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Les étudiants du Québec préparent leur grève pour le climat


Par Catherine Paquette

L’appel à la mobilisation du collectif La planète s’invite à l’Université a été entendu : seulement quelques jours après la sortie médiatique du groupe, des étudiants d’une dizaine d’université et collèges québécois ont formé des comités afin de rejoindre le mouvement international de grèves pour le climat. 

Le 9 février, le collectif La planète s’invite à l’Université de Montréal appelait tous les campus québécois à faire la grève afin d’inciter le gouvernement à « jouer son rôle » face à l’urgence climatique.

Mais le petit comité né à l’Université de Montréal ne s’attendait pas à une telle réactivité des autres campus québécois. C’est désormais près de 1000 étudiants et étudiantes qui font officiellement partie du mouvement, lequel vise à inciter les associations étudiantes des campus de la province à adopter des mandats de grève pour le 15 mars prochain, ainsi que pour le 27 septembre. Ils se rangent ainsi derrière les regroupements « La planète s’invite au parlement » et « Earth Strike Canada ».

« Il y a déjà plusieurs jeunes dans des universités qui ont créé leurs groupes. Il y a plein de petits noyaux qui naissent, et que nous devons informer et mobiliser. Tout s’est fait vraiment rapidement et naturellement, comme si on nous attendait », explique la porte-parole du collectif La planète s’invite à l’Université, Léa Llardo, une étudiante française tout juste arrivée au Québec.

Le collectif mentionne entre autres la participation de l’Université du Québec à Montréal, l’Université Concordia, l’Université Laval, l’Université McGill, l’Université de Sherbrooke, Bishop’s, l’École de technologie supérieure, l’Université du Québec à Chicoutimi, les cégeps Montmorency, St-Félicien, Lionel-Groulx et Shawinigan.

« Je ne supporte plus d’être spectatrice d’un tel désastre, et c’est pour ça qu’aujourd’hui nous lançons La Planète s’invite à l’Université »

– Léa Llardo, le 9 février lors de la conférence de presse donnée à l’UQAM

Le collectif exige des engagements concrets des gouvernements provincial et fédéral. Ces étudiants demandent l’instauration d’un programme d’éducation à l’écologie et de sensibilisation à la crise climatique, l’adoption d’une «loi climatique» forçant l’atteinte des cibles pour limiter le réchauffement planétaire à 1,5 degré Celsius, ainsi que le retrait des investissements des institutions d’enseignement dans les énergies fossiles.

À travers leurs demandes et lors de leur conférence de presse, les porte-parole de La planète s’invite à l’Université ont fait part de leur inquiétude et de leur sentiment d’impuissance face aux actions incohérentes des gouvernements et de leurs institutions, qui continuent d’encourager les industries du pétrole, entre autres.

Vague de mobilisation

À l’Université Laval, deux étudiantes ont rapidement contacté le collectif montréalais afin d’avoir les informations nécessaire à partager avec les jeunes résidant à Québec.

« L’Université Laval, c’est un très grosse université. Ce serait significatif d’avoir un mouvement étudiant à Québec. On veut montrer que [les changements climatiques]c’est une cause qui rallie tout le monde, que tout le monde est touché par les conséquences », explique l’une des instigatrices du mouvement dans la capitale, l’étudiante Andréane Moreau.

Le comité, qui compte déjà une dizaine de membres intéressés à s’engager, prévoit rejoindre le mouvement en proposant une grève le 15 mars et en incitant les étudiants à poser des gestes concrets qui « vont démontrer aux gouvernements qu’on agit au quotidien dans notre communauté », indique Andréane Moreau. 

Se présentant tous sous la bannière de « La planète s’invite à l’Université », les groupes étudiants de partout au Québec partagent sur Facebook des documents contenant leurs principales demandes, ainsi que la marche à suivre pour apporter l’idée de la grève en assemblée générale. 

Le mouvement des grèves pour le climat fait écho à l’appel lancé par la jeune activiste suédoise Greta Thunberg, dont le discours à la COP24 a fait le tour du monde. Depuis quelques mois, des jeunes de l’Australie, des Etats-Unis, du Canada, de Belgique, des Pays-Bas, de l’Allemagne, de la Suisse et de la France ont décidé de sécher leurs cours et de manifester pour que les gouvernements prennent action.

Pour suivre le mouvement : https://www.facebook.com/pg/laplanetealuniversite/

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