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Les conditions inhumaines dans les habitations informelles sont un scandale mondial, selon une experte de l'ONU


Ignorer les près de 900 millions de personnes qui vivent dans des habitations informelles surpeuplées est un scandale mondial des droits humains que les gouvernements doivent résoudre, a déclaré jeudi la Rapporteure spéciale des Nations Unies sur le droit au logement.

« Les conditions de vie dans les quartiers d’habitations informelles sont l’une des violations les plus répandues des droits de l’homme dans le monde. Pourtant, la plupart les ignorent et beaucoup les exacerbent », a déclaré Leilani Farha dans un rapport à l'Assemblée générale des Nations unies.

« Les conditions de vie de beaucoup de personnes sont inhumaines : surpeuplement, manque de services de base tels que toilettes et eau courante, et insécurité totale. Beaucoup craignent constamment de voir leur maison rasée par un bulldozer ou détruite », a déclaré la Rapporteure spéciale.

Quelles sont les régions les plus affectées ? 

Selon Leilani Farha, le défi du logement en Afrique et en Asie est immense.

« Dans de nombreuses villes d'Afrique, plus de la moitié de la population vit dans des quartiers informels. En Asie, il y a 520 millions d'habitants dans des quartiers informels, souvent dans des zones vulnérables aux inondations, aux glissements de terrain ou à la contamination », a précisé la Rapporteure.

Même dans les pays les plus riches, les logements informels ou les campements sont courants.

« Dans les pays d’Amérique du Nord, j’ai visité des campements situés sous des viaducs d’autoroutes délibérément privés de toilettes portables et avec les tentes risquant d’être balayées à tout moment», a-t-elle déclaré.

L’experte a expliqué que les quartiers informels résultaient d'un « mépris flagrant » du droit au logement dans un grand nombre de domaines politiques, alors qu’ils devraient être reconnus comme des réalisations incroyables et une revendication du droit à la dignité.

« Les résidents bâtissent des maisons, une culture et une vie communautaire dans les circonstances les plus défavorables », a affirmé la défenseure des droits humains.

Arrêter de stigmatiser les communautés

Le rapport exhorte les États à cesser de stigmatiser et de criminaliser les résidents des quartiers informels et, au contraire, renforcer les capacités des communautés à revendiquer et à faire valoir leurs droits.

« L’engagement pris par les États dans le Programme de développement durable de fournir à tous des logements sûrs, adéquats et abordables et de moderniser les quartiers informels d’ici à 2030 doit être traité comme un impératif des droits de l’homme », a déclaré Mme Farha.

Le rapport de la Rapporteure spéciale comprend 31 directives visant à moderniser les quartiers informels conformément au droit au logement et à d’autres normes internationales relatives aux droits de l’homme.

Ces directives affirment le droit des résidents de participer à tous les aspects de la modernisation et soulignent l’obligation incombant aux États de faciliter la participation des communautés, d’éviter les déplacements inutiles et de mettre fin à la pratique des expulsions forcées.

 Communiqué de l'ONU 

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