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Le " Fashion Pact " : comment la pollution plastique s'est intégrée dans la culture de la mode


L'industrie de la mode commence à travailler pour réduire son empreinte carbone et sa pollution en recyclant des objets initialement fabriqués en plastique. Les mots «pollution plastique» évoquent des images de bouteilles et de sacs en plastique jetés, d'engins de pêche abandonnés et de mégots de cigarettes écrasés posés sur une belle plage ou flottant sous l'eau. Dans cette imagerie, le flux et le reflux de la pollution plastique sont visibles à l'œil nu. Mais le plastique que nous pouvons voir n'est qu'une partie du problème. Ce que nous ne voyons pas si facilement, ce sont les fibres de plastique microscopiques ressemblant à des cheveux qui traversent l'eau et l'air, s'accumulent sur les plages et dans les océans.

Certaines recherches estiment qu'environ 60% seulement de la masse totale de plastique entrant dans les océans est facilement visible car une grande partie se décompose facilement en petits microplastiques et coule sur le fond marin. Cette invasion sous-marine invisible des microfibres provient principalement de vêtements fabriqués à partir de tissus synthétiques comme le polyester, la rayonne et le nylon, et menace la santé de la vie marine qui les consomme, ainsi que notre propre santé. En 2016, 65 millions de tonnes de plastique ont été produites pour les fibres textiles, soit près de 20% de la production totale de plastique produite chaque année. En outre, le plastique utilisé dans le cadre de la mode génère aussi d’énormes quantités d'eaux usées et démet d'énormes quantités de carbone.

En reconnaissance des objectifs de développement durable des Nations Unies, le président français Emmanuel Macron a lancé le "Fashion Pact" lors d'une réunion du G7 en 2019. Cet accord entre 32 entreprises et 150 marques (dont Gucci, Chanel et Nike) contient un ensemble d'objectifs partagés que l’industrie de la mode doit s'efforcer d’atteindre afin de réduire son impact environnemental. Les entreprises et les marques de vêtements sont encouragées, mais pas mandatées, à atteindre zéro émission de gaz à effet de serre d'ici 2050, restaurer les écosystèmes naturels et protéger les espèces, et réduire l'utilisation de plastique à usage unique.

Ainsi, les marques Everlane, Adidas, Rothy’s, Girlfriend Collective, Patagonia et H&M ont toutes commencé à incorporer du plastique recyclé à partir de polyester, de bouteilles de soda et de filets de pêche dans leurs produits. Certaines se sont même engagées à retirer complètement le plastique vierge de la chaîne d'approvisionnement. L'utilisation de matériaux recyclés réduit ainsi les eaux usées et les émissions de carbone impliqués dans la production de tissus.

Les leaders de l'industrie ont aussi la possibilité d’adhérer à la Charte de l'industrie de la mode pour l'action climatique qui appelle à des émissions nettes nulles d'ici 2050, ainsi qu'à la Campagne de mode consciente, qui travaille avec les leaders mondiaux pour atteindre les objectifs de développement durable.

Ces actions sont une tendance encourageante, mais peu d'entreprises évitent les fibres synthétiques pour s'attaquer directement à la question des microfibres. De plus, les consommateurs doivent examiner les petits caractères pour s'assurer du respect de ces normes. La transparence des informations doit être intégrée au tissu de ces marques afin que les consommateurs puissent pleinement comprendre leur impact. De plus, ces solutions, notamment l'utilisation de plastique recyclé, ne résolvent pas le rejet inévitable de microfibres dans l'océan, même si elles contribuent à sa réduction.

[MOGED]

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