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Vient de paraître : Développer un nouveau modèle de croissance inclusive pour le XXIe siècle : Accélérer l'action climatique dans un contexte d'urgence



  • Développer un nouveau modèle de croissance inclusive pour le XXIe siècle : Accélérer l'action climatique dans un contexte d'urgence est le nouveau rapport de la Commission Mondiale pour l’Economie et le Climat (Global Commission on the Economy and Climate ) pour l’année 2018. Il présente un nouveau modèle de croissance pour le XXIe siècle et l'applique aux principaux systèmes économiques : l'énergie, les villes, l'alimentation et l'utilisation des terres, l'eau et l'ind ustrie. La nouvelle modélisation réalisée pour le rapport analyse l'opportunité économique d'une action audacieuse en faveur du climat , en utilisant le modèle macroéconomique E3ME. Le rapport a bénéficié de consultations approfondies avec les commissaires de la Commission Mondiale pour l’Economie et le Climat et plus de 200 experts, partenaires et économistes de premier plan.

    Ce rapport estime qu'une action ambitieuse en faveur du climat pourrait générer 26 000 milliards de dollars de gains économiques d’ici 2030 (cumulés). Une estimation que les auteurs qualifient de prudente.

    • Des mesures ambitieuses dans les principaux secteurs de l’économie (énergie, villes, alimentation
      et utilisation des terres, eau et industrie) pourraient :
    • Générer plus de 65 millions d'emplois à faible intensité carbone en 2030, soit l'équivalent de l'ensemble de la main-d'œuvre actuelle du Royaume-Uni et de l'Égypte.
      Éviter chaque année plus de 700 000 décès prématurés causés par la pollution de l'air à l’horizon
      2030.
    • Assurer, via une réforme des subventions et de la tarification du carbone, des recettes publiques supplémentaires estimées à 2800 milliards de dollars par an en 2030, soit l'équivalent du PIB actuel de l'Inde. Autant de fonds qui pourraient être utilisés pour investir dans les priorités nationales.


    La Commission appelle les gouvernements, les chefs d'entreprise et les responsables financiers à agir avec audace et à concentrer leur action en priorité sur quatre fronts au cours des deux ou trois prochaines années :

    1.    Accélérer  les  efforts  sur  la  tarification  du  carbone  et  rendre  obligatoire  la publication des risques financiers liés au climat :

    o    Les  principales  puissances économiques mondiales,  sous l'égide  du  G20, devraient fixer un prix du carbone d'au moins 40 à 80 dollars d'ici 2020, ainsi qu'une  trajectoire  de  croissance  prévisible  jusqu’en  2030.  Ces  puissances devraient supprimer progressivement, d’ici 2025, les subventions et allégements fiscaux accordés aux exploitations d’énergies fossiles et aux exploitations agricoles polluantes. (High-Level Commission on Carbon Prices).
    o Les entreprises et les investisseurs devraient être tenus de communiquer sur leurs risques financiers liés au climat, conformément aux recommandations du Groupe de travail sur l’information financière liée au climat (TCFD), et comme recommandé par la Commission en 2016.

    2.   Accélérer l'investissement dans les infrastructures durables :

    o Le G20 devrait poursuivre ses travaux pour développer les infrastructures en
    tant que catégorie d’actifs à part entière.
    o Les   banques   multilatérales   de   développement   devraient   doubler   leur investissement collectif en infrastructures et veiller à ce qu'ils soient durables. L'objectif : investir au moins 100 milliards de dollars par an d'ici 2020.

    3.   Mobiliser le secteur privé et libérer l'innovation :

    o D'ici 2020, toutes les entreprises du classement Fortune 500 devraient avoir des objectifs conformes à l'Accord de Paris.
    o Une impulsion en faveur de l'innovation est nécessaire. Il faut engager au moins
    50 milliards de dollars de capitaux supplémentaires d'ici 2020 pour relever les
    défis climatiques allant au-delà du secteur de l'énergie.

    4.   Construire  une  approche  axée  sur  les  besoins  des  citoyens,  qui   partage équitablement les gains et assure une transition juste :

    o Les gouvernements devraient établir des plans de transition énergétique précis afin d'atteindre des systèmes énergétiques neutres en carbone, et travailler avec les entreprises du secteur, les syndicats et la société civile afin d’assurer une transition juste pour les travailleurs et les communautés.
    o Les femmes joueront un rôle crucial dans cette transformation. Leur pleine participation à l'économie pourrait, selon certaines estimations, faire augmenter le PIB mondial de 28 000 milliards de dollars par an en 2025. (McKinsey).
    o Il est essentiel de mettre davantage l'accent sur la résilience et l'adaptation de l'ensemble des politiques et des efforts. Nous ne pouvons plus choisir entre les actions d'aujourd'hui et celles de demain. L'adaptation aux phénomènes météorologiques extrêmes est déjà essentielle, alors que les catastrophes liées au climat se multiplient.

