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Hausse des investissements dans l'éducation en Afrique subsaharienne : l'UNESCO appelle à maintenir les efforts



  • Les pays d'Afrique subsaharienne ont augmenté leurs dépenses réelles en éducation de plus de 6% par an au cours de la dernière décennie, selon un rapport publié par l'UNESCO. Malgré ces investissements, beaucoup de pays de la région sont pourtant encore loin de pouvoir fournir à tous les enfants un enseignement primaire de qualité.

    Le rapport, intitulé Nouveaux défis pour le financement de l'éducation en Afrique subsaharienne : comment gérer l'expansion tout en garantissant l'équité et la qualité ?, propose les plus récentes et plus complètes données disponibles sur le financement de l'éducation dans 45 pays africains. Publié par l'Institut de statistique de l'UNESCO (ISU), il inclut des données historiques afin de faire ressortir les tendances de ce financement depuis le Forum mondial sur l'éducation de 2000.  

    "Le rapport montre très clairement à quel point les nations africaines et leurs partenaires sont mobilisés pour atteindre l'éducation pour tous", déclare la Directrice générale de l'UNESCO, Irina Bokova. "Il montre aussi que leurs efforts portent leurs fruits, avec un nombre d'enfants scolarisés sans précédent. C'est très encourageant et cela devrait inciter tous les partenaires de l'Afrique à apporter l'appui nécessaire pour combler les lacunes qui subsistent".  

    "Le message de l'éducation pour tous a été entendu", assure Hendrik van der Pol, directeur de l'ISU. "Maintenant, nous devons protéger ces investissements face aux remous économiques actuels. Des décisions stratégiques doivent être prises en fonction de ces données et non sur de simples présomptions".  

    L'augmentation des investissements s'est accompagnée de résultats parfois spectaculaires. Entre 2000 et 2008, le nombre d'enfants scolarisés dans le primaire a progressé de 48%, passant de 87 à 129 millions. Les inscriptions dans les écoles maternelles, l'enseignement secondaire et supérieur ont augmenté de 60% au cours de la même période.  

    Au Burundi et au Mozambique, par exemple, les dépenses ont augmenté de 12% par an en moyenne. Sur 26 pays disposant de données, un seul, la République centrafricaine, a diminué ses dépenses en éducation depuis le début de la décennie.  

    On considère souvent que les investissements supplémentaires ont servi à absorber les coûts liés à la suppression des droits d'inscription dans le primaire, suppression qui a entraîné une hausse considérable de la scolarisation mais qui s'est aussi traduite par des classes surpeuplées dans beaucoup de pays africains. Selon le rapport, les dépenses publiques pour l'enseignement primaire ont progressé plus vite que les inscriptions dans ce cycle. De nombreux gouvernements ont amélioré l'accès à l'école mais ont aussi cherché à améliorer la qualité de l'éducation.  

    En moyenne, l'éducation représente plus de 18% des dépenses publiques en Afrique subsaharienne, contre 15% dans les autres régions. L'Afrique subsaharienne consacre 5% de son produit intérieur brut (PIB) à l'éducation, ce qui la place juste derrière l'Amérique du Nord et l'Europe (5,3%).  

    Malgré ces investissements, de nombreux pays de la région sont encore loin de fournir à tous les enfants un enseignement primaire de qualité. Les données les plus récentes montrent que dans un tiers des pays, la moitié des enfants ne termine pas l'enseignement primaire. Trente-deux millions d'enfants en âge de fréquenter le primaire ne sont pas scolarisés dans la région. Le rapport prévoit que ce chiffre va progresser car la population des 5-14 ans devrait augmenter de plus de 34% au cours des 20 prochaines années.  

    Compte tenu des récentes crises économiques, la plupart des gouvernements africains devront prendre des décisions stratégiques sur la façon de répondre aux besoins de leurs élèves toujours plus nombreux. Le rapport de l'ISU fournit des données permettant d'étudier les principaux choix auxquels ils sont confrontés. Par exemple, les gouvernements doivent-ils investir le plus dans le primaire, le secondaire ou le supérieur ?   

    Source : UNESCO

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