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Carbone forestier : « L’Afrique à la marchandise mais ne sait pas négocier » selon un expert



  • C’est assez ! L’Afrique n’entend plus, subir les décisions prises en matière des négociations relatives aux changements climatiques. Le continent vient de se doter d’un marché de carbone forestier. Lancé depuis le 09 Septembre dernier à Lomé, ce cadre devra d’abord permettre aux acteurs du continent de participer activement aux prochaines discussions sur le carbone forestier à Copenhague. Mais la plateforme a beaucoup plus pour objectif d’attirer vers le continent qui dispose de la deuxième plus importante réserve de forêts tropicales, d’énormes ressources financières disponibles dans le monde pour la préservation de la couverture végétale mondiale. « L’Afrique a la marchandise, mais ne sait jusqu’ici pas comment négocier », a déploré le directeur de la division carbone du cabinet international Anglo-African Energy Group (AEEG), le Professeur Ayité-Lo Ajavon. Ce dernier avec son cabinet sont les promoteurs  de ce marché. « Les forêts africaines absorbent 1,5 % fois plus de carbone que les autres forêts d’ailleurs… et chaque tonne de CO2 préservée a un prix », explique le professeur Ajavon qui pense que « c’est une nouvelle manne financière qui se présente aux portes de l’Afrique, quitte à celle-ci de savoir l’exploiter ».

    Pour le président de la Fédération nationale des Agriculteurs du Congo, pays qui constitue l’une des principales bouteilles à oxygène du monde, les attentes vis-à-vis de ce nouveau marché sont immenses. « si les populations qui vivent dans les forêts et à leurs abords doivent ne plus détruire les forêts, ce marché doit générer beaucoup de ressources pour financer les nouvelles activités de ces populations ».

    Selon l’expert, à ce jour la part de marché que l’on attribue à l’Afrique représente à peine 2%, et c’est l’Afrique du Sud qui s’en est bien sorti qui est leader africain sur ce plan. Une situation due à l’absence de l’Afrique aux  négociations de Kyoto. Mais à Copenhague, l’Afrique ne veut plus se faire compter les évènements.

    Maxime DOMEGNI (Jeune Reporter)

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