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GUIDE DE REFERENCE SUR L'ECOCITOYENNETE: AGIR POUR L'ECOCITOYENNETE



  • 3.1. CONTRAT SOCIAL ENVIRONNEMENTAL

    Nous empruntons les terres des futures générations. Chaque citoyen est alors engagé de façon involontaire dans un contrat social qu’il est tenu d’honorer.

    Il faut forger une responsabilité sur les jeunes générations et celles à venir. Cependant, il faut aussi agir afin de réorienter les pratiques environnementales actuelles des adultes. Cela voudrait dire qu’il faut agir sur les adultes également afin d’agir immédiatement sur toutes les couches de la population.

    Notre environnement, c’est-à-dire notre milieu de vie quotidienne (l’école, la maison, le service, les lieux de loisirs), est constitué des composantes humaines, socioculturelles, technologiques, historiques, etc., si bien que la responsabilité que nous avons vis-à-vis de l’environnement va concerner notre relation avec autrui, les générations futures et la nature.

    C’est justement “la reconnaissance généralisée de l’importance que revêtent les questions environnementales, doublée de mécanismes favorisant toujours plus la participation du citoyen aux choses de la cité qui ont fait apparaître le concept d’écocitoyenneté, …”, vers les années 1970. Ce concept a été généralisé depuis la conférence de Rio de Janeiro en 1992.

    Il faut savoir que l’écocitoyenneté vise à favoriser la réalisation du droit de tout Homme à un environnement sain et que la réalisation de ce droit est une affaire de tous les citoyens. Ce qui suppose un comportement responsable du citoyen et un comportement collectif favorable à la préservation de l’environnement et au développement durable.


    3.2. DROITS EN ENVIRONNEMENT

    3.2.1. Le droit à un environnement sain

    Si on aborde la question d’un droit de l’homme à un environnement sain, son devoir envers son environnement doit être bien expliqué, ce qui n’est pas souvent le cas. Pourtant, bien que le concept d’écocitoyenneté ne soit pas bien connu dans nos contrées ou que son usage est peu courant dans nos langages, il a néanmoins un fondement juridique dans notre pays. En effet, la Constitution en son article 29 (Titre I portant ) dispose : “le droit à un environnement sain est reconnu ; la protection, la défense et la promotion de l’environnement sont un devoir pour tous”. En outre, l’article 30 précise que tout citoyen a le droit d’initier une action ou d’adhérer à une action collective sous forme de pétition contre des actes :

    - lésant le patrimoine public ;
    - lésant les intérêts des communautés sociales ;
    - portant atteinte à l’environnement ou au patrimoine culturel ou historique.

    La notion d’écocitoyenneté découlant naturellement de la citoyenneté, il va s’en dire que l’écocitoyenneté, est l’expression de la citoyenneté dans le domaine de l’écologie ou de l’environnement et que les notions d’écocitoyenneté et de droit à un environnement sain sont alors intimement liées.

    3.2.2 Le droit à une éducation environnementale

    L’écocitoyenneté étant un état d’être, un comportement, il en découle que chaque individu a le droit de comprendre et d’agir en fonction de son milieu de vie. Ces capacités individuelles ou collectives même si elles existent, sont souvent en deçà de ce qui peut être fait, si bien qu’il faut faire recours à l’éducation pour développer le maximum de connaissances des acteurs.

    En effet, le droit au savoir pour mieux se comporter et préserver l’environnement peut s’obtenir à travers l’éducation relative à l’environnement qui est le processus par lequel les individus et les groupes sociaux acquièrent les connaissances, les compétences ainsi que l’état d’esprit de mener des actions responsables pour protéger ou réparer leur environnement.

    A travers des formations, des éditions de supports pédagogiques et de sensibilisation du public, etc., nous pouvons élargir l’impact de l’écocitoyenneté au maximum, susciter des types de comportement et des modes de vie respectueux de l’environnement et partant, cultiver une éthique de l’environnement. A l’évidence, si la citoyenneté donne des droits, elle crée des devoirs envers l’Etat et envers les autres citoyens.

    3.3. DEVOIRS EN ENVIRONNEMENT

    3.3.1. Les devoirs du citoyen envers l’environnement

    Si le droit à un environnement sain constitue un droit humain fondamental, sa jouissance effective dépend, en fait du comportement des individus vis-à-vis de l’environnement.

    Il se pose alors des questions concrètes, telles que celles du rôle ou de la responsabilité du citoyen dans la préservation ou la dégradation de l’environnement, du comportement idéal du citoyen en matière d’environnement, ou encore des modalités de mise en œuvre du droit à un environnement sain. Ces modalités n’ont pas été omises dans la Constitution. En effet, le Titre II de l’article 29 stipule que la “protection, la défense et la promotion de l’environnement sont un devoir pour tout citoyen ”. Le développement doit viser le plein épanouissement des êtres humains d’aujourd’hui et de demain. L’être humain fait partie d’un système complexe de relations et d’interrelations avec son milieu naturel. Il en résulte que toute action humaine a des effets directs ou indirects insoupçonnés.