    5.   Ce nouveau modèle de croissance a besoin de financements, qui devront être mobilisé à grande échelle et de façon cohérente avec un développement durable
    dans tous les secteurs de l'économie.

    o Les 10-15 prochaines années sont une période clé pour l’économie, car nous prévoyons d’investir environ 90 000 milliards de dollars dans les infrastructures d'ici 2030, soit davantage que la valeur du stock actuel d’infrastructures au niveau mondial. Veiller à ce que ces infrastructures soient durables sera un déterminant essentiel de la croissance et de la prospérité futures.
     o Il est urgent d'agir, car les deux ou trois prochaines années sont une période critique au cours de laquelle seront prises de nombreuses décisions politiques et d'investissement, qui façonneront les 10 à 15 prochaines années.




    Résumé des conclusions du rapport par secteur :

    Énergie

    • La  transition  vers  une  énergie  bas  carbone  est  non  seulement  techniquement  et économiquement possible, mais aussi socialement souhaitable.
    • Les énergies fossiles sont responsables de 75 % des émissions de GES (IPCC) et sont responsables d’une perte de bien-être estimée à environ 3000 milliards de dollars en 2015. (OECD).
    • Mais une dynamique en faveur de l'énergie propre est en cours. Les coûts du solaire et de
      l'éolien  se  réduisent  toujours  plus  (Lazard).  La  hausse  des  capacités  de  production d'énergies renouvelables augmente désormais plus rapidement que celle des énergies
      fossiles (BNEF).
    • Une réforme des subventions et de la tarification du carbone pourrait assurer une hausse
      des recettes publiques estimée à 2800 milliards de dollars par an en 2030, soit l'équivalent du PIB actuel de l'Inde.

      Villes
    • Les progrès  technologiques, combinés à  un  plus grand  choix  et  à  une plus grande sensibilisation des consommateurs, nous offrent une chance sans précédent de réduire la
      pauvreté, accroître la prospérité et s'attaquer aux impacts du changement climatique dans
      nos villes.
    • Des villes plus concentrées, connectées et coordonnées pourraient générer jusqu'à 17000
      milliards de dollars d'économies cumulées d'ici 2050. (NCE).
    • Lorsqu'elle est bien réalisée, la concentration des villes améliore l'accès des résidents aux
      emplois, aux services ainsi qu’aux commodités (NCE), et augmente l'efficacité énergétique
      (Newman).
    • Des politiques urbaines nationales sont nécessaires pour fournir un cadre permettant d'orienter le développement urbain durable et inclusif par le biais de politiques coordonnées dans différents secteurs.

      Alimentation et utilisation des terres
    • Améliorer notre système d'alimentation et d’utilisation des terres pourrait :
      • permettre un développement socio-économique rural plus fort et plus équitable,
      • fournir plus d'un tiers de la solution au changement climatique, préserver notre
        biodiversité vitale et  générer des améliorations massives en  matière de santé publique.

    • L'élaboration de nouveaux modèles économiques pour l’alimentation et l’utilisation des terres pourrait générer une création de valeur estimée à 2300 milliards de dollars d'ici 2030 (BSDC) et l'adoption d'un régime alimentaire plus végétal pourrait entraîner des économies de près de 1000 milliards de dollars par an d'ici 2050 (National Academy of Sciences).
    • Pour réformer le système alimentaire et d'utilisation des terres, nous devons relever ces défis d'une manière intégrée et systémique, à grande échelle.
    • Les premières étapes clés sont de mettre fin au recul des forêts et de faire en sorte que les entreprises et négociants publient des informations détaillées sur leur chaîne d'approvisionnement.

      Eau
    • L'accès à l'eau potable et à l'assainissement est essentiel à la prospérité économique, à la santé et au développement, ainsi qu'à la durabilité de l'environnement.
    • De bonnes politiques d'allocation de l'eau pourraient faire augmenter le PIB, dans certaines
      régions,  de  6  %  d'ici  2050  et  ce  malgré  le  changement climatique  et  la  croissance démographique (World Bank).
    • Il faudrait environ 114 milliards de dollars par an, principalement dans les économies en développement  et  émergentes,  pour  garantir  à  tous  l'accès  à  l'eau  potable  et  à
      l'assainissement pour tous (World Bank).
    • Améliorer la gouvernance de l'eau et investir plus efficacement dans des infrastructures à
      faible émission de carbone améliore l'accès à l'eau propre et la résilience aux impacts climatiques.

      Industrie
    • Dans tous les secteurs, le développement et le déploiement à grande échelle de technologies innovantes, de modèles d'entreprise et d'approches politiques sont essentiels pour accélérer
      la mise en place d'une économie à faible émission de carbone.
    • L'industrie lourde (acier, ciment et plastiques) et le transport de marchandises lourdes
      (routier, maritime et aérien) génèrent un total de 13 Gt d'émissions annuelles, soit environ l'équivalent des émissions annuelles de la Chine et de l'Inde réunies (World Bank).
    • La mise en œuvre des meilleures technologies industrielles pourrait réduire l'intensité
      énergétique à l'échelle mondiale de 26 % au cours des 25 prochaines années, ce qui
      entraînerait  une  réduction  de  32  %  des  émissions  mondiales  de  CO2  du  système énergétique dans son ensemble (UNIDO).
    • De nombreuses entreprises cimentières et sidérurgiques utilisent des technologies plus efficaces pour réaliser des économies de coûts. Toutefois, pour accélérer le virage de
      l'industrie lourde dans son ensemble, il faut investir dans des innovations de rupture, pour lesquelles il n'existe actuellement pas de mesures incitatives à court terme.

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