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Au Niger, le Gret investit les radios communautaires


Confrontés à de nouvelles contraintes sanitaires liées à la pandémie de Covid-19, le Gret et ses partenaires du projet Fopat au Niger ont innové pour permettre la continuité des activités de sensibilisation à la nutrition. Les radios communautaires sont ainsi devenues un outil clé dans la lutte contre la pandémie de Covid-19 et la malnutrition en milieu rural.

 

Le projet Fortification des produits alimentaires transformés de consommation courante au Niger (Fopat), financé par l’Union européenne et la Principauté de Monaco, vise depuis 2017 à appuyer la structuration des filières locales de produits alimentaires transformés. Mis en œuvre par le Gret et le Programme alimentaire mondial (PAM) dans quatre régions du Niger – Dosso, Tahoua, Maradi et Zinder – ce projet œuvre pour que les produits transformés localement puissent être évalués de manière sûre et fiable. Avec ses dix animateur·rice·s en sensibilisation déployé·e·s dans les régions, le projet Fopat sensibilise les communautés, afin qu’elle améliorent leurs pratiques et leurs connaissances sur les bénéfices qu’apportent une alimentation équilibrée et diversifiée, combinée à un renforcement des mesures d’hygiène.

 

Une nécessaire restructuration des activités de sensibilisation

Suite à la crise sanitaire liée à la pandémie de Covid-19, et pour éviter d’exposer les animateur·rice·s et les communautés rurales à la propagation du virus, le Gret a recentré sa stratégie de sensibilisation vers des actions dématérialisées, notamment à travers les radios communautaires. De plus, des messages de sensibilisation aux gestes barrières et à l’hygiène se sont ajoutés à la sensibilisation alimentaire et nutritionnelle.

Ainsi, des émissions radio ont été réalisées par les animateur·rice·s du projet, en collaboration avec les animateurs des stations radio partenaires. Préalablement formé·e·s sur les différents messages à diffuser, ils·elles ont pu être appuyé·e·s par des membres des Services de santé des districts.

Outre les animations, des débats radiophoniques ont également été organisés, notamment via une séance mensuelle de questions-réponses en lien avec les messages diffusés tout au long des derniers mois. L’objectif est de permettre aux communautés de se souvenir des conseils et des messages essentiels diffusés durant les séances d’animation et de les appliquer dans leur vie quotidienne. Les émissions-débats sont organisées avec l’appui des points focaux nutrition et des leaders communautaires, notamment les chefs de villages et les président·e·s des unités de production de produits alimentaires fortifiés.

 

Impliquer les communautés autour de ce nouveau média

 Afin de toucher un maximum de personnes, des crieurs publics ont été mobilisés pour informer la population la veille et le jour même des différentes séances d’animations et de débats. Ces incitations, ainsi que la variété des débats diffusés, ont permis une participation massive des communautés rurales visées par le projet. Il a ainsi été constaté l’apparition de clubs d’écoute autour des postes de radio aux heures de passage des messages de sensibilisation et des émissions-débats.

Cet engouement se justifie par le travail de préparation des communautés réalisé en amont par les animateur·rice·s, les crieurs publics et les chefs de villages. En effet, avant le lancement des activités radiophoniques, les communautés ont été informées des heures de passage des séances d’animation et des émissions-débats, afin de maximiser le nombre d’auditeur·rice·s.

 

Malgré un contexte difficile, les activités du projet Fopat continuent ainsi de se développer, et ouvrent même de nouvelles perspectives en matière de sensibilisation en zone rurale. Cette expérience réussie se prolongera dans le cadre du projet, et pourrait même se répliquer sur d’autres terrains d’intervention du Gret.

 

Témoignages

« Grâce aux messages que j’ai entendus sur la radio Kakaki, je suis plus vigilant dans mon foyer sur l’hygiène, et notamment le lavage des mains à l’eau et au savon. C’est un conseil pratique et simple à appliquer, qui nous évite d’être malades. La quasi-totalité des hommes du village ont entendu les messages, car tous ont un poste de radio et Kakaki est écouté par tout le monde ici dans nos contrées. »

Idi Hamissou, habitant du village de Sarkin Hatsi  

 

« Un des principaux objectifs de la radio communautaire est de sensibiliser les communautés rurales à travers des émissions éducatives. Nous avons été formés à cet effet. Le lancement récent des émissions-débats, que les auditeur·rice·s ont particulièrement appréciées, constitue une nouveauté. »   

Oumarou Hassane, animateur de la radio communautaire Murya Gabass, à Djirataoua

 

« Nous, membres de l’Union Haddin Kaye mata, avons été informées du démarrage des sensibilisations à travers la radio Kakaki par le crieur public du village. J’ai demandé à toutes nos membres de s’organiser pour écouter les émissions de chez elles car en ce moment nous avons dû arrêter les rassemblements pour respecter les instructions du gouvernement et faire barrière au coronavirus. Nos époux ont aussi écouté attentivement les messages à la radio, et nous avons beaucoup échangé sur ces sujets. »

Hadjia Tchima, présidente d’une coopérative de Sarkin Hatsi

 

« Les messages sur l’hygiène, et notamment le lavage des mains à l’eau et au savon, sont cohérents avec les prescriptions religieuses. Quand je les ai entendus à la radio, j’ai demandé à toutes et tous de pratiquer les conseils véhiculés : laver nos mains à l’eau et au savon chaque fois que nous sortons des toilettes, que nous allons manger, que nous touchons les animaux, et demander à tous les membres de nos ménages d’en faire de même. Merci à la radio Mura Gabass. »

Malam, leader religieux du village de Keguel

 

« Nous menons des actions de sensibilisation sur l’hygiène et plus globalement sur la bonne nutrition de toute la population chaque fois que nous en avons l’occasion. Mais il faut reconnaître que nous sommes souvent confronté·e·s à un problème de financement. Les communautés ont pourtant grandement besoin d’être sensibilisées. Aussi, l’accompagnement des ONG est toujours apprécié par les responsables du District sanitaire. À titre personnel, je trouve que ses séances d’animation et d’émissions-débats ont considérablement contribué à faire prendre conscience aux communautés des avantages d’appliquer les mesures d’hygiène et de respecter les gestes barrières. »

Mamane Kabirou, Point focal nutrition du District sanitaire de Madarounfa

 

En savoir plus sur les actions du Gret au Niger

En savoir plus sur le programme Nutridev

Le Gret se mobilise sur ses terrains d’intervention pour répondre à la pandémie

 

Ce projet a été élaborée avec l’aide de l’Union européenne. Le contenu de cet article relève de la seule responsabilité du Gret et ne peut aucunement être considéré comme reflétant le point de vue de ses partenaires financiers.

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