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Des cercles d'études en République démocratique du Congo


Du 11 au 17 mars dernier, une équipe de représentants de trois organisations syndicales (la Centrale des syndicats du Québec, Läraförbundet de Suède et l’Internationale de l’Éducation) s’est rendue en République démocratique du Congo pour faire l’évaluation du Programme des cercles d’études dans les écoles de la RDC (PROCEEC).

Ce programme a jusqu’ici permis la mise en place de cercles d’études dans les établissements scolaires publics de six régions parmi les 26 que compte la RDC, selon l’adaptation au monde de l’éducation de la méthode de formation par les cercles d’études (MEFOCE) déjà déployée dans plusieurs secteurs du pays dans le cadre de l’Union Fait la Force, conduite avec l’appui de la Fédération générale des travailleurs belges (FGTB).

Dans chacun des sites, il y a eu formation de quinze formateurs et de trente animateurs avant la mise sur pied des cercles d’études. Ainsi, les six villes de Kinshasa, Matadi, Bandundu, Mbandaka, Kananga et Mbujimayi ont bénéficié de cette intervention.

Actuellement, 180 cercles d’études fonctionnent régulièrement normalement à travers le pays à raison de 30 pour chacune des six villes concernées.

Sous l’arbre à palabres

À Mbujimayi par exemple, le représentant de la CSQ, Luc Allaire, a pu assister à des réunions de sept cercles d’études. Les sujets traités portaient sur des sujets variés comme les protections sociales, le versement des salaires, la mutuelle de santé ou la qualité de l’éducation.

Dans plusieurs cas, les réunions se tenaient à l’extérieur sous un arbre, comme cela se faisait autrefois dans les villages africains où les habitants se réunissaient sous l’arbre à palabres pour discuter de leurs problèmes et chercher des solutions.

Sous ces arbres à palabres modernes, les enseignantes et enseignants exposaient en toute sincérité les problèmes qu’ils rencontraient. Sur la question des salaires par exemple, il y avait unanimité pour dénoncer les salaires trop bas (moins de 80 d0llars américains par mois). Pour pallier cet état de fait, les chefs d’établissement des écoles publiques demandent aux parents de payer des frais de scolarité pour ce qu’ils appellent pudiquement « la motivation des enseignants ».

Cependant, comme l’ont mentionné de nombreux enseignants, cette exigence a des conséquences négatives sur la qualité de l’éducation et la réussite des élèves. En effet, lorsqu’un parent n’a pas les moyens de payer ces frais, l’élève est chassé de l’école. Il manque alors de nombreuses journées d’école et rien n’est prévu pour qu’il puisse reprendre les cours qu’il a ratés. Ce qui entraîne de nombreux échecs scolaires.

La gratuité scolaire n’existe pas en RDC

La solution serait évidemment la gratuité scolaire. Cependant, même si la gratuité de l’éducation en RDC figure dans les textes de loi qui régissent le pays, elle n’est pas appliquée sur le terrain. Non seulement le concept de gratuité est-il inconnu dans l’exercice de  métier de certains promoteurs des écoles, mais il s’ajoute la méchanceté dans le comportement de certains directeurs responsables de la discipline des écoles vis-à-vis des enfants pauvres et démunis.

Par exemple, pour faire respecter le caractère obligatoire du port de l’uniforme qui est obligatoire dans la pluparts des établissements scolaires, certains directeurs n’hésitent pas à couper sans remords les habits des élèves qui ne respectent pas ce principe avec une paire de ciseaux. Telle est la punition infligée pour cette catégorie d’enfants, et souvent ce sont des directeurs religieux qui passent ainsi à l’action, une forme de violence autorisée en RDC. Cette situation ne contribue certainement pas à l’éducation de qualité chez les apprenants. 

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