprès de la Commission nationale pour les réfugiés (CONAREF), rapporté par l'APA. Résultat du sondage précédent (voir dans le volet rubriques) et consulter nouveau sondage sur www.sidwaya.bf. "Sidwaya, le journal de tous les Burkinabè".

Dossier
 
 

Le Sahel face aux changements climatiques

Le CILSS à la recherche d’une voie originale

Alors que le Sahel est menacé par la crise du climat, que la dégradation des terres et des écosystèmes risquent de compromettre l’avenir, le Comité permanent inter-Etats de lutte contre la sécheresse dans le Sahel (CILSS) tente à l’aide de modèles d’adaptation et de fertilisation des sols, de montrer qu’il est rentable d’investir dans la lutte contre la désertification…Les résultats concluants engrangés sur le terrain ont été présentés aux journalistes, hier mardi 03 juin à Ouagadougou. Même s’il reste maintenant à mobiliser les politiques publics.

 
"La désertification n'est pas un phénomène irréversible, le Sahel peut reverdir en attestent nos résultats", selon Issa Martin Bikienga, secrétaire exécutif adjoint du CILSS.
Dr Lawarnou Mahamane, écologue a présenté les résultats de "l'étude Sahel" sur le Niger.

Les "études Sahel" conduites au Burkina (2007) et au Niger (2005) présagent plutôt de lendemains meilleurs pour les Sahéliens dans un contexte marqué par un climat de plus en plus incertain. Ces enquêtes scientifiques pluridisciplinaires qui font le bilan d’une vingtaine d’années de lutte acharnée contre la désertification évaluent à la fois l’impact environnemental, agronomique, économique qu’ont eu les investissements consentis pour stopper l’avancée du désert. Et les résultats des équipes de recherche sont plutôt encourageants pour le Sahel, dans la mesure où, que ce soit au Niger ou au Burkina Faso, les taux de rentabilité interne des aménagements dépassent de loin 30%. Ils confirment aussi l’hypothèse selon laquelle les activités de récupération des terres ont fortement contribué à réduire la vulnérabilité des ménages ruraux. 250 000 hectares de terres ont été récupérés au Niger, grâce à des techniques simples telles que le zaï, les demi-lunes et les cordons pierreux. Hier incultes, arides, ces terres sont devenues aujourd’hui des zones agricoles et pastorales. On constate 20 fois plus d’arbres qu’il y en avait il y a trente ans au Niger, avec une régénération avoisinant 3 millions d’hectares, une remontée de la nappe phréatique d’au moins 7 m. On trouve entre 20 à 150 arbres à l’hectare.
D’ailleurs dans sa présentation de l’étude scientifique sur la capitalisation des efforts d’investissement de trente ans, Dr Larwanou Mahamane, écologue nigérien a montré que la valeur des terres dégradées croît de 84 000 à 145 000 F CFA après leur réhabilitation. Quant au Burkina Faso, les enquêtes indiquent également une augmentation des productions agricoles à l’hectare (400 à plus 700 kg), des fourrages et des eaux disponibles. De plus, la gestion des ressources naturelles et la régulation de la biodiversité, la stabilisation des populations constituent sans doute des effets positifs due à la diffusion et à l’usage des techniques de Zaï, de cordons pierreux, de demi-lunes au Plateau central. Et le secrétaire exécutif adjoint du CILSS, Martin Issa Bikienga de tirer la conclusion qui suit : "la désertification n’est pas un phénomène irréversible. Il est économiquement rentable d’investir dans la lutte contre la désertification". En attendant, le CILSS qui organise un voyage de presse sur le sujet compte faire un plaidoyer pour mobiliser les décideurs politiques à accorder plus d’attention "à ces petites actions qui produisent des bienfaits énormes". Il s’agit également de plaider pour l’octroi des micro-crédits aux paysans afin qu’ils puissent se doter des équipements. Leur coût étant hors de portée (un ha de labou de charrue Delfino coûte 50 000 F CFA). Des moyens roulants comme les camions pourraient faciliter l’acheminement de pierres pour la réalisation des cordons pierreux. Toutefois, selon l’agroéconomiste Souleymane Ouédraogo, chercheur à l’INERA, les estimations n'ont pas pu chiffrer la récupération de la biodiversité, la stabilisation de population ou la fertilité des sols. En fait, on sait seulement qu’au plan agronomique, les investissements ont propulsé les rendements et donc les revenus des producteurs. On sait aussi que la nature a reverdi là où c’était presque un sol nu. Par contre, il n’existe pas encore de critères pour évaluer l’impact économique lié à la régénération des ressources naturelles et à la biodiversité.

Le Plateau de Laba (Niger) en 1984 totalement désetifié et aride.
Le même Plateau de Laba, 20 ans après (2004), a reverdi grâce aux techniques de Zaï, de cordons pierreux.

Mais, le Sahel qui se caractérise par un équilibre environnemental très fragile doit continuer de prendre des mesures pour atténuer les effets dévastateurs des changements climatiques. Il y aura de plus en plus d’événements extrêmes comme les pluies torrentielles mal réparties dans l’espace et le temps, les inondations, les sécheresses avec un raccourcissement de la saison des pluies. Cette situation va accentuer la dégradation des ouvrages de rétention d’eau et des infrastructures routières (ponts, chaussées, etc.). Les spécialistes préconisent en guise de réponses aux changements climatiques, d’accélérer la maîtrise de l’eau, de développer la petite irrigation. Car le potentiel existe, le Sahel dispose de 4 millions d’ha irrigables dont seulement 18 % sont exploités. Il faut aussi diffuser des variétés à cycle court, tout en indiquant les itinéraires de culture.

S. Nadoun COULIBALY

   
   
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