    Nous devons chacun, prendre des mesures et prendre conscience de la part de responsabilité que nous portons à travers l’exercice des droits et devoirs en matière de préservation de l’environnement.

    Des mesures qui participent à leur manière, au développement de l’écocitoyenneté de chacun, afin que la notion de devoir de l’homme envers l’environnement prenne sens.

    3.3.2. Les devoirs collectifs

    Un devoir comme un droit concerne tout le monde, pas uniquement les enfants en âge de scolarisation, mais également tous ceux qui sont dans la vie active ainsi que les retraités, etc.

    Chaque citoyen doit prendre conscience qu’il participe à une dynamique collective, présente et future et qu’il a le devoir d’agir en toute circonstance.

    3.4. QUELS SONT LES RISQUES ET ESPOIRS

    Risques de la survie de l’espèce humaine si nous continuons ; espoir, si nous changeons de comportement !

    Si l’écocitoyenneté est un comportement positif du citoyen conscient de la nécessité de satisfaire ses besoins sans mettre en danger l’environnement, elle trouve son fondement théorique dans l’idée que l’environnement et les ressources naturelles sont fragiles et ne sont pas inépuisables et parfois non renouvelables ou irréversibles et que le mauvais comportement de l’individu peut contribuer à les dégrader. Nous courons donc des risques (catastrophes naturelles, réchauffement de la terre, pollutions, désertification, dégradation de la diversité biologique, apparition de nouvelles maladies, etc.) si toute l’espèce humaine ne prend pas conscience et ne change pas de comportement vis-à-vis de l’environnement. Dans ce sens tout le monde doit savoir que l’environnement est un bien commun, un patrimoine fragile qu’il convient de protéger, sinon les risques seront difficiles à corriger.

    Toutefois, il y a toujours de l’espoir si nous changeons. Avec l’adoption d’une attitude écocitoyenne notamment, nous pourrons inverser la tendance à la dégradation et espérer un lendemain meilleur, pour tous.

    3.5. RÔLES ECOCITOYENS DE CHAQUE ACTEUR

    Si l’écocitoyenneté est la manière de penser, de se comporter et d’agir en faveur de la gestion durable des ressources naturelles et de l’amélioration du cadre de vie, sa mise en œuvre consiste donc à mener des actions publiques favorables à l’émergence, la mise en œuvre et l’accomplissement de la volonté et de la responsabilité individuelles citoyennes en matière d’environnement. Quels rôles alors chaque acteur peut-il et doit-il jouer, en fonction de la catégorie où il se situe : individus, communautés, institutions nationales, institutions régionales et internationales ?

    3.5.1. Les Acteurs de l’éducation environnementale

    Pour la prise de conscience du public, des actions simples d’accompagnement peuvent être mises en place aux différents niveaux pour le citoyen. A ce titre, on peut retenir la sensibilisation du milieu scolaire formel ou informel : en tant que futurs citoyens, les enfants constituent les relais de sensibilisation primordiaux au sein des familles. Ainsi, les parents écocitoyens sont les premiers éducateurs en matière de protection de l’environnement. La formation écocitoyenne en milieu informel ou non informel est primordiale, cependant, il faut faire appel à la communication sous toutes ses formes pour accompagner ce système éducatif si on souhaite agir largement et rapidement. Dans ce sens, les divers supports d’information doivent permettre de mobiliser un plus grand nombre de citoyens, des plus jeunes au plus âgés.

    Cela peut passer par la vulgarisation de l’information environnementale, comme les informations météos, les magasines santé, les chroniques et reportages sur l’environnement,…

    L’information et la communication constituent des outils et moyens à même de forger l’écocitoyenneté. Alors les organes de presse (presse écrite, les radios publiques et privées, les chaînes de télévisions, les supports didactiques et spots publicitaires, les canaux traditionnels de communication) doivent être mis à contribution continuellement.

    3.5.2. L es actions communes et individuelles

    J’appartiens à un milieu social donné, dans quelles actions collectives spécifiques je peux m’engager pour prouver mon écocitoyenneté ?

    3.5.3. Les communautés et organisations de la société

    3.5.4. Les institutions nationales

    Elles ont également pour rôle la réorientation des comportements, des manières de faire afin que tout le monde comprenne les bases sur lesquelles se construit l’écocitoyenneté.

    Présidents d’institutions, Membres du Gouvernement, Députés et Elus locaux, techniciens des services, devraient être tous individuellement des écocitoyens. Quels rôles peuvent-ils alors jouer de par leurs fonctions ou la place qu’ils occupent pour prouver leur écocitoyenneté ?

    3.5.5. Les institutions au plan international

    Les partenaires techniques et financiers ont principalement un rôle d’accompagnateur à jouer.

    3.6. ACTION PUBLIQUE D’ACCOMPAGNEMENT

    L’implication et la responsabilisation des acteurs ci-dessus cités va sans nulle doute nécessiter un accompagnement un accompagnement du pouvoir public surtout. Quel type d’accompagnement et à quel niveau (lieu).

    Le tableau ci-après indique à titre d’exemple, les domaines de compétences de certaines structures dans le cadre de l’écocitoyenneté.
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