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L'insalubrité dans la ville de Kinshasa : un problème majeur de santé publique


La ville de Kinshasa est devenue un dépotoir des immondices, depuis que l’hôtel de ville a repris la gestion des déchets en 2015.

De 2005 à 2015, le Programme d’Assainissement Urbain de Kinshasa (PAUK), devenu le Programme d’Assainissement, de Réhabilitation et d’Aménagement Urbain de Kinshasa (PARAU) en 2010, était financé par l’Union Européenne. Depuis que ce projet est terminé, l’hôtel de ville de Kinshasa connait des difficultés pour rendre la ville propre.

Le PARAU a pourtant laissé à l’hôtel de ville tous les matériels nécessaires pour poursuivre son travail ; malheureusement l’hôtel en est incapable. Avec le PARAU, les camions bennes faisaient au moins 10 rotations par jour pour enlever les déchets dans les bacs de transferts des 9 communes de la ville afin de les acheminer au Centre d’Enfouissement Technique (CET) de Mpasa. Ce centre, d’une superficie de 250 hectares, est disposé pour enfouir les déchets produits par la ville de Kinshasa.

Malgré tous ces matériels, il n’y a pas de progrès ni d’amélioration pour la ville de Kinshasa : les camions bennes en charges de transport des immondices ne circulent plus comme auparavant dans la ville ; les agents en charge de la collecte de déchets ne sont plus réguliers car leurs salaires ont été abaissés et leur effectif a été réduit ; les endroits construits dans les neuf communes pour la collecte des déchets sont abandonnés, supprimés ou détruits.

C’est pour cela qu’il n’y a presque plus d’endroits indiqués pour permettre à la population de jeter des déchets ; par conséquent, il y a des immondices partout dans la ville qui s’accumulent, provoquant ainsi des odeurs désagréables et causant des maladies. Il faut aussi reconnaître une part de responsabilité de certaines personnes qui, même avec un bac de transfert à côté, jettent des immondices dans des caniveaux et dans la rue.

Lors de l’inauguration du nouveau bâtiment de l’hôtel de ville que le gouverneur sortant, André Kimbuta, vient de mettre à la disposition du gouvernement provincial le lundi 11 février 2019, revenant sur l’insalubrité de la ville de Kinshasa, le porte-parole du gouvernement, Dominique Weloli a justifié les difficultés d’assainissement de la ville par la non-rétrocession de 40% des frais des recettes nationales aux provinces.

En effet, étant donné que le pays ne dispose pas encore d’une usine de recyclage de déchets, l’hôtel de ville devrait continuer dans la même démarche du PARAU en évacuant chaque jour les immondices car la ville produit 90 000 tonnes de déchets, mais l’hôtel de ville n’en dégage que 20 000 tonnes au quotidien, a expliqué Dominique Weloli.

La gestion des déchets joue un rôle important dans la protection de l’environnement et le développement durable ; faute de disposer des usine de recyclage des déchets à Kinshasa et en République Démocratique du Congo, il est recommandé par la FENECO-UNTC, en vue de permettre de protéger la population contre les différentes maladies liées à l’insalubrité, de :

  • Mettre en place une méthode de suivi pour assurer l’évacuation des immondices en temps convenable ;
  • Investir suffisamment dans l’évacuation complète des immondices par des méthodes appropriées ;
  • Renforcer l’éducation de la population dans la gestion des déchets ;
  • Doter les agents de différentes ONG associées à l’hôtel de ville à qui revient la charge d’assainir l’environnement des matériels nécessaires pour améliorer la qualité de leur travail.

Il y a urgence d’agir, car il en va de la santé publique et du bien-être de la population.

 

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