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" Lost in wilderness " : quel animal vous effraie le plus ?



  • « Tu es seul(e), perdu(e) dans la nature et tu dois atteindre le plus vite possible un poste de secours. Fais très attention, des animaux sauvages rôdent dans les parages. Ils apparaissent deux par deux. Pour avancer, tu dois cliquer sur la photo de l’animal qui te fait le plus peur. Parfois un animal peut revenir, c’est normal. C’est parti, dépêche-toi ! »

    Voici le jeu rapide, intrigant et anonyme auquel tout un chacun est invité à participer sur biodiful.org. 

    Ce jeu est, en fait, scientifique : l’équipe de chercheurs qui le porte mène une étude sur la perception de la vie sauvage par les êtres humains. 

    Xavier Bonnet, Directeur de recherche au CNRS (laboratoire CEBC, UMR 7372), est à l’origine du projet. Il explique : « La théorie dominante affirme que la peur phobique vis-à-vis des serpents s’explique par leur influence au cours de l’évolution. Les serpents auraient façonné notre cerveau et seraient des agents majeurs de l’évolution de la lignée humaine. Mais nous n’en sommes pas si sûrs. Pour faire des analyses précises, nous avons besoin de mesurer la peur qu’inspire une diversité d’animaux, serpents et autres plus ou moins dangereux. Le poids d’un animal est facile à obtenir avec une balance, la crainte qu’il inspire est beaucoup plus difficile à obtenir. L’astuce consiste à faire des duels. Comme au tennis, le gagnant marque des points, d’autant plus qu’il bat un adversaire puissant et inversement.  A l’arrivée, comme au classement ATP, chacun a une quantité de points, un score et un classement. Grâce à l’enquête, on obtient le score de "peur" de chaque animal. Très élevé pour celui qui fait très peur, très bas pour celui qui ne fait pas peur du tout, etc. Avec beaucoup de matchs, les scores sont très précis. La crainte est très bien mesurée. Nous avons déjà plus de 300.000 matchs.»

    Le jeu est ouvert à tous, même aux enfants petits (à partir de deux ans avec de l’aide) , à toutes les nationalités (il est traduit en quatre langues), quel que soit son lieu de résidence dans le monde. 

    Six unités de recherche sont partie prenante du projet, impliquant, outre le CNRS, le Muséum d’Histoire Naturelle, l’Université Clermont Auvergne ou encore l’Inserm.

    L’étude a débuté fin avril. Une première série d’analyses sera lancée le 15 mai et la clôture de l’enquête devrait avoir lieu en juillet.

    Xavier Bonnet conclut : « Grâce à ces mesures précises, nous allons pouvoir étudier l'effet de l'âge, du sexe, du pays d'origine, etc.  Nous pensons montrer que la peur est influencée par différents facteurs, notamment culturels (donc non génétiques). Nous pensons montrer que les araignées, pourtant inoffensives, font peur, etc. Bref, démontrer que la théorie dominante est bien simpliste et certainement incapable d'expliquer nos observations basées sur un très nombre de données. Nous attaquons une théorie sur l'évolution de l'homme. »

    Précédemment, d’autres enquêtes sur le même site avaient été menées sur la beauté des animaux des jardins.

     

    [MOGED]

    (photos Biodiful) 

     

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