Mediaterre

   

Le monde comptera en 2030, date butoir du Programme de développement durable, 8,6 milliards de personnes


Le temps de réaliser avec succès ou pas les 17 objectifs du Programme de développement durable à l’horizon 2030, le monde se sera alourdi d’un milliard de personnes.  C’est ce qu’a appris aujourd’hui la Commission de la population et du développement d’un rapport du Secrétaire général sur les tendances démographiques mondiales.  La Commission a aussi entendu plusieurs agences de l’ONU et des ONG deviser sur le thème de la session « Villes durables, mobilité humaine et migrations internationales ». 

La population mondiale, qui a atteint les 7,6 milliards de personnes en 2017, devrait avoisiner les 8,6 milliards en 2030, l’essentiel de la croissance étant imputable à l’Afrique et à l’Asie, avec 400 millions de personnes chacune.  La pyramide des âges devrait aussi connaître des changements rapides, avec des conséquences importantes pour le développement durable.

Le nombre des « mégalopoles » ou villes de plus de 10 millions d’habitants, qui est aujourd’hui de 33, devrait passer à 41 en 2030, toutes les nouvelles mégalopoles étant projetées dans les régions les moins développées.  Pôles d’attraction, ces mégapoles se partagent les migrants internationaux ou personnes vivant dans un pays autre que leur pays de naissance dont le nombre a continué de croître ces dernières années, pour atteindre le record mondial de 258 millions en 2017.  Migrants internes et internationaux se chiffrent aujourd’hui à un milliard.

« Villes durables, mobilité humaine et migrations internationales », le thème de la Commission s’explique.  En Jamaïque, par exemple, sur une population totale estimée à 2,7 millions de personnes, une moyenne de 20 000 part chaque année depuis les années 50, ce qui fait qu’environ 50% des Jamaïcains vivent à l’étranger.  L’Azerbaïdjan connaît en ce moment une immigration intense qui s’explique par la stabilité sociale, politique et macroéconomique, l’afflux de capitaux étrangers, la rapidité du développement économique et la réalisation de projets de grande envergure dans le domaine de l’extraction et du transport du pétrole et du gaz.  Au total, la région Asie-Pacifique abrite 63 millions de migrants.  Une migration, a alerté l’ONG « ARROW », qui a souvent le visage d’une jeune femme, occupant un emploi peu qualifié, vulnérable à la discrimination, à la violence et à l’exploitation, sans protection sociale ni accès à la santé sexuelle et reproductive, alors même que les droits à cette santé sont essentiels à la durabilité des villes, a prévenu « Family Planning New Zealand ». 

L’ONG a donné l’exemple de Kiribati où 27% des femmes mariées en âge de procréer ne veulent pas d’enfants sans pour autant utiliser un moyen contraceptif.  Beaucoup d’entre elles vivent dans une capitale déjà surpeuplée qui continue d’attirer la majorité des migrants internes, présentant en conséquence, tous les problèmes écologiques, sanitaires et économiques que l’on peut craindre.  La population de Tawara-Sud pourrait ainsi augmenter de 70% d’ici à 2050, ce qui est intenable, compte tenu des changements climatiques. 

Améliorer les recensements et les sondages des ménages est « crucial » pour élaborer des politiques factuelles sur des villes durables, la mobilité humaine et les migrations internationales, a estimé l’Allemagne qui s’est félicitée avec d’autres du travail remarquable de la Division de la population du Département des affaires économiques et sociales de l’ONU.  La collecte de données n’est pas une fin en soi mais des données exactes, en temps voulu et exhaustives sont utiles pour la mise en œuvre du Programme de développement durable à l’horizon 2030, a insisté l’Allemagne. 

Pour bien comprendre les phénomènes démographiques et leur impact, il faut des « données harmonisées et comparables entre pays », a souligné la Norvège qui a appuyé l’ajout de la variable « motifs » dans le « Manuel des Nations Unies sur l’évaluation des migrations internationales dans le cadre des recensements du cycle 2020 ».  Les « motifs », a-t-elle insisté, sont une question clef qui doit être incorporée dans un questionnaire de recensement pour identifier le nombre des réfugiés et les populations qui s’y apparentent.

Télécharger le rapport
Communiqué de l'ONU

[ODD2030]

Partagez
Donnez votre avis

Conception & Réalisation : CIRIDD - © 2002-2024 Médiaterre V4.0