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Des environnementalistes du Nouveau-Brunswick lancent l'alerte sur l'utilisation du glyphosate


Après avoir révisé des centaines d’études qui avaient justifié l’autorisation en 2017 du glyphosate, Santé Canada a réitéré vendredi dernier que les pesticides contenant cet ingrédient actif du Roundup de Monsanto étaient sans danger s’ils sont utilisés de manière appropriée. En effet, le glyphosate est contenu dans de nombreux pesticides utilisés dans l’industrie forestière de notre province.

Plusieurs opposants au Glyphosate sont déçus par la décision de Santé Canada, mais l’agence fédérale soutient que « les objections soumises par les opposants ne peuvent être prouvées scientifiquement. »

Le glyphosate est une molécule chimique. C’est le principe actif du désherbant le plus vendu au monde, commercialisé sous la marque Roundup par la firme américaine Monsanto depuis 1974. Le brevet étant tombé dans le domaine public depuis 2000, le glyphosate est désormais aussi utilisé dans la composition de la plupart des désherbants.

Les entreprises forestières du Nouveau-Brunswick dépendent du glyphosate et elles sont convaincues que l’utilisation de ce produit leur permet de faire face à la concurrence du marché des produits forestiers ligneux. « La superficie forestière traitée au glyphosate dans la province représentait, en 2014, 40 % du total des terres forestières exploitées, le plus haut taux parmi toutes les provinces.
Parmi les terres forestières traitées avec du glyphosate au Canada, 28 % se trouvaient au Nouveau-Brunswick, et ce même si la province ne représente que 0,7 % de tout le territoire canadien. »

Alors que le Centre International de Recherche sur le Cancer (organe de l’OMS, Organisation mondiale de la Santé) a classé le glyphosate comme « cancérogène probable » en mai 2015 ; la dépendance de notre industrie forestière vis-à-vis du glyphosate s’explique par ses propriétés, sa simplicité d’utilisation et son coût. Difficile de faire plus simple pour se débarrasser des « mauvaises herbes », en un seul passage, sans travail du sol : en termes de coût comme de temps de travail, la rentabilité économique du glyphosate est imbattable.

La toxicité du glyphosate a été mesurée sur la faune, la flore et l’environnement. Les conséquences négatives sont connues. Mais pour de multiples raisons (éthiques, financières, durée, complexité), les études sur l’être humain sont encore peu nombreuses et contradictoires.

La décision de Santé Canada continuera donc à faire couler beaucoup d’encre et la bataille autour du glyphosate entre scientifiques et environnementalistes est loin d’être terminée.

Source Radio Canada, Equiterre, Ledroit

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