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Cameroun : la suspension des activités de la police municipale dans la ville de Yaoundé


Les attitudes et comportements des populations de nos différentes villes urbaines sont étranges ces derniers temps. C’est chacun qui salit, qui détruit impunément.

Le désordre et la désobéissance observés dans les grandes villes du Cameroun en général et dans le département du Mfoundi en particulier, ont amené la Communauté Urbaine de Yaoundé, après plusieurs activités de sensibilisation, à mettre en place une police municipale dans l’ensemble des circonscriptions du département du Mfoundi.

Mais qu’est-ce donc que la police municipale, en quoi diffère-t-elle de la police nationale ?La police municipale au Cameroun, ce sont des agents municipaux rémunérés par la Communauté Urbaine, ayant la charge de la lutte contre le désordre urbain principalement dans l’ensemble des arrondissements de Yaoundé. De prime abord, l’idée de la création de cette police était très bonne, amener les populations des villes et principalement celles de la ville de Yaoundé, se livrant à un désordre sans pareil, à changer ces habitudes qui ternissent l’image de la Capitale Politique. Au départ, leur présence dans les rues était dissuasive car visant à décourager les petits vendeurs à la sauvette, activité commerciale qui encombrait les principaux axes de la ville.

L’entêtement des citadins a conduit peu à peu cette police à adopter d’autres méthodes de travail (confiscation des articles).Mais les dérives observées çà et là lors des interventions perpétrées par ces agents municipaux ont atteint et franchi ces jours, le pont de l’inacceptable : extorsion des sommes d’argent, destructions des marchandises en passant par la bastonnade. En effet le treize février dernier, les populations du quartier Elig Edzoa à Yaoundé ont assisté à un affrontement entre les éléments de la police municipale et des usagers ; une autre rixe a éclaté le 8 janvier dernier au marché central de Yaoundé. L’interpellation d’un marchand par la police municipale a tourné en un affrontement entre cette police et les vendeurs.

Ces derniers se plaignent de la destruction de leurs marchandises ou de l’extorsion de fonds.Les multiples plaintes des commerçants et autres populations suite à ces faits, ont amené le Préfet du Département du Mfoundi dont le Chef-lieu est Yaoundé, par un arrêté préfectoral à interdire pendant trente jours, toutes activités de cette police municipale. Le texte spécifiait que ce délai pouvait être reconduit en cas de besoin.

Cette mesure a réjoui plus d’une personne car, loin de moraliser et d’amener les populations à l’ordre, les activités de cette police s’apparentaient à des braquages. Vivement que d’autres stratégies soient envisagées pour une amélioration de l’activité commerçante dans la cité et une moralisation de la population d’une part, et d’autre part une redéfinition du cahier de charge de ces agents municipaux s’impose afin de contrecarrer les abus relevés.

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