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Lettre au ministre : mettre les finances publiques au service d'une transition écologique juste



  • Des groupes citoyens participant à des mobilisations dans le cadre la Journée mondiale de la justice sociale, le 20 février, ont rédigé une lettre adressée au sous-ministre de l’environnement Marc Croteau afin de demander une transition à la fois écologique et plus équitable.

    Des événements de mobilisation organisés par la Coalition Main Rouge et Engagez-vous ont eu lieu dans plusieurs régions du Québec. Ils demandent un réinvestissement dans réinvestissement dans les services publics, les programmes sociaux et l’action communautaires autonome.

    Selon le groupe Transition Capitale-Nationale, qui signe la lettre, la transition écologique doit être réalisée dans le respect des populations plus vulnérables et les changements apportés doivent mener vers une société plus équitable. 

    GaïaPresse publie ci-dessous la lettre envoyée aux sous-ministres Marc Croteau (Sous-ministre au ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques) et Éric THÉROUX (sous-ministre adjoint à la lutte contre les changements climatiques)

    OBJET : Urgence climatique. Urgence d’agir pour une transition écologique juste !

    Messieurs,

    Plusieurs groupes citoyens, dont le GMob et Transition Capitale-Nationale (TCN), soucieux de l’environnement, ont présenté la Déclaration d’Urgence Climatique (la DUC) à leurs instances municipales. Présentement 284 municipalités ont endossé cette déclaration ce qui représente 70% de la population québécoise. Ceci concorde avec un sondage Mainstreet de novembre dernier qui montrait que 75% des Québécois « se disent prêts à faire des sacrifices économiques pour que leurs gouvernements combattent les changements climatiques[1] ».

    En ce 20 février 2019, ces groupes citoyens se joignent à la Coalition régionale pour la journée mondiale de la justice sociale pour montrer l’urgence de mettre les finances publiques au service d’une transition écologique juste. Juste pour ceux qui sont les premiers à subir les conséquences des changements climatiques, mais aussi pour ceux qui travaillent dans des secteurs hautement producteurs de carbone et qui devront être supportés dans la transition vers une économie moins énergivore.

    Votre rôle est primordial, messieurs, afin de limiter les impacts des perturbations climatiques qui toucheront de plein fouet les gens les plus démunis de notre société. Mais aussi, afin de conserver la paix sociale.

    L’inaction et le laxisme risquent de coûter très cher socialement mais aussi économiquement. Il est reconnu que les conséquences économiques de ne pas agir seront de 5 à 20 fois plus importantes que les coûts de la lutte contre les changements climatiques (rapport Stern 2006). Le GIEC estime les coûts d’un réchauffement global de 2 degrés de l’ordre de 0,2 à 2 % du PIB d’ici 2050. Ces coûts sont divers : infrastructures à reconstruire, augmentation des problèmes de santé, récoltes détruites, etc.[2] Le Québec n’est pas épargné. Nous en avons eu un aperçu l’été dernier alors que les fortes canicules ont causé des décès et des sécheresses qui ont affecté notre agriculture. Les îlots de chaleur et l’incapacité de se protéger de tels événements sont la réalité vécue particulièrement par des gens vulnérables et démunis. Pensons aussi aux dommages économiques (et psychologiques) causés par les crues et les érosions des berges. Même le maire des Îles de la Madeleine crie au secours[3] !

    Les preuves ne sont plus à faire concernant les conséquences des changements climatiques sur les populations vulnérables et sur l’économie. C’est amplement documenté ! Il est temps d’agir sérieusement et c’est là que nous vous demandons de mettre toute votre expertise et celle de votre ministère au service de la population.

    On ne peut plus se permettre « d’acheter » des emplois qui polluent tels que ceux de la cimenterie McInnis; de subventionner à coup de millions de dollars des énergies, soi-disant de transition, comme le gaz « naturel »; d’accepter la construction d’un gazoduc pour lequel la production de GES en amont ne sera pas calculée; de cautionner l’implantation d’une usine de transformation de gaz naturel liquéfié au Saguenay, risquant de mettre en péril la vie des bélugas et de subventionner la recherche de pétrole comme dans le cas du projet GALT qui entraînera 40 ans d’exploitation pour 42 jours de consommation pétrolière. Ces actions sont des aberrations écologiques et économiques ! Et vous devez vous y opposer !

    Il faut que votre ministère prenne la place qui lui revient en insistant auprès des instances gouvernementales et de votre ministre pour instaurer des actions qui mettront un terme à la destruction de notre environnement, de la qualité de notre air et de notre eau, mais surtout pour fournir un plan concret de réduction drastique de nos émissions de GES.

    La société civile est prête. Elle le démontre, entre autres, en entamant des actions collectives contre leur gouvernement[4], en planifiant des grèves pour le climat[5] mais aussi en signant le Pacte pour la Transition (signé par près de 265,000 personnes à ce jour), et en appuyant un projet de loi soumis par les instigateurs de ce Pacte pour faire respecter les cibles de réduction des GES, fixées par le Québec.

    Ce projet de loi vous concerne au plus haut point puisqu’il demande que« tout projet de loi, de règlement, de décret ou d’arrêté ministériel, de même que tout projet d’acte administratif, tel un projet d’orientation, de politique, de plan ou de stratégie, qui est soumis au Conseil exécutif, au Conseil du trésor, à un comité ministériel ou à un ministre, ne peut faire l’objet d’une recommandation ou d’une décision que s’il est compatible avec l’atteinte des cibles de réduction des émissions de gaz à effet de serre [article 4][6] ». Il faut le défendre !

    Nous sommes tous conscients – et vous aussi sûrement – qu’il reste peu de temps pour agir, le GIEC nous l’a bien fait comprendre. Les gens sont prêts pour une transition juste et ils comptent sur vous !

    Pour Transition Capitale-Nationale :

    • Lucie Bergeron
    • Michel Côté
    • Alain D’Eer
    • Marc Fiset
    • Sophie Le Blanc
    • Pierre Richard
    • Anne Rufiange

    [1]  Sondage Mainstreet: les Québécois ont à cœur l’environnement …

    https://www.lesoleil.com/…/environnement/sondage-mainstreet-les-quebecois-ont-a-cu…

    [2]  Les changements climatiques coûtent cher. Notre inaction … – Equiterre

    https://equiterre.org/fiche/les-changements-climatiques-coutent-cher-notre-inaction-augmente-ces-couts

    [3]     Érosion des côtes: le cri du cœur des Madelinots | Le Devoir

    https://www.ledevoir.com/societe/environnement/547562/survie-des-iles-menacee

    [4]     Climat : demande d’action collective contre le gouvernement fédéral au nom des jeunes du Québec

    https://quebec.huffingtonpost.ca/2018/11/26/demande-action-collective-climat-jeunes-gouvernement-federal_a_23601311/

    [5]  Grève pour le climat : des centaines d’enseignants appuient les étudiants

    https://www.lapresse.ca/environnement/climat/201902/12/01-5214481-greve-pour-le-climat-des-centaines-denseignants-appuient-les-etudiants.php

    [6]  LE PACTE POUR LA TRANSITION – Le Pacte

    https://www.lepacte.ca/
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