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Publication d'une carte permettant d'identifier les dépôts d'éléments radioactifs en Europe


Un consortium d’instituts et d’universités européennes vient d’affiner les cartes indiquant les dépôts d’éléments radioactifs dans les sols de la France, de l’Italie, de l’Allemagne, de la Suisse et de la Belgique.

Ces dépôts radioactifs sont la conséquence de deux phénomènes. Le premier, ce sont les essais nucléaires atmosphériques entrepris dans les années 1960. Ces derniers, très principalement ceux de la France en Algérie, ont relâché du césium et du plutonium, qui ont circulé dans l’air de manière très homogène, avant d’être plaqués au sol par de fortes pluies. Le second facteur, tient à la catastrophe nucléaire de Tchernobyl, du 26 avril 1986, en Ukraine. Cette catastrophe a arrosé l’Europe en césium et non en plutonium contrairement aux tests nucléaires susnommés.

Le césium est ainsi réparti de manière importante dans le sud de l’Allemagne, en Suisse et à l’est de la France, ainsi que le nord de l’Italie. Le plutonium lui s’est déposé en grande quantité dans le Massif central et au nord des villes de Milan et de Turin.

La différence de répartition entre le césium et le plutonium s’explique en raison de l’altitude qu’on atteint ces éléments radioactifs. Les essais nucléaires ont été effectués dans l’atmosphère, ce qui explique que seules des pluies importantes aient pu plaquer ces éléments au sol, alors que la catastrophe de Tchernobyl a soufflé les éléments nucléaires au niveau le plus bas possible, celui compris entre la surface du globe et l’atmosphère, la troposphère. En conséquence, de faibles pluies ont suffi à amener les éléments radioactifs dans le sol. Cela explique la raison pour laquelle des régions particulièrement pluvieuses comme la Bretagne ont été plus contaminées que la moyenne par les dépôts provenant des essais nucléaires.

Reste désormais à établir les conséquences de ces présences plus ou moins importantes d’éléments radioactifs dans le sol. Néanmoins, leurs effets sur la santé humaine semblent négligeables. Par exemple en France, cela ne représente que 0,4% de l’exposition nucléaire à laquelle est exposé un individu. Les examens médicaux, l’exposition au radon (gaz radioactif naturel présent dans certains bâtiments), ou encore l’irradiation tellurique sont bien plus conséquents par rapports à ce que provoquent conjointement Fukushima, Tchernobyl et les essais nucléaires.

Il ne faut néanmoins pas banaliser les conséquences d’événements tels que ceux de Tchernobyl. Mikhaïl Gorbatchev, secrétaire général du parti communiste de l’Union soviétique à l’époque des faits, affirmait encore en 2011 : « Nous n’avons pas encore pris toute la mesure de cette tragédie ».

 

 [MOGED]

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