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Océan Indien : Relation Chine et les îles du Sud-Ouest de l’Océan Indien



  • Les îles du Sud-Ouest de l'Océan Indien (Comores, Maurice, Madagascar et Seychelles) ont toujours eu une longue relation historique avec la République Populaire de Chine, qui remonte au moment de leur indépendance respective.  Cependant, la politique d'une seule Chine n'a pas empêché à certains, au nom de l'intérêt économique voire de 'real politique', d'avoir des relations commerciales poussées avec Taiwan.  Cette ambiguïté persiste de nos jours et démontre la primauté des intérêts économiques dans la coopération internationale.

    Les enjeux et les impératifs du développement des deux parties sont en train de refaçonner d'une part, les relations économiques et commerciales Sud-Sud et, d'autre part, certaines valeurs en matière de relations internationales.  Ces positionnements, en matière de diplomatie économique, ne sont pas nouveaux.  Les îles de la zone l'ont vécu d'une façon ou d'une autre, dans leurs relations respectives avec certains pays européens.  Sans nécessairement analyser la problématique chinoise à travers des valeurs du monde occidental, il y a lieu de faire la part des choses en matière de démocratie et de droits humains.  Sur l'hôtel de la diplomatie des ressources, le respect des Droits de l'Homme en Chine, notamment la détention, l'emprisonnement et la persécution arbitraires des défenseurs des droits humains, l'utilisation abusive de la détention administrative, la liberté d'expression, la censure de l'internet et de l'autonomie, sont sacrifiés.  C'est une lapalissade d'affirmer qu'il n'y a pas de développement durable sans un véritable développement humain.  Dans le cas de violation des Droit de l'Homme dans d'autres pays, on aurait eu droit, dans nos îles, à des manifestations et à des actions de solidarité comme on a vu en Europe et aux États-unis.  Dans le cas de la Chine, à part Amnistie Internationale, il n'y a pas eu la moindre protestation.  

     L'investissement et l'assistance technique chinoise ont vite fait taire les critiques.  Ces investissements chinois dans les îles de la zone se traduisent par, l'implantation de gros groupes industriels, l'attribution des terres à des tarifs préférentiels pour le développement des zones industrielles et le soutien financier et technique au développement de certaines infrastructures.  L'investissement chinois illustre le renforcement de la présence chinoise dans les îles de la zone, d'une part, à travers le groupe industriel Tianli à Maurice où il est question d'un chiffre de 20 milliards de roupie (US $1.4 milliards) et le recours à la main d'oeuvre chinoises dans les usines textiles mauriciennes, et d'autre part, la préparation du Sommet de l'Union Africaine en juillet 2009 à Madagascar à travers un don chinois pour la construction d'un hôtel de cinq étoiles ainsi que celle du Centre de Conférences et de 54 villas présidentielles.

     A cela s'ajoute l'exportation massive des biens de consommation vers les pays de la zone.  Les produits chinois, par leurs prix abordables, contribuent dans une certaine mesure à démocratiser l'accès à des produits de consommation qui étaient non-accessible à certaines couches de la population de la zone.  Cependant, il y aussi le revers de la médaille, la difficulté pour les petites et moyennes entreprises ainsi que le secteur informel de faire face à l'invasion des produits et de services en provenance de la Chine.  Par l'exemple, dans le secteur de la construction à Maurice, les entreprises mauriciennes arrivent difficilement à faire face à la concurrence de la main d'oeuvre chinoise à ce niveau.

     Par conséquent, dans le cadre de la globalisation et en fonction de ses besoins stratégiques, la chine entend jouer pleinement son rôle comme une puissance en devenir.  Même si les dirigeants chinois ne ratent jamais l'occasion d'affirmer que la coopération chinoise avec l'Afrique, y compris les îles du Sud Ouest de l'Océan Indien, se fait " sur la base du respect mutuel, du traitement égal, de la coopération sincère et du développement commun ".  Cependant il ne faut pas perdre de vue cette affirmation  " qu'en matière de coopération internationale, il n'y a pas d'amis, il n'y a que des intérêts économiques ".  La Chine ne fait pas l'exception.    

     

